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Philippe BOUCHER (1691-1768)

État civil

Tout ce que nous savons de Philippe Boucher, premier rédacteur des Nouvelles ecclésiastiques, nous vient de l'Eloge publié dans les N.E. du 13 juin 1770 (p. 94-95). Philippe Boucher est né le 13 septembre 1691 «d'une famille distinguée dans le commerce» (mais la notice de son frère Elie Marcoul parle d'un père «orfèvre» et pauvre) ; gravement malade à partir de 1761, il est mort le 3 janvier 1768. Il était frère d'Elie Marcoul Boucher (voir ce nom).

Formation

Il fit ses humanités au collège de Beauvais, y acquit une bonne formation en latin et en grec, entra au séminaire de Sainte-Magloire, fut disciple de Duguet et de l'abbé d'Etemare, qui furent les premiers maîtres à penser des N.E. (voir art. « Fontaine de la Roche »). Il reçut le diaconat, mais refusa par modestie de recevoir la prêtrise. Il s'installa dans la paroisse de l'abbé Blondel à Saint-Etienne du Mont, où il enseigna le catéchisme. puis «se retira dans sa maison paternelle, à peu près vers le même temps que parurent les Nouvelles ecclésiastiques» vers 1727.

Carrière

Il reste trois ans dans sa famille, puis sur un avis d'Hérault, qui le soupçonnait de rédiger les N.E., sans doute sur une dénonciation de P. Vaillant (voir ce nom), il prend le parti de disparaître et se fixe à Maestricht, entre 1728 et 1731. De retour à Paris, il loge chez Mme Ferrand, au moment des miracles de Saint-Médard, en 1731 et 1732. On ne sait rien de la fin de sa vie.

Activités journalistiques

Selon la F.L., de 1769, généralement bien informée sur les milieux ecclésiastiques, les N.E. auraient été publiées «depuis 1713 jusqu'en 1731, par l'abbé Boucher», puis par Fontaine de La Roche (t. II, p. 426). L'Eloge de P. Boucher confirme en partie cette affirmation : B. y est donné implicitement comme l'un des rédacteurs des premiers bulletins manuscrits qui précédèrent les N.E. imprimées : «On sait que le Conciliabule d'Embrun [fin 1727] fut l'occasion de ces feuilles périodiques. L'ardeur des amis de la vérité pour être instruits des circonstances et des suites d'un événement si extraordinaire, obligea d'en faire des relations manuscrites, dont les copies furent tellement multipliées que bientôt après on jugea plus commode de les faire imprimer. Ce fut M. l'abbé Duguet qui, de concert avec les principaux théologiens défenseurs de l'Appel, prescrivit le plan et la méthode qu'on y devait suivre» (E, p. 95). B., qui avait peut-être eu part aux correspondances adressées aux gazettes hollandaises avant 1727, fut le premier rédacteur des N.E. : «ce fut lui qui le premier tint la plume pour la rédaction de cet ouvrage. Il y travailla d'abord seul, ensuite avec M. de Troya (dont on peut voir l'article dans la Table des Nouvelles), et après la détention de celui-ci, avec M. Fontaine, ancien curé de Mantelan, diocèse de Tours, qui enfin en demeura seul chargé, de facon néanmoins que M. Boucher fut toujours consulté» (p. 95). Cette collaboration se maintient au cours de son séjour à Maestricht en 1728-1731 : «Dans cet exil volontaire, qui dura environ deux ans, il continua la révision des feuilles des Nouvelles, qu'on avait soin de lui faire parvenir».

Publications diverses

L'Eloge lui attribue les Lettres de M. l'abbé de Lisle (annoncées dans les N.E. du 16 mai 1732), l'Analyse de l'Epître aux Hébreux (s.l. 1733), le discours introductif aux Lettres théologiques de M. Gaultier (3 vol., 1756) ainsi que les discours préliminaires des premières feuilles des Nouvelles ecclésiastiques

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Bibliographie

F.L. ; Feller-Weiss ; B.Un., D.L.F. – (E) Eloge de P. Boucher, dans les Nouvelles ecclésiastiques, 13 juin 1770. – Séché L., Les Derniers Jansénistes, Paris, 1890-1891, p.73-77. – Préclin E., Les Jansénistes du XVIIIe siècle et la constitution civile du clergé, Paris, 1929, p. l33, 135, 192.

Additif

Activités journalistiques : Dans son livre, De la cause de Dieu à la cause de la nation. Le Jansénisme au XVIIIe siècle (Gallimard, Bibliothèque des idées, 1998), Catherine Maire voit en Philippe Boucher l’un des penseurs du jansénisme : il fait partie du premier groupe figuriste de Saint-Jacques du Haut Pas réuni autour de l’abbé d’Etemare en 1728, il est emprisonné à la Bastille en 1730 comme l’un des rédacteurs des Nouvelles ecclésiastiques, mais relâché ; C. Maire le considère comme l’éditorialiste des N.E. (ouvr. cité p. 503, 504). Il est à la tête de l’offensive contre les jésuites à partir de 1758. Toutefois, les N.E. ne font pas d’allusion à ce rôle ; on peut seulement souligner la similitude de pensée entre les éditoriaux et les écrits de B. (J.S.).

Auteur(s) de la notice


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