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Pierre BIGRES (?-1715)

État civil

Pierre François Bigres descendait d'une famille bourgeoise de Paris enrichie dans les finances de l'Etat : son père Philippe Bigres qui fut successivement commissaire des guerres, payeur des rentes sur les gabelles, puis receveur général et payeur des rentes de l'Hôtel de ville, exerçait une charge de Conseiller du roi, et ses nombreux frères (Pierre-François était l'aîné de sept enfants) détenaient des seigneuries et des offices royaux. B. mourut à Paris avant le 7 juin 1715, laissant à ses six frères et soeurs la rente que son père lui avait constituée.

Formation

Petit et bossu selon le P. Léonard, sa disgrâce physique le conduisit peut-être au sacerdoce. Bachelier en théologie et clerc du diocèse de Paris avant septembre 1676, il fut admis Docteur en Sorbonne après cette date.

Carrière

L'amitié de B. avec Louis-Elliès Du Pin l'introduisit parmi les censeurs du Bureau de la Librairie. Le 20 février 1703, il reçut pour examen un livre d'abord attribué à son ami et à partir de cette date on lui confia régulièrement des ouvrages de dévotion, spécialement des livres d'heures, mais pas de livres de théologie, peut-être à cause de ses opinions jansénistes.

Situation de fortune

Le 2 septembre 1676, Philippe Bigres avait constitué une rente annuelle de 400 £ pour permettre à son fils de se consacrer au service divin.

Opinions

B. semble avoir manifesté des sympathies jansénistes dans les assemblées de Sorbonne, à propos du cas de conscience (1704), puis lors de la relance du débat sur la bulle Unigenitus, sous la Régence (1721).

Activités journalistiques

B. commença à collaborer au Journal des savants en donnant un ou deux extraits, en 1702 ou au début de 1703, comme suffragant de Louis Elliès Du Pin qu'il remplaça pour les livres de religion lorsque celui-ci fut exilé en Poitou en avril 1703 (D.P.1 710). Mais il se retira de la compagnie lorsque le secrétaire de la rédaction, Julien Pouchard, ajouta une remarque piquante à son long extrait du neuvième tome de l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury, publié dans le J.S. du 18 juin 1703.

Ce très bref passage de B. à la rédaction du Journal des Savants nous offre un rare témoignage sur son fonctionnement. A côté des journalistes titulaires, pensionnés par le Chancelier et rémunérés par le libraire, des aides ou suffragants leur apportaient des compétences particulières et soulageaient leur travail. Cette formule envisagée dès 1687 semble avoir été largement développée, après 1701, par l'abbé Bignon auquel ses fonctions offraient un vaste choix de rédacteurs.

Bibliographie

A.N., Y 26, f°107 v. : testament de Philippe Bigres ; Y 232, f° 25 v., 2 septembre 1676 : donation de Philippe Bigres à son fils ; M 758, recueil de notes historiques et critiques (par le P. Léonard). – B.N., f.fr. 21939-21940 : registre des ouvrages manuscrits ou imprimés présentés à M. le Chancelier ; Pièces originales 349 Bigres. – Camusat D.Fr., Histoire critique des journaux, Amsterdam, 1734, 2e partie. – Histoire du cas de conscience, Nancy, 1710, tome IV. – Tables du Journal des Savants, tome II, p. 241. – Le Brun J., «Censure préventive et littérature religieuse en France au début du XVIIIe siècle», Revue de l'histoire de l'Eglise de France, 1975, 2, p. 201-225.

Auteur(s) de la notice


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