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Pierre Nicolas BONAMY (1694-1770)

État civil

Pierre Nicolas Bonamy est né le 19 janvier 1694 (B.Un., D.B.F.) à Louvres-en-Parisis dans une famille de cultivateurs. Il est le second de douze enfants (Eloge). Il a une soeur qu'une fois devenu veuf, il appellera près de lui (Eloge et N.H.C.). Il a épousé à 36 ans une veuve à qui il a survécu. Il est mort à Paris le 8 juillet 1770 au terme d'une brève maladie (Eloge et N.H.C.).

Formation

Il reçoit les premières «semences des lettres» d'un pieux ecclésiastique des environs de Louvres-en-Parisis. Envoyé par ses parents à Paris pour poursuivre ses études, il est reçu en troisième au Collège du Plessis (Eloge) où il reste jusqu'à ses humanités. Il fait à la communauté de Sainte-Barbe sa philosophie et un cours de théologie (N.).

Il connaît parfaitement les langues grecque et latine, a étudié l'hébreu ; il entend l'italien et l'espagnol (ibid.). Membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres où il est élu pour «son mérite littéraire» en 1727 (ibid.) au fauteuil de Boivin le cadet (Eloge). Jusqu'à sa mort, il se montre un académicien très assidu et laborieux.

Carrière

De vingt à vingt-cinq ans, il dirige à Palaiseau une école gratuite fondée par l'abbé Lambert. Il est protégé par le chancelier d'Aguesseau (B.Un.). Il est protégé également par Le Pelletier de Souzy, doyen du Conseil d'Etat, membre honoraire de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui s'est retiré à l'abbaye de Saint-Victor, puis, par son fils, Le Pelletier Des Forts, contrôleur général des finances, qui lui demande de prendre soin de sa bibliothèque (N.) et de se charger de l'éducation d'un de ses enfants. Turgot, alors prévôt des marchands, détermine le Bureau de la ville à fonder une place d'historiographe en titre et l'y fait nommer en 1734 (ibid.). C'est grâce à Joly de Fleury, ancien procureur général, qu'il obtient en 1742 la place de commissaire au Trésor des chartes où il succède à Lancelot (ibid.). Il est nommé, à partir du 11 septembre 1760, par délibération du Bureau de la ville et à l'instigation de M. de Pontcarré de Viarmes, bibliothécaire de la Ville de Paris (Eloge). Il y est chargé d'administrer la bibliothèque que lègue Moriau, riche de 14 000 imprimés, 2000 manuscrits et rendue publique en 1763 (ibid. ; voir également A.R. de 1787, p. 510).

Censeur royal, il est notamment l'un des commissaires chargés d'examiner en 1764 l'ouvrage de Barletti de Saint-Paul : Institution nécessaire ou Cours complet d'éducation (M.S.).

Situation de fortune

Pourvu d'un bénéfice, il le perd lorsqu'il se marie. Il dispose d'une «fortune aisée» qu'il doit à ses travaux et ses talents (ibid.).

Opinions

Savant d'une érudition étendue et variée (Antiquité profane et sacrée, histoire de France et de Paris, linguistique...), bibliographe averti, mais ayant aussi l'amour de la littérature et une prédilection pour les écrivains du siècle de Louis XIV. Sincèrement attaché à la religion qu'il connaît dans ses sources (Eloge).

Activités journalistiques

En mai 1749, il est chargé de la direction et de la composition du Journal de Verdun (N.H.C. ; M.S.) : en juillet, il s'en déclare l'auteur «depuis deux mois» (lettre à Dom Duplessis, 31 juil. 1749, B.V. Orléans 1832, f° 53). Il le reste, semble-t-il, jusqu'à sa mort. Il aurait particulièrement veillé à ce qu'on n'y imprimât rien qui pût porter atteinte «aux moeurs, à la religion et à la délicatesse des auteurs» (N.). Il est aidé notamment par H.P. Ameilhon. Charles François Le Brun lui succède à la direction du périodique (ibid.).

Publications diverses

C'est dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (t. VIII, 1733-t. XXXVII, 1774) que sont consignés ses seuls «ouvrages» (M.S.). Quérard donne la liste de 33 Mémoires, Dissertations, Réflexions dont les derniers ont paru après la mort de l'académicien ; la plupart concernent l'antiquité classique et l'histoire de Paris.

Papiers de B. (pièces fugitives, anecdotes littéraires) Paris, Bibl. de l'Institut, ms. 3975-3979.

Bibliographie

Feller-Weiss, B.Un. ; Q ; D.L.F. M.S., t. II, 8 sept., 9 oct., 13 nov. 1764 ; 14 juil., 12 nov. 1765 ; t. V, 13 juil., 13 nov. 1770. – Le Beau, «Eloge de M. Bonamy», Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. XXXVIII. – Journal de Verdun, août 1770, p. l54-60, «Eloge historique de M. Bonamy, Pensionnaire de l'Académie Royale des Belles-Lettres et auteur de ce journal, mort le 8 juillet dernier» (rédigé par H.P. Ameilhon). – (N.) Le Nécrologe des homme célèbres, t. IV, Année 1771, Maestricht, 1775, p. 65-80 (Eloge tiré du Journal de Verdun).

Auteur(s) de la notice


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