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Jean Pierre BERNARD (1700-1750)

État civil

Jean Pierre (ou John Peter) Bernard fut baptisé à La Haye le 25 décembre 1700. Fils de Jacques Bernard et de Lucrèce Chaulié mariés en 1687. Il avait trois frères et soeur : Salomon, baptisé à Gouda le 5 septembre 1688 ; Alexander, baptisé à La Haye le 2 novembre 1690 ; Madelaine, baptisée à La Haye le 8 juin 1692 (Centraal bureau voor genealogie, La Haye). D'après l'éloge de Le Clerc, Jacques Bernard aurait laissé un fils et deux filles... Le 23 janvier 1729 il se maria avec Henriette Moreau dans l'église du Carré (église française de Londres). Georges Cantier officie. Dans les registres de baptême de la même paroisse on relève sept de leurs enfants : Anne, 17 mai 1729 (née le 27 avril), Henriette, 12 fév. 1730 (née le 30 janv.), Moyse, 1er avril 1731 (né le 28 mars), Pierre, 10 oct. 1735, Jeanne née le 9 janv. 1737, Marie, le 15 juin 1739, Suzanne, le 2 nov. 1740. Les parents ont servi de parrain et marraine à leurs deux dernières filles (Pub., t. XXV). La Motte, dans une lettre du 8 mai 1744 (Sloane, ms. 4287, f° 141), fait état d'un neveu de B., pasteur à Amsterdam. Il mourut dans la paroisse de St Marylebone (déformation de Ste Marie la Bonne) dans le Middlesex, le 5 avril 1750 (D.N.B.). B. est souvent confondu avec son père ou avec J.F. Bernard.

Formation

Il fit ses études à Leyde (immatriculation du 5 mars 1718 en faculté des lettres) et obtint un diplôme en philosophie et arts. Il devint Fellow de la Royal Society en janvier 1737-1738 (D.N.B.).

Carrière

En 1733 il était installé à Londres et gagnait sa vie en prêchant, en donnant des leçons de littérature et de mathématiques et en faisant de la compilation pour les libraires (D.N.B.). En fait, il devait être à Londres avant 1727, date de son mariage et il est inscrit comme ministre dans les registres de plusieurs paroisses de Londres : 1723-1724, Castle Street et Le Quarré (Pr., t. XI, Manchie) ; 1724, Castle Street (Pub.,t. XXXI, XXXVI) ; 1726, Le Carré (Pub., t. XXXV) ; 1743-1744, Hammersmith (Pr., t. XI, Manchie). Il prêcha à l'anniversaire du French Hospital en 1741 (Pr., t. VII). En 1741, on le signale à Marylebone ; il y acquiert une maison en 1748-1749 (Pr., t. XI), après avoir habité Hampstead «at Mrs Ganor Church Lane», en mai 1734 et en 1737 «Wardon Street, near St Ann's Court Soho» (d'après sa correspondance).

Il fut chapelain de Mylord comte de Lorraine, d'après Haag.

B. fit un voyage à Paris en mai 1735 (lettre de Desmaizeaux à La Motte, ms. 295, f° 38) et un à Amsterdam en avril 1738 et en juillet de la même année (La Motte à Desmaizeaux, Sloane ms. 4287, f° 133). Il est probablement allé en Hollande à d'autres reprises, aussi bien pour voir sa famille que pour s'occuper des journaux.

Situation de fortune

Aucun renseignement sur les rémunérations de ses activités ecclésiastiques. La traduction de Bayle lui rapportait des sommes non négligeables : «one pound fifteen shelling for my share in Number XIV of the General Dictionary» (11 sept. 1734) ; «3 pound 8 S 9» pour le n° XVI (4 déc. 1734) etc. (Sloane, ms. 4301, f° 39, 47). Il reçut 100 L. en héritage de Dufour, «treasurer» du French Hospital en 1739 (Gentleman's Magazine, t. II, p. 180).

Opinions

B. était en relation avec les Français du Refuge et a collaboré avec Birch. Ses liens avec Desmaizeaux semblent s'être distendus. Il connaissait aussi de nombreux réfugiés de Hollande (La Motte entre autres) ainsi que des libraires. Sa correspondance avec Birch est conservée à la B.L. (Sloane, ms. 4301). Elle concerne principalement la traduction de Bayle. Il y est fait mention d'une action en justice contre de Hondt, Gosse et Néaulme qui avaient résolu de publier en Hollande un Dictionnaire anglois (f° 88).

Activités journalistiques

Collaborateur de la Bibliothèque britannique (La Haye, de Hondt, 25 vol.) dès la fondation. Nommé dans la note du t. I, dans la lettre de Desmaizeaux (v. art. «Beaufort»), il est aussi cité par Jordan : «Il parut, pendant mon séjour à Londres, un nouveau Journal sous le titre de Bibliothèque britannique. Il y a toute apparence que ce Journal aura un heureux Succès : les Auteurs sont Gens de Mérite, et qui entendent tous parfaitement l'Anglois : Mrs S.B. le M.D. & le savant Mr D.» (Voyage, p. 159). Traduction : MM. Stéhelin, Bernard, le Moine, Daudé & le savant M. Desmaizeaux (voir note de Barbier en partie erronée). Il semble avoir été un des derniers fidèles collaborateurs du journal (voir lettres de de Hondt, Sloane, ms. 4284). En 1744, il n'envoie plus rien. La Bibliothèque britannique. «se fait toute en Hollande» (lettre de La Motte du 8 mai 1744) (Sloane, ms. 4287, f° 141 r°). D'après les notes manuscrites, les extraits suivants seraient de lui : t. I, p. 1, 107, 234, 320 ; t. II, p. 35, 419, 451 ; t. III, p. 185, 414 ; t. IV, p. 176, 400. Il semble s'occuper principalement de controverses religieuses et de sciences (éloge de Clarke, comptes rendus des Transactions philosophiques, article concernant le Dictionnaire de Bayle).

En outre, il semble avoir collaboré à la Bibliothèque raisonnée : en 1733 il avait promis des extraits à Smith qui ont été publiés dans la Bibliothèque britannique mais en 1742 il a promis à Wettstein des extraits d'histoire (La Motte à Desmaizeaux, Sloane, ms. 4287, f° 168 v°).

Publications diverses

Voir Haag. Son oeuvre principale est sa participation à la traduction du Dictionnaire de Bayle «enrichi». Il a traduit dans les deux sens, français et anglais.

Bibliographie

Ouvrages cités dans l'article «Beaufort». – B.L., Sloane, ms. 4301.

Auteur(s) de la notice


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