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Augustin BELLEY (1697-1771)

État civil

Augustin Belley naquit à Sainte-Foy-de-Montgommery (Calvados), au diocèse de Lisieux le 19 décembre 1697 et il vécut à Paris, au Palais-Royal, où il mourut le 26 novembre 1771.

Formation

Après des études au collège de Lisieux, puis à l'université de Caen, il étudia à Paris de 1717 à 1726, année où il obtint sa licence. Le service du duc d'Orléans lui valut d'être reçu en 1744, comme associé, à l'Académie des inscriptions, où il devint pensionnaire en 1761.

Carrière

Ses grades pris, B. s'engagea d'abord dans l'enseignement au collège du Plessis, sans doute comme répétiteur. Mais l'impulsion décisive de cette carrière vint du recrutement par le marquis de Balleroy qui confia ses fils à B. Celui-ci accompagna ses élèves à Blois, chez leur grand-oncle Jean François Paul Lefèvre de Caumartin (1668-1733), évêque de ce diocèse ; puis après la mort de ce dernier, à Paris où le marquis avait été nommé gouverneur du duc de Chartres (1735 ; il fut écarté en 1741). Dès lors B. logea au Palais-Royal et il devint secrétaire ordinaire du duc d'Orléans, fonction confirmée par son fils qui lui donna aussi la garde de sa bibliothèque et de son cabinet de médailles et de pierres gravées, puis lui attribua la charge de gouverneur de Mademoiselle (sa fille Louise Marie Thérèse Bathilde). Reçu en 1744 aux Inscriptions, il fut appelé par d'Aguesseau en 1749 à la rédaction du Journal des Savants où il demeura jusqu'en 1752. Enfin, il fut choisi en 1751, par Lamoignon et Malesherbes peu après leur entrée en fonction, comme censeur royal pour les belles-lettres et l'histoire, fonction qu'il occupa jusqu'à sa mort.

Situation de fortune

Outre le lot d'exemplaires d'auteur remis à chaque journaliste par le libraire, et la pension associée à l'emploi de rédacteur au Journal des Savants, 400 £ si l'on rapporte le contrat de Chaubert au nombre apparent de rédacteurs en 1749 (voir D.P.1 710), qu'il reçut de 1749 à 1752, B. fut gratifié d'une rente viagère de la même somme par le duc d'Orléans, en 1752, et d'une pension de 900 livres sur le prieuré de Chaux en Franche-Comté par le Chancelier.

Activités journalistiques

Entré au Journal des Savants en 1749 (le 22 janvier selon Declaustre), B. collabora avec des rédacteurs nommés après la retraite de l'abbé Bignon en 1739 : De Montcarville, Bruhier d'Ablaincourt, Geynoz (voir D.P.1, 710). La formation ecclésiastique de B. et ses travaux à l'Académie des inscriptions, lui permettaient de se charger d'histoire ancienne, d'histoire de l'Eglise, comme d'ouvrages religieux (f.fr. 22133, f° 107, liste de répartition de livres entre les journalistes, 1751). Cette équipe fut renforcée en 1750 par Jolly, de janvier à août, Lavirotte, ainsi que Du Resnel probablement honoraire en remplacement d'un des journalistes défaillants. Mais en 1751 Malesherbes saisit l'occasion de la démission de Geynoz (f.fr. 22133, f° 138) pour organiser une nouvelle société de rédacteurs. Après avoir sollicité des avis, obtenu quelques subsides du Chancelier, son père, et fait examiner les capacités de quelques postulants, Malesherbes remercia l'ancienne équipe : B. se retira sur une lettre de démission très digne (datée du 26 fév. 1752, B.N., f.fr. 22133, f° 152), dans laquelle il alléguait ses obligations d'académicien pour abandonner la rédaction du Journal.

Publications diverses

B. participa activement aux travaux de l'Académie des inscriptions (son plus gros travailleur selon Henri Duranton) : il y aurait présenté cent dissertations en vingt-huit ans, dont une soixantaine parut dans ses Mémoires de 1753 à 1770, et même en 1774 et 1780 (liste dans Q.). Consacrées principalement à la numismatique de l'empire romain, ces études mobilisaient les éléments mis en oeuvre jusqu'alors dans la détermination de l'authenticité des monnaies et de leur place dans des séries chronologiques ou thématiques, pour s'en servir comme matériaux archéologiques d'une histoire des villes de Gaule et de l'Orient romain. B. rédigea aussi une Notice des ouvrages manuscrits de Monsieur Du Cange, Paris, G.F. Quillau père, 1750 ; et ses fonctions au Palais-Royal lui inspirèrent des Remarques sur les pierres gravées du cabinet de Mgr le Duc d'Orléans, s.l., 1758, dont la publication se place entre le traité de P.J. Mariette (1750) et celui de J. Winckelmann (1760).

Bibliographie

B.Un. ; Q. ; D.B.F. ; B.N., f.fr. 22133, Anisson-Duperron, Librairie, 1744-1757, f° 107-152. – Arch. de l'Oratoire de Montsoult, Fonds Goujet, Goujet à Grosley, 23 oct. 1752.– A.R. 1751, 1770. – Declaustre, Table du «Journal des Savants», t. X, Paris, 1764, «Mémoire historique sur le Journal des Savants». – Duranton H., «Le métier d'historien au XVIIIe siècle», Revue d'histoire moderne et contemporaine, t. XXIII, 1976, p. 481-500.

Auteur(s) de la notice


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