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Jean Frédéric BERNARD (1683?-1744)

État civil

Jean Frédéric Bernard est né à Velaux en Provence en 1683 ou 1684 (d'après les bans de mariage de 1714) il était fils de Barthélémy Bernard (1645?-1694), pasteur au Luc de 1633 à 1637 puis à Velaux, réfugié à Amsterdam en 1686 (S-M, t. II, p. 184), et de Catherine Grub (van Eeghen, p. 18). B. est inscrit dans la communauté wallonne le 28 novembre 1696. Il se marie en mars 1714 avec Jeanne Chartier, née à Blois en 1687 ou 1688 (publication des bans le 9 mars 1714), qui meurt trois mois plus tard (enterrement le 22 mai 1714 à l'Eglise wallonne, 4e classe). Il se remarie en novembre 1718 avec Maria Lacoste, née à Berlin en 1692 ou 1693, qui meurt en novembre 1736 (enterrement le 22 novembre 1736 à l'Eglise wallonne, 4e classe). De ce mariage sont nées deux filles: Anna-Marie, née le 4 octobre 1719, morte célibataire et enterrée le 8 février 1757; Elisabeth, née le 17 mai 1723, qui épouse en avril 1747 le libraire Marc Michel Rey (publication des bans le 6 avril 1747, van Eeghen, p. 20), et meurt en 1778 (enterrement le 14 mai 1778 à l'Eglise wallonne, 1re classe). Jean Frédéric Bernard a été enterré à l'Eglise wallonne le 27 juin 1746 (3e classe); il avait rédigé un testament le 26 août 1723 devant le notaire de Marolles, et un second testament devant le notaire Roermond le 21 décembre 1731 (van Eeghen, p. 18).

Carrière

Il se rend à Genève le 8 septembre 1704; Bayle l'utilise comme intermédiaire au cours de l'hiver pour achat de livres (lettre du 1er janv. 1705 dans Nouvelles Lettres de M. Bayle, La Haye, Van Duren, 1739, t. II, p. 421). La gazette annonce, en novembre 1707, une vente de livres suisses chez J.F. Bernard, «facteur de la société des libraires de Genève»; il loue alors une maison au Dr. Boyer, Leidse straat à Amsterdam. Il se rend de nouveau à Genève le 28 juillet 1709 (van Eeghen, p. 18).

Il est inscrit à la guilde le 13 août 1711 en qualité de libraire; il habite alors la Kalverstraat où il loue plusieurs maisons successives. Il publie sous son nom plusieurs éditions remarquables: les Mémoires de Brienne (1719), les Mémoires de Retz (1717), le Recueil des voyages au Nord (1715-1727, 8 vol.), les Superstitions anciennes et modernes... de P. Le Brun (1733-1736, 4 vol.), les Oeuvres de Rabelais, illustrées par B. Picard (1741, 3 vol. in-4°). Erudit et écrivain, il travaille lui-même à d'importants recueils comme l'Histoire des cérémonies et des superstitions... illustrée par B. Picard (1717), ou complète l'Histoire critique des journaux de Camusat (1734). C.E. Jordan écrit en 1733: «Mr. Bernard est un libraire qui a de l'esprit et du savoir; il aime peut-être trop l'étude pour son négoce» (Histoire d'un voyage littéraire fait en 1733, La Haye, 1735, p. 187).

Situation de fortune

Le «négoce» de B. fut en réalité très florissant. En 1742, il était imposé pour un revenu de 2000 florins. Il semble que sa fortune ait résulté d'habiles placements; en août et septembre 1720, il participe à la fondation d'une compagnie de commerce et de navigation à Hoorn, au capital de 50 000 florins, et à une compagnie de commerce et d'assurances à Utrecht, au capital de 15 000 florins (procurations citées par Van Eeghen, p. 20). Il prête de l'argent à plusieurs de ses confrères, Arkstée, P. Gosse, Changuion (ibid.).

Opinions

Esprit curieux et peut-être sceptique, B. fut en relations constantes avec les protestants du Refuge, mais aussi avec les milieux catholiques, notamment avec Camusat et La Martinière dont il édite dès 1722 les Mémoires historiques et critiques et avec qui il a collaboré à plusieurs reprises.

Activités journalistiques

B. s'est intéressé à plusieurs reprises au journalisme. Il édite en 1722 les Mémoires historiques et critiques de Bruzen de La Martinière et Camusat (voir ces noms), et de 1723 à 1729, les tomes I à XIII de la Bibliothèque française, ou Histoire littéraire de la France. Peut-être a-t-il rédigé lui-même les comptes rendus consacrés à l'histoire des voyages (cf. t. IV de la Bibliothèque française, 1re partie, art. 4, 5, 10, 12). Quérard et Haag lui attribuent une participation importante à la rédaction de ce journal ainsi qu'aux Nouvelles littéraires de Du Sauzet. En 1734, il publie l'Histoire critique des journaux de Camusat, dont il complète le tome II, réunissant en particulier un certain nombre de mémoires sur le Mercure (t. II, p. 198 et suiv.).

Publications diverses

De fréquentes confusions avec ses homonymes, Jacques Bernard, Bernard (ministre à Londres, traducteur de Bayle), Bernand (ministre suisse à Amsterdam), etc. rendent difficile l'attribution d'oeuvres originales à J.F. Bernard. Quérard lui attribue les Réflexions morales, satiriques et comiques sur les moeurs de notre siècle (Cologne, 1711) et l'Eloge de l'enfer (La Haye, 1759), sans preuves décisives. J.F. B. a surtout mis la main aux nombreux recueils qu'il a publiés: Recueil de voyages au Nord (1715-1727, 8 vol.), Histoire des cérémonies et des superstitions (1717), Dissertations mêlées sur divers sujets importants et curieux (1740).

Bibliographie

Haag. – Van Eeghen I.H., Der Amsterdamse boekhandel (1680-1725), Amsterdam, 1960-1967, t. IV, p. 18-20.

Auteur(s) de la notice


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