BERNOULLI

Décès

1807

Auteurs

Naissance

1744

Numéro

066

Prénom

Jean (Johann) III

Les trois «Jean (ou Johann) Bernoulli ne sont pas faciles à distinguer les uns des autres. Les trois douzaines d'écrits figurant au Cat.B.N. , t. XI, 1902, col. 917-921, sont partagés assez équitablement, presque moitié-moitié, d'ailleurs sans erreur d'attribution, entre deux «Jean Bernoulli» que rien n'aide directement à identifier. On n'y trouve par ailleurs aucune oeuvre du Jean Bernoulli, familier à ceux qui s'intéressent à Maupertuis et à Voltaire (à savoir Jean II). Cinq des «huit grands Bernoulli» illustres dans l'histoire des sciences étant des «J. Bernoulli» - deux Jacques et trois Jean - les confusions de leurs noms et de leurs écrits sont fréquentes, et dans les index d'ouvrages sérieux, leurs noms sont souvent mélangés abusivement. Jean III Bernoulli, le moins génial de ces cinq savants bâlois, mais le plus fécond comme épistolier et comme polygraphe, est le seul à retenir pour le présent Dictionnaire.

Johann (ou Jean) Bernoulli naquit à Bâle le 4 novembre 1744. Il était l'aîné des huit enfants du mathématicien Jean (II) Bernoulli, alors professeur d'éloquence, mais de 1748 à 1790 professeur de mathématiques à l'université de Bâle où il symbolisa pendant la deuxième moitié du XVIIIe siècle le prestige mathématique de cette cité, qui remontait aux deux premiers Bernoulli. Il fut pendant trente ans l'ami de Maupertuis (qu'il accompagna d'ailleurs en 1739 à Cirey où il fit la connaissance de la marquise du Châtelet et de Voltaire) qui passa les derniers mois de sa vie dans la maison de son ami bâlois et y mourut en 1759.

La mère de B. était Susanna König (1715-1803), fille d'Emmanuel, professeur de grec, puis de physique à l'université de Bâle. Le grand-père paternel de Jean III était Jean I Bernoulli, l'un des deux frères géniaux (l'autre étant Jacques II) qui rivalisaient de compétence mathématique avec Newton et Leibniz. (Sur ce Jean I, cf. le précieux article d'orientation de E.A. Fellmann et J.O. Fleckenstein dans le D.S.B., t. II, 1970, p. 51-55).

Jean III épousa en premières noces, le 1er août 1769, à Bâle, Veronika Beck, fille d'un négociant bâlois, née en 1747 ; elle lui donna dix enfants qui se dispersèrent en partie en Europe. Leur fils Emmanuel, né le 6 juillet 1776, fut officier suisse au service de la France, où il mourut (dans la Mayenne, en 1844). En secondes noces, Jean III épousa, à Berlin, Carolina Sophia Tempelhof (décédée en 1829), dont il eut quatre enfants. Son dernier enfant, Karl Friedrich Ferdinand (1800-1880), né le 9 juillet à Berlin, y devint fonctionnaire supérieur et y mourut le 30 juin 1880.

Jean III mourut à Cöpenick (actuellement Köpenick), près de Berlin le 13 juillet 1807, dans des conditions matérielles et morales très pénibles. Sur la famille Bernoulli, sa généalogie et ses 648 membres inventoriés jusqu'en 1972, voir le livre érudit et méticuleux : R. Bernoulli-Sutter et L. Bernoulli, Die Familie Bernoulli, Basel, 1972, 237 p. B. occupe le n° 140 (p. 85-88).

2. Formation

B. alla d'abord à l'école à Bâle. Il fut envoyé le 24 octobre 1755, pour un an, à Neuchâtel afin d'y apprendre le français. L'enfant, très éveillé, fit à l'âge de 13 ans une harangue sur la variole et son traitement par l'inoculation de pus humain (il avait été l'un des premiers enfants variolisés à Bâle à l'instigation de son père). Reçu Magister artium le 25 mai 1758, il étudia le droit à l'université de sa ville natale et devint licencié en droit le 5 juillet 1763. Parallèlement, son père et son oncle, Daniel Bernoulli, inculquèrent au jeune homme, très précoce et curieux de tout, de sérieuses connaissances mathématiques et astronomiques.

Appelé par Frédéric II, il arriva à Berlin en novembre 1763 et devint membre de l'Académie de Berlin le 5 janvier 1764, âgé à peine de 19 ans. De religion réformée comme toute sa famille, il fit partie pendant 43 ans du groupe influent des Suisses à l'Académie de Berlin. Membre titulaire de cette Académie des sciences et belles-lettres, il devint aussi membre d'une série d'autres académies et sociétés savantes : de Pétersbourg (Académie impériale), Londres (Royal Society), Stockholm, Bologne, Marseille, Lyon, Nancy (Académie Stanislas), Rome (Académie des Arcades), et aussi Bâle. Sur cette dernière société, peu structurée, la «Societas Physico-Mathematico [...] Medica Helvetica», cf. R. Jaquel, «Introduction à l'étude des débuts scientifiques de J.H. Lambert (1728-1777). Le rôle de Daniel Bernoulli», dans les Actes du 104eCongrès national des sociétés savantes, Bordeaux, 1979, Histoire des sciences.

3. Carrière

B. vécut de 1744 à 1763 à Bâle, de 1763 à 1807 à Berlin. De 1748 à juillet 1763, il demeura chez ses parents à Bâle dans le «Grosser Engelhof» - la «maison à l'Ange» où mourut Maupertuis en 1759 - dans l'actuelle rue du Nadelberg, au n° 4. Le 23 juillet, il quitta Bâle pour un voyage de plus trois mois, par la France et la Hollande, puis à Berlin où il arriva au début de novembre 1763. De novembre 1763 à sa mort, il résida à Berlin ou dans ses environs immédiats. Friedrich Nicolai, dans sa Beschreibung der königlichen Residenz-städte Berlin und Potsdam, Edition complètement remaniée, Berlin, 1779, y donne en appendice une «Anzeige der jetzt lebenden Gelehrten» où il nous apprend que B. demeure dans la Maison de l'Académie : «Er wohnt im Akademiehause hinter der Sternwarte» (t. II, p. 1002 ; cf. aussi la 3e éd., 1786). B. finit ses jours à Cöpenick, au sud-est de Berlin, dans une maison qui brûla en 1807 (et où bien des documents bernoulliens furent sans doute victimes de l'incendie). Mais il était passionné de voyages longs et instructifs, et s'absenta très régulièrement lorsqu'il en eut la possibilité. Il passa une grande partie de 1769 loin de la Prusse, en Angleterre d'abord, à Paris ensuite (juin 1769) où il visita les observatoires à l'occasion du passage de Vénus devant le soleil ; il prolongea son séjour à Bâle où il se maria. En 1773, sa demande de congé fut refusée par le roi, mais en 1774-1775, il s'absenta de nouveau longuement, en principe pour cinq mois, en fait pour dix. Il quitta Berlin le 2 octobre 1774, traversa en trois mois l'Allemagne, la Suisse et la France méridionale. Il entreprit ensuite un grand tour d'Italie, bien connu grâce à ses publications et à une étude parue au t. 119 (1970) des Basler Beiträge zur Geschichtswissenschaft : Marr-Schelker B., «Baslerische Italienreisen vom Beginn des 18. bis in die 2. Hälfte des 19. Jahrhunderts». En février 1775, à Gênes et à Milan, puis à Parme (parents visités), Bologne, Florence et Rome (Pâques). Retour par Pérouse, Arezzo, Florence (mai-juin), Turin (parents visités), Savoie. Arrivée à Berlin seulement au début d'août 1775. En 1777, randonnée à Danzig et en Poméranie. En 1778, voyage en Pologne et à Pétersbourg, dont l'auteur rendit compte avec érudition dans un ouvrage en six volumes : Johann Bernoulli's Reisen durch Brandenburg, Pommern, Preussen, Curland, Russland und Pohlen in den Jahren 1777 und 1778, Leipzig, 1779-1780. Orientation historiographique et bibliographique pour ce voyage dans R. Jaquel, «L'Astronome et voyageur J. Bernoulli et l'histoire de l'astronomie en Pologne» dans les Actes du 98eCongrès national des sociétés savantes, Saint-Etienne, 1973, Section des Sciences, t. I, 1975, p. 71-84.

4. Situation de fortune

A l'Académie de Frédéric le Grand, B. occupa une situation assez notable, honorable et honorifique, mais très mal rétribuée, en particulier compte tenu de ses exigences et de ses besoins financiers. Pour sa carrière officielle, cf. la classique Geschichte der Königl. Preussischen Akademie des Wissenschaften zu Berlin de A. Harnack, Berlin, 1900, 4 vol., passim (index). En marge d'une pièce administrative, le roi note : «[pour] J. Bernoulli, 400 écus [pension annuelle]» (Harnack, t. I, p. 488). En 1767, l'académicien, âgé de vingt-trois ans environ, devient directeur de l'Observatoire. Une Note des dépenses annuelles de l'Académie ordonnée par S.M. (Harnack, t. I, p. 491) du 22 juin 1776 nous apprend que B. touchait 600 Thlr (thaler : 1 thaler valait un peu plus de 3 £), autant que le secrétaire de l'académie Formey, mais bien moins que Lagrange, l'ami de d'Alembert, mathématicien illustre et directeur de la classe de mathématiques (1 700 thaler).Lorsque Lagrange rentra en France après le décès de Frédéric II, B. ne lui succéda pas comme directeur de la classe de mathématiques ainsi qu'on le dit souvent. Il n'accéda à ce poste qu'en 1791, après la mort de son prédécesseur Castillon, mais il le garda jusqu'en 1807. Bernoulli déploya pendant quatre décennies une activité bourdonnante et multiforme pour augmenter ses revenus. Ses efforts pour vendre de 8 à 10 000 roubles quelques tableaux d'Andrea del Sarto à Pétersbourg lors de son voyage dans la capitale russe (1778) sont peut-être l'aspect le plus pittoresque de ses expédients. La tentative est certaine, mais mal connue, et elle échoua. Le moyen le plus massivement utilisé par le savant-homme d'affaires fut sa production polygraphique intense (cf. infra, 6 et 7). Il se lança aussi dans le commerce (financier et intellectuel) de manuscrits. Après le décès (le 25 sept. 1777) de son collègue, le savant et philosophe Jean Henri Lambert, il acheta à l'Académie le fonds de ses manuscrits et tenta de les valoriser, pécunièrement et intellectuellement. Cf. R. Jaquel, «Vers les oeuvres complètes de J.H. Lambert», in Revue d'Histoire des sciences, t. XXII, 1969, p. 285-302 (reproduit dans R. Jaquel, Le Savant et philosophe mulhousien J.H. Lambert. Etudes critiques et documentaires, Paris, Ophrys, 1977, p. 87-97). Après le décès de son père, Jean II, en 1790, il se préoccupa de tirer parti - pour sa famille et pour lui-même - du trésor familial, en particulier des manuscrits précieux de son grand-père, Jean I. Cf. Introduction d'Otto Spiess à Der Briefwechsel von Johann (I) Bernoulli, p.p. la Naturforschende Gesellschaft in Basel, Bâle, Birkhäuser, t. I, 1955.

5. Opinions

B. est, par son attitude générale, un représentant assez typique de l'Aufklärung berlinoise à tendance utilitaire, rationaliste et cosmopolite. Sa curiosité universelle et son prosélytisme scientifique incontestable font de ses écrits - périodiques ou autres - une mine de renseignements variés. Il s'intéresse aussi aux arts. Ses relations épistolaires ont été abondantes. Sa correspondance conservée - mais dont une très faible proportion a été publiée - comprend environ 2800 lettres, 2730 lettres adressées à lui et 60 seulement écrites par lui. Elle se trouve pratiquement au complet (en original ou en copie) au département des manuscrits de la B.U. de Bâle, avec une liste de ses correspondants. Orientation sur cette correspondance dans l'Introduction citée de Spiess, et dans trois communications de R. Jaquel : «Une source négligée de l'histoire des sciences : la correspance inédite de J. III Bernoulli» dans les Actes du XIIIe congrès international d'histoire des sciences (à Moscou en 1971), Moscou, 1974, Section V, p. 65-70. – «L'Astronome toulousain Darquier et le cosmologue mulhousien Lambert», dans les Comptes rendus du 96e Congrès national des sociétés savantes (à Toulouse, en 1971), Histoire des sciences, p. 31-46 (1974) : fondée en bonne partie sur la correspondance de Darquier avec l'astronome royal de Berlin.– «Les Correspondances de L. Euler, de son fils J.A. Euler et de leur ami J. III Bernoulli», in Actes du 101e Congrès national des sociétés savantes, Lille, 1976, Sciences, fasc. III, p. 69-78.

6. Activités journalistiques

B. est un pionnier de la presse scientifique en particulier astronomique - spécialisée. Il avait publié en 1771 les Lettres astronomiques où l'on donne une idée de l'état actuel de l'astronomie pratique dans plusieurs villes de l'Europe, à Berlin, chez l'auteur, 1771, in 8°, VIII, 175 p. fig. Cet ouvrage donne une véritable géographie (l'auteur dit «topographie») de l'astronomie, à savoir un tableau de la distribution spatiale des observatoires et des astronomes en Europe (avec même quelques indications extra-européennes). B. fit suivre ce manuel de base de trois publications périodiques complémentaires échelonnées au cours de la décennie 1771-1779, totalisant environ 1500 pages en 4 volumes. Les trois premiers volumes portent le titre de Recueil pour les Astronomes par M. Jean Bernoulli, Astronome royal etc., Berlin, trois tomes, 1771-1776 : t. I, 1771, XII-284 p. (+ dépl.) ; t. II, 1772, IV-362 p., 1 pl.h.t. ; t. III, 1776, XII-340 p. (D.P.1 1181). Pour le premier tome il est précisé : «Chez l'Auteur, et se trouve à Paris chez Desaint, Libraire, rue du foin, MDCCLXXI». Dans l'Avant-propos de ce tome (p. V-X) l'auteur expose le but et le plan de son «Ouvrage périodique» (p. V) dont ce premier volume est un essai ; «ma docilité pour les conseils que j'attends peut aisément me faire changer le plan que j'ai choisi» continue-t-il (p. VI). La première partie comporte différents mémoires, la seconde des extraits de livres nouveaux, la troisième l'annonce de livres nouveaux (de l'Angleterre et de la France à la Russie en passant naturellement par l'Allemagne). «La quatrième partie enfin contient des nouvelles littéraires» (p. X). Précisons que ces «nouvelles littéraires» ne sont pas «littéraires» au sens qu'on serait tenté de leur donner. Ce sont des renseignements nouveaux d'actualité strictement astronomique allant des observations astronomiques à l'examen des comètes, du «Problème de Képler» à «une nouvelle espèce de calcul» imaginée par B. lui-même. Le tome II parut l'année suivante (1772), mais le troisième volume seulement «après une interruption involontaire assez longue» (t. III, au début, p. V). Ce tome III (1776) paraît «A Berlin, chés l'Auteur et chés Haude et Spéner, Libraires». Dans «Au Lecteur» (daté de Berlin, ce 26 avril 1776, p. V-X) le journaliste commente le contenu du volume. En ce qui concerne les annonces bibliographiques, ayant été obligé d'être bref, note-t-il : «j'ai renvoyé fréquemment pour de plus amples détails au Journal des Savants ; il n'est aucun ouvrage périodique, et il s'en faut de beaucoup, où les matières d'Astronomie soyent mieux traitées, où l'on trouve plus fréquemment, outre les extraits, des remarques, des nouvelles littéraires, des anecdotes intéressantes, relatives à cette science» (p. VIII). Pour ne pas être dérouté par l'entité «Nouvelles littéraires» (de Bernoulli), il faut suivre la genèse du t. IV, volume un peu complexe, voire factice, sous le titre de Supplément au Recueil pour les Astronomes (D.P.1 1238). En 1776, l'astronome professionnel et journaliste itinérant publia un fascicule de quarante-huit pages intitulé Liste des Astronomes Connus Actuellement Vivans, Par ordre alphabétique des lieux de leur demeure, Précédée de réflexions. A Berlin, chés l'Auteur et chés Haude et Spéner. La même année il commença la publication de six Cahiers de Nouvelles Littéraires de Divers Pays. Avec des Suppléments pour la Liste et le Nécrologe des Astronomes. Par l'Auteur du Recueil pour les Astronomes. A Berlin, chés l'Auteur et chés Haude et Spméner, Libraires. Premier Cahier, 1776, 64 p. ; deuxième Cahier, 1777, 64 p. ; troisième Cahier, 1777, (II)-78 p. ; quatrième Cahier, 1778, 71 p. ; cinquième Cahier, 1779, 68 p. ; sixième Cahier, 1779, 88 p. Il s'agit donc de «nouvelles litéraires» d'ordre strictement astronomique.

Dans l'«Avertissement» du sixième cahier, daté de «Berlin, ce I d'Oct. 1779», B. déclare (p. III-IV) renoncer à continuer ce travail «sujet à tant de désagréments» ; mais il tient la promesse faite dès le premier cahier (p. 3), d'envoyer à ses abonnés un feuillet et un titre séparé, permettant de relier les six cahiers ainsi que la «Liste des Astronomes» en un volume : c'est le Supplément en question. Dans certains exemplaires, par ex. celui de la B.U. de Bâle (cote Kh IX 12), la «Liste des Astronomes» de 1776 est reliée après le sixième Cahier (de 1779) ; dans d'autres, par ex. celui de la B.R. de Bruxelles (n° 8241 de la «Bibliotheca Hultemiana») avant le premier Cahier, donc à sa juste place chronologique.

Ces journaux astronomiques en français de B. furent relayés partiellement en Allemagne, à partir de 1774, par le Astronomisches Jahrbuch oder Ephemeriden. créé à l'instigation de J.H. Lambert par l'Académie de Berlin (et auquel Bernoulli collabora aussi). Sur cette préhistoire des périodiques, cf. l'étude documentée, trop peu connue hors d'Allemagne, de Dieter B. Hermann, «Die Entstehung der astronomischen Fachzeitschriften in Deutschland (1798-1821)», Veröffentlichungen der Archenhold-Sternwarte Berlin-Treptow, n° 5 (bien que B.n'y soit mentionné qu'incidemment, p. 23 et 132).

Bilingue parfait, B. lança des revues, en partie destinées au grand public, en allemand :

Johann Bernoulli's Samlung kurzer Reisebeschrefbungen und anderer zur Erweiterung der Länder und Menschenkenntniss dienender Nachrichten, 4 années (Jahrgänge), 1781 1784 : 4 vol. pae an, donc 16 volumes plus 2 suppléments . Berlin, bey dem Herausgeber [et] Altenburg, bey G.E. Richter.

Johann Bernoulli's, Astronomen der Königl, Preuss. Akademie der Wissenschaften in Berlin, dieser, und anderer gelehrten Gesellschaften Mitglieds Archiv zur neueren Geschichte, Geographie, Natur = und Menschenkenntniss. Mit kipfern, Leipzig, bey Georg Emanuel Beer, 8 vol. (de plus de 300 pages chacun). En frontispice du t. III, le portrait classique de B., dont tous les autres sont dérivés, est dû à Rosenberg.

Leipziger Magazin für reine und angewandte Mathematik herausgegeben von J. Bernoulli, und C.F. Hindenburg. Leipzig, in der Joh. Gottfr. Mullerschen Buchhandlung, 1786 1788 : 2 vol. par an de plus de 500 pages, avec planches en 1786 et 1787 ; et 2 fasc. (totalisant 250 pages et 2 planches) : Erstes et Zweytes Stück pour 1788 (B.U., Bâle, cote K.c.V.3).

Le tome III (1900) de l'Histoire de l'Académie de Berlin de A. Harnack donne (p. 19-21) en 46 numéros les mémoires de B. (tous en français) échelonnés de 1766 à 1804. L'académicien bâlois accompagna aussi d'introductions quatre mémoires posthumes de son collègue mulhousien J.H. Lambert (sur les irrégularités des mouvements de Saturne et de Jupiter, sur le carré de la vitesse dans la Dynamique et sur les Fluides considérés relativement à l'Hydrodynamique).

Il est prématuré de vouloir donner actuellement une liste exhaustive des lettres et renseignements envoyés à des journaux par ce polygraphe impénitent qu'était Bernoulli au cours de sa carrière.

7. Publications diverses

Les écrits de B. ne posent pas de graves problèmes d'attribution, mais ils sont excessivement dispersés ; on en trouve une liste suffisante dans les bibliographies de Meusel et de Poggendorf (cf. le dernier paragraphe). Relevons ici seulement trois catégories :

A. Des ouvrages contenant beaucoup d'éléments biographiques, en particulier les Lettres sur Différents Sujets Ecrits pendant le cours d'un voyage par l'Allemagne, la Suisse, la France méridionale et l'Italie en 1774 et 1775 Avec des Additions et des notes plus nouvelles, concernant l'histoire naturelle, les beaux-arts, l'astronomie, et d'autres matières, par M. Jean Bernoulli... A Berlin, chés G.J. Decker, Imprimeur du Roi, 3 vol., 1777 1779 (t. I, 1777 ; t. II, 1777 ; t. III, 1779).

B. fournit 11 articles au Supplément à l'Encyclopédie, dans les tomes II à IV, sur les Couleurs Accidentelles, l'Instrument Ballistique, les Tables, les Tables Astronomiques, etc. voir J. Lough, The Contributors to the Encyclopédie, Londres, s.d. (1973), p. 56, 64, 66, 68, 104 105.

C. Traduction ou édition (avec des introductions, etc) d'ouvrages d'autres auteurs. Traduction par exemple d'ouvrages d'algèbre ou d'arithmétique de L. Euler, édition de travaux savants sur l'Inde, et édition, d'après les manuscrits inédits posthumes, de la correspondance savante allemande et d'études logiques et philosophiques de son collègue académicien -décédé en 1777- Jean-Henri Lambert : Johann Heinrich Lamberts deutscher gelehrter Briefwechsel, Herausgegeben von Joh. Bernoulli, Berlin, 5 vol., 1781 1787 ; Johann Heinrich Lamberts logiche und philosophische Abhandlungen, Zum Druck befördert von Joh. Bernoulli, Berlin, 1782 1787, 2 vol.

8. Bibliographie

La première bibliographie notable de B. se trouve dans von Meusel J.G., Das gelehrte Teutschland oder Lexikon der jetzt lebenden teutschen Schrftsteller, 5e éd., Lemgo, 1796, t. I, p. 256 261 ; t. XI, 1805, p. 69 ; t. XIII, 1808, p. 109. – Elle fut reprise par J.C. Popgendorff, Biographisch-literarisches Handwörterbuch der exaten Naturwissenschaften, t. I, Leipzig, p. 162, et surtout t. VIII a. Supplément, Berlin, Adademie-Verlag, 1971, p. 80 81. – M. Whitrow, ISIS Cumulative Bibliography, t. I, 1971, p. 140. – Il n'existe pas de monographie de base sur B. et sa biographie. Evocations de longueur et portée variable : Bernoulli E., «Ein Mathematiker Bernoulli als Kosmopolit», in Gedenkbuch der Familie Bernoulli. Zum 300 Jahrestag ihrer Aufnahme indas Basler Bürgerrecht, Bâle, 1922, p. 173 196 et 212 213. – Les mathématiciens qualifiés lui accordent peu de place : Andreas Speiser, 6 lignes dans 51 pages in 4° (en 1939, sur les mathématiciens bâlois) ; même dans le D.S.B., t. 2, 1970, p. 56, article de seulement un tiers de page (par J.O. Fleckenstein). – Pour une étude plus détaillée, se reporter aux indications de J.G. Poggendorf et à la correspondance de B. déposée à la B.U. de Bâle (orientation d'ensemble dans les deux articles de R. Jaquel sur cette correspondance, articles de 1974 et 1976 mentionnés dans le paragraphe 5).