BARIN

Décès

1692

Naissance

1631

Numéro

034

Prénom

Jean

Jean Barin (écrit aussi Barrin) fut baptisé à Marennes le 2 avril 1631 et mourut à Amsterdam où il fut enterré le 15 mai 1709. Il demeura célibataire. Son père, Pierre Barin (1591? - 1668), de la famille des Barin de La Galissonnière (B.Un.), professeur de mathématiques, épousa en 1630 Suzanne Le Clerc. Marennes est un centre presque entièrement réformé ; Pierre Barin est scribe au consistoire (de 1631 à 1636 apparemment). Il semble qu'il professait ailleurs qu'à Marennes, probablement au collège de La Rochefoucauld. Jean Barin est l'aîné de sept enfants : deux moururent en bas âge (Pierre, né en 1632, puis un second Pierre, né en 1633) ; Suzanne, baptisée le 3 mai 1635, eut pour marraine Suzanne Jousselin, d'une famille touchant à la noblesse et à la haute bourgeoisie ; Benjamin naquit le 18 février 1646. Les deux autres frères furent des ministres réputés : Théodore, né le 3 mars 1634, fut ministre à Montandre, professeur de théologie à l'académie de Saumur dont il fut deux fois recteur ; sa présence est signalée à divers synodes. Il part ensuite à Rotterdam, avec sa femme et ses enfants. Il deviendra ministre de l'église de Leyde (1684). Son ouvrage de théologie, Le Monde naissant ou la Création du monde, démontrée par des principes très simples et très conformes à l'Histoire de Moïse, publié en 1686, fut connu de Bayle avant sa parution (mention dans une lettre à Lenfant du 6 juil. 1685). Il meurt en Hollande en 1692. Pierre, né le 24 février 1637, fut ministre à Arvert (1664 à 1672), puis à Barbezieux en 1675. Il épousa Marguerite Michel, fille de deux très bonnes familles. Il mourut à La Tremblade le 7 octobre 1676 (L).

2. Formation

Proposant en théologie puis admis au pastorat à Marennes (L).

3. Carrière

Pasteur à La Roche-Chalais en décembre 1661, puis à Marans en 1663, B. représente son église au synode de Saint-Just le 2 juin 1669, puis à celui de Marennes du 9 au 18 octobre 1674. On l'y nomme membre de la commission d'examen des étudiants en théologie. On le retrouve au synode de Mauzé (ouverture : 29 sept. 1677) durant lequel la ville de Saumur le réclame comme ministre ; malgré l'anomalie de la demande, il y fut répondu favorablement, vu les «belles lumières» et les «dons excellents» dudit B. Après le 31 août, il s'installe à Saumur, dont l'académie lui confie le cours de philosophie. Il sera recteur en 1680 puis en 1684, prend part aux travaux de divers synodes. Il est dans cette ville quand se déclenchent les hostilités contre les protestants : 8 janvier 1685, suppression de l'académie ; le 15, interdiction de l'exercice public de la R.P.R., B. demeure ; on lui délivre une commission spéciale pour procéder aux baptêmes. En voyage, quand est publiée la déclaration du 6 août (nécessité pour les ministres de s'éloigner de six lieues au moins des localités où l'exercice de la R.P.R. a été interdit), il est arrêté à La Rochelle, fait prisonnier, puis relâché. Il rejoint alors Théodore en Hollande, où il sera aussitôt admis comme ministre de l'église wallonne d'Amsterdam (L). C'est là qu'il deviendra rédacteur des Nouvelles de la République des Lettres de septembre 1687 jusqu'en avril 1689 (L, D.B.F., D.P.1, Haag. ; Labrousse, p. 173).

4. Situation de fortune

Pension annuelle de 250 £ pour son activité de ministre votée par le gouvernement dès son arrivée à Amsterdam (L).

5. Opinions

Fidèle à ses convictions religieuses, il préféra l'exil à l'abjuration ; il sut se faire l'habile défenseur de ses coreligionnaires et obtint ainsi en 1663 le maintien du temple de Marans auprès des commissaires royaux dans une conjoncture délicate (L).

6. Activités journalistiques

Sérieusement malade en février 1687, Bayle doit se faire remplacer à la tête des N.R.L. Le libraire Desbordes fait appel à Larroque, Leclerc et Bernard puis la rédaction est prise en main par le seul B. à partir de septembre (D.P.1 1016, Labrousse E. ; Reesink H.J., L'Angleterre et la Littérature anglaise dans les trois plus anciens périodiques français de Hollande, Paris, 1931, p. 96). Annoncée dès août, cette modification est signalée ainsi dans l'Avertissement de septembre : «Les lecteurs reconnaîtront bien qu'une seule plume a travaillé à ce Mois. Il en sera de même des autres».

Avertissement de janvier 1688 : «Il est bon qu'on soit averti qu'on insère ici les Mémoires mot à mot comme on les reçoit, sans y rien ajouter ni diminuer» (N.R.L.). Les raisons de l'interruption de cette activité de journaliste au bout de vingt mois demeurent obscures.

7. Publications diverses

Seules la B.Un. et la N.B.G. font état de l'activité d'écrivain de B. L'information réunit les données de Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes et de Quérard, la France littéraire. Selon le premier (t. IV, p. 931), un abbé Barrin a publié Vénus dans le cloître, ou la Religieuse en chemise, entretiens curieux, sous le pseudonyme de l'abbé Duprat, Cologne, 1683. Quérard (t. I, p. 195) dit la même chose, précisant l'initiale du prénom (l'abbé J. Barrin) ; cette attribution, fort peu vraisemblable, n'a jamais reçu de confirmation ; sous le même nom, Quérard signale d'autres oeuvres : Epîtres et Elégies d'Ovide, trad. du latin.- Les oeuvres galantes et amoureuses d'Ovide, trad. nouvelle, en vers français.- Vie de la bienheureuse Françoise d'Amboise, femme du duc de Bretagne, Pierre II, Rennes, 1704.

8. Bibliographie

B.Un., N.B.G., D.B.F., Q. – Barbier A.E., Dictionnaire des ouvrages anonymes, t. IV, Paris, Maisonneuve et Larose, 1964 (1re éd. 1806-1808), p. 931. – (N.R.L.) Nouvelles de la République des Lettres, sept. 1687 et janv. 1688. – Haag, La France protestante, t. I, Paris, 1846, p. 243. – (Bull.) La Morinerie, «Les Barin de Marennes», Bulletin de la Société des Archives historiques, Revue de la Saintonge et de l'Aunis, t. XIII, Paris-Saintes, Picard-Mortreuil, 1893, p. 451-462. – Reesink H.J., L'Angleterre et la Littérature anglaise dans les trois plus anciens périodiques français de Hollande, Paris, 1931, p. 96. – Labrousse E., Inventaire critique de la correspondance de P. Bayle, Paris, Vrin, 1961, p. 173 (lettre de J. du Rondel, n° 648).