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Gabriel d' ARTIS (1650?-1730?)

État civil

Gabriel d'Artis est né vers 1650 à Millau, de Gabriel d'Artis et de Madeleine de Guillaumont ; sa famille paternelle, établie dans le Rouergue, était protestante. Il se maria à Hambourg, vers 1692, avec Marie Béard, réfugiée de Saintonge. Ils eurent plusieurs enfants : Anne Marie Madeleine (1694), Anne Marie (1696), Marc Jacob (1698). Gabriel d'Artis mourut en Angleterre vers 1730.

Formation

Il fut d'abord officier de marine et passa en Hollande à la suite d'un incident (duel?). Ayant étudié la théologie à l'Académie de Montauban et Puylaurens de 1680 à 1682 (D.B.F.), il sollicita une charge de pasteur à Gouda en 1682 mais fut refusé en raison du «malheur» qui avait motivé son exil. Il fut cependant reçu membre de l'église de Leyde en octobre 1682 ; Guillaume d'Orange lui accorda des «lettres de sécurité» et le synode d'Haarlem l'accepta en avril 1683.

Carrière

Le 10 février 1684, il est consacré dans l'église du Dôme à Berlin : il devient, avec Ancillon et Abbadie, pasteur de l'église française, mais à la suite d'une querelle avec Elie Benoît, il est suspendu (de 1685 à 1696). Il s'installe en Hollande puis, au début de 1694, à Hambourg. Le 27 avril 1696, il est rétabli dans ses fonctions à Berlin mais ne s'y rend pas, semble-t-il, avant 1700. Pour avoir accusé de socinianisme trois de ses confrères (cf. le Recueil de trois écrits de 1714), il est de nouveau suspendu. Il se rend en Angleterre où il devient chapelain de la comtesse de Portland en 1713. Il voyage en Allemagne et en Suède (sept. 1715), à Paris où il sert d'intermédiaire entre Desmaizeaux et Fontenelle, Varignon, Veissière, etc. (lettre d'Artis à Desmaizeaux, 12 févr. 1721, B.L., add.mss. 4281). En 1725, il est à Stockholm, comme parrain d'Anne Marie, fille de François Charles d'Artis, pasteur à Stockholm (son frère?). A sa mort, il était pasteur de l'église Saint-James à Londres.

Opinions

A. se rendit célèbre par la violence de ses attaques contre les pasteurs du consistoire de Berlin, Beausobre, Lenfant, Des Vignoles. Calviniste passionné, il soupçonnait partout le socinianisme. Selon Des Vignoles, il fut à son tour soupçonné de luthéranisme (Lettres de Monsieur Dartis et de Monsieur Lenfant sur les matières du socinianisme, Berlin, 1719, p. 32). Il songeait, en 1719, à «publier un journal pour le maintien de l'orthodoxie» (ibid., Avis, s.p.). Ses divers journaux lui valurent des relations épistolaires avec Desmaizeaux, Bayle (Inventaire de la correspondance par E. Labrousse, n° 875 et 920), Leibniz (E. Bodemann, Der Briefwechsel des G.W. Leibniz, Hannover, 1889, n° 18, 15 lettres d'A., 3 lettres de Leibniz en 1695-1696), P. Marchand, etc.

Activités journalistiques

Journal d'Amsterdam «contenant divers mémoires curieux et utiles sur toutes sortes de sujets», à Amsterdam, chez Nicolas Chevalier, 1694 : d'Artis fonde son journal au moment où il s'apprête à quitter Amsterdam pour Hambourg ; il prend dès le premier numéro «les mesures nécessaires pour le pouvoir continuer sous le titre de Journal de Hambourg». Il semble en effet que le Journal d'Amsterdam, dédié au Sénat de Hambourg, n'ait connu qu'un tome sous ce titre (t. I, janv.-avr. 1694). Une lettre de Basnage à Janiçon datée du 3 décembre 1693 laisse supposer néanmoins que quelques numéros avaient paru à la fin de 1693 : «M. d'Artis qui avoit entrepris le Journal d'Amsterdam n'a pu soustenir un projet si estendu. Et il n'en a point paru depuis quelques semaines. On m'a dit qu'il l'a deja abandonné. L'impression se faisoit à ses dépenses, et le débit pour son compte. C'estoit beaucoup entreprendre» (H. Bots et L. van Lieshout, Contribution à la connaissance des réseaux d'information au début du XVIIIe siècle. Henri Basnage de Beauval et sa correspondance, APA-Holland University Press, 1984, p. 38). Le Journal d'Amsterdam fut aussitôt suivi par le Journal de Hambourg «contenant divers mémoires curieux et utiles sur toutes sortes de sujets» : à Hambourg, chez Henri Heuss, 1694-1696, 4 vol., publication hebdomadaire : t. I, du 3 sept. au 24 déc. 1694 ; t II (publié à Amsterdam, chez Jean du Fresne), du 1er avril au 24 juin ; t. III, du 1er juil. au 28 oct., avec une feuille pour novembre ; t. IV, du 13 janv. au 27 avr. 1696 (D.P.1 632).

Journal littéraire de La Haye : A. semble avoir collaboré à ce journal à ses débuts. La société du J.L. propose en 1713 de s'adjoindre «M. d'Artis, chapelain de Mme de Portland, lequel a du mérite infiniment» (lettre d'Alexandre à P. Marchand, 8 déc. 1713, B.U. Leyde, Marchand 1) ; le même fonds possède deux lettres d'A. envoyant d'Allemagne des nouvelles littéraires pour le J.L. (ibid., de Hanovre, 28 mai 1715, et de Berlin, 11 juin 1715).

Selon l'avis des Lettres de M. d'Artis, d'A. songeait encore en 1719 à «publier un journal pour le maintien de l'orthodoxie.»

Publications diverses

voir Haag et Cior 17, n° 8523-8540.

Bibliographie

B.Un., Haag, D.B.F. – Lettres de Monsieur Dartis et de Monsieur Lenfant sur les matières du socinianisme, Berlin, 1719.– Schrocker A., «Gabriel d'Artis, Leibniz und das Journal de Hambourg», Niedersachsisches Jahrbuch, t. XLIX, 1977, p. 109-129.

Auteur(s) de la notice


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