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Augustin BARRUEL (1741-1820)

État civil

Augustin Barruel est né à Villeneuve-de-Berg le 2 octobre 1741. Il est le fils d'Antoine Barruel, lieutenant général du roi au bailliage de Villeneuve-de-Berg, et de Madeleine Meunier ou Monnier (Fillet, D.B.F). Sa famille, de vieille noblesse écossaise («Barwel» : Riquet, p. 9) appartient à la branche des Barruel de Saint-Pons, du Vivarais. Il est mort à Paris le 5 octobre 1820.

Formation

Sa première éducation est dirigée par ses parents eux-mêmes (Dussault, p. 111). Elève au collège des Jésuites de Tournon (Fillet). Noviciat à Toulouse, sous le P. de Nolhac (Grivel). Il fait sa théologie à Prague. En 1762 ou 1763, il est ordonné prêtre. Il ne fera sa troisième année de noviciat qu'en 1815, à Paris, quand la Compagnie de Jésus sera reconstituée.

Carrière

B. entra dans la Compagnie le 15 octobre 1756 (Grivel). Il enseignait en cinquième au collège de Toulouse, quand le parlement de cette ville décida l'expulsion des Jésuites (1762). Il séjourna alors chez son père, à Villeneuve-de-Berg, puis il vint à Paris, «où le père Biganski, confesseur de la reine, recrutait de jeunes Jésuites pour la province de Pologne, et Barruel y fut expédié, avec beaucoup d'autres, aux frais de la reine» (Grivel). Après un périple en Europe centrale, enseigne au collège Theresien, à Vienne, avec les PP. Feller et Schumacher. En 1771, le provincial de Bohême, prévoyant la suppression de la Compagnie, le renvoie en France. A Paris, B. est protégé par Christophe de Beaumont. En juillet 1774, le prince Xavier de Saxe, frère de la Dauphine, le prend pour précepteur de ses enfants (Fillet). A la fin de 1777, il devient aumônier de la princesse de Conti ; il garde ce titre jusqu'à la Révolution, sans en remplir la fonction. Après les massacres de septembre 1792, il émigre en Angleterre ; Burke et Clifford lui offrent l'hospitalité. Il rentre en France en 1802. En 1802, il est nommé chanoine de Notre-Dame de Paris. En 1804, Pie VlI, venu pour le couronnement de Napoléon, a une conversation avec B. sur les Quatre articles. Le pape invite B. à le suivre à Rome ; il se heurte à un refus (Grivel). Quand les Jésuites sont rétablis à Naples, B. veut partir, mais Napoléon s'y oppose. Il est arrêté en 1811, pour peu de temps, lors de l'affaire du cardinal Maury. Il fait profession plénière le 15 octobre 1816.

Opinions

Selon Grivel, B., comme Feller, était de la foi la plus vive, «mais sèche et sans dévotion sensible». Il était gallican, mais avec modération. Il se prononça contre la politique de Joseph II, mais n'approuva pas l'insurrection du Brabant. Violemment hostile à la Révolution française, il voyait en elle le résultat du complot des francs-maçons et des illuminés. Il a prôné la soumission du clergé au régime du Consulat.

Activités journalistiques

L'Année littéraire, ou suite de lettres sur quelques écrits de ce temps: B. en devient un des collaborateurs vers 1774. «Il y écrivait encore en 1784» (Sommervogel, t. II).

Journal ecclésiastique : B. prit la direction de ce journal en janvier 1788 ; il succédait au P. de Montmignon.

Collection ecclésiastique, ou recueil complet des ouvrages faits depuis l'ouverture des Etats généraux, relativement au clergé, Paris, 1791-1793. Rédigé en partie par l'abbé Guillon.

B. collabore aux Annales littéraires et morales, Paris, 4 vol., de l'abbé de Boulogne, et à L'Ami de la Religion et du Roi, journal et revue ecclésiastique, politique et littéraire, par Picot, 20 avril 1814 - 15 mars 1859, Paris.

Publications diverses

La liste des ouvrages de B. est donnée par Sommervogel, t. II, et par Cioranescu, n° 9779-9809. Les plus importants sont : Les Helviennes, ou lettres provinciales philosophiques, Amsterdam- Paris, 1781. – Histoire du clergé pendant la Révolution française, Bruxelles-Londres, 1793. – Mémoires pour servir à l'histoire du jacobinisme, Londres, 1797-1798, 4 vol. et Hambourg, 1798-1799, 5 vol.

Bibliographie

B.Un., D.B.F., Sommervogel. – A.D. Troyes, Lettres relatives aux princes de Saxe ses élèves, de 1775 à 1783. – Un fonds important de papiers de B. se trouve au scholasticat des Fontaines, à Chantilly. – Dussault J.J., «Notice sur la vie et les ouvrages d'Augustin Barruel», dans Les Helviennes, Paris, 1823, t. I. – Fillet L. «Notice biographique» dans la Revue historique du Vivarais, 1894, p. 97-108 et p. 160-168 ; ces articles ont été tirés à part. – Souvenirs du P. Grivel sur les PP. Barruel et Feller, publiés par le P. Gagarin, dans Le Contemporain, 3e série, t. XVI, juillet 1878, p. 49-70. – Dechêne A., «Un précepteur de prince au XVIIIe siècle : Barruel chez le prince François-Xavier de Saxe (1774-1777)», Les Etudes, CCI (1929), p. 291-319. – Riquet M., Augustin de Barruel, un jésuite face aux francs-maçons jacobins (1741-1820), Paris, Beauchesne, 1989,. ; en annexe, «Histoire de l'illuminisme» rédigée par le Dr Starck à l'intention du P. Barruel (p. 149-190). – Sozzi M., «Il complotto dei philosophes : le tesi dell'abbé Barruel», dans Ragioni dell'Anti-illuminismo, éd. L. Sozzi, Alessandria, Ed. dell'Orso, 1992.

Auteur(s) de la notice


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