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Laurent ANGLIVIEL DE LA BEAUMELLE (1726-1773)

État civil

Laurent Angliviel naquit à Valleraugue, dans les Cévennes, le 28 janvier 1726 (acte de baptême dans L, p. 13). Il était le fils du protestant «nouveau converti» Jean Angliviel (6 octobre 1698 - 18 septembre 1757), «bourgeois de Valleraugue», marié le 29 septembre 1718 à Suzanne d'Arnal, morte en 1729. Il entretint de très mauvais rapports avec sa belle-mère Françoise Carle, avec laquelle son père se remaria en 1742. Il avait un frère aîné, Jean Angliviel (v. ce nom). Il épousa le 23 mars 1764 à Toulouse Rose Victoire Lavaysse, veuve Nicol, fille de l'avocat toulousain David Lavaysse, et soeur de Gaubert Lavaysse, l'un des accusés de l'affaire Calas. Grâce à des dispenses de l'archevêque de Toulouse, il contraignit le curé de la paroisse du Taur à célébrer en son église le mariage de ces deux huguenots notoires (L, p. 543). L. eut deux enfants, Aglaé, née le 6 septembre 1768, qui épousa en 1794 Jean Antoine Gleizes (1773-1843) et mourut sans enfant, et Moïse Laurent Angliviel de La Beaumelle, né le 21 septembre 1772, littérateur et mathématicien, colonel du génie au Brésil où il mourut le 29 mai 1831. La Beaumelle fils publia plusieurs ouvrages et reconnut en se mariant en juin 1799 une fille adultérine prénommée Moïsette, dont il semble que la poétesse Doette Angliviel (morte en 1963) soit la dernière descendante. L. mourut à Paris, dans la maison de La Condamine, le 17 novembre 1773. Il fut enterré dans le cimetière du Port-au-Plâtre, lieu de sépulture des protestants de Paris (L, p. 547, n. 47).

Parce qu'il était prudent pour les jeunes huguenots qui passaient dans la cité de Calvin de détourner l'attention du Résident de France, il prit en 1745 le pseudonyme de «La Beaumelle», en usage dans sa famille. Il se fit connaître après son départ de Genève sous le nom d'«Angliviel de la Beaumelle», puis de «La Beaumelle» et de «M. de La Beaumelle». Durant la période révolutionnaire, ses enfants se trouvèrent dans la nécessité de prouver que leur père n'était pas noble (L, p. 15-16). L'épître dédicatoire de son premier ouvrage, L'Asiatique tolérant, est signée «LL.D.A.», initiales renversées de «Laurent Angliviel de La Beaumelle», dont le pseudonyme «BALLEUDANNELLANVILLE AMIUKEL» constitue l'anagramme (L, p. 118, n. 74, et p. 155, n. 294). Ce même ouvrage, prétendument traduit du voyageur Bekrinoll, est souvent faussement attribué à Crébillon. Au Danemark, La Beaumelle emprunta un temps le nom d'«Aspasie», la rédactrice fictive de La Spectatrice danoise ou l'Aspasie moderne considérée parfois à tort comme un périodique rédigé par une femme (D.P.1 1229). En 1751 il signa son ouvrage Mes Pensées ou Le Qu'en dira-t-on ? du pseudonyme transparent de «Gonia de Palayos» (Angliviel). Il se cacha de la police à Paris en 1752 et 1753 sous les noms de «M. de Saint-Laurent», identité qu'il avait déjà empruntée à Francfort durant l'été 1752 (L, p. 302, n. 241), «M. de Saint-Pierre», «M. de La Lue» ou «Monlouet» (L, p. 302, 315, 316). A la Bastille en 1753, il utilisait le pseudonyme d'«Uranie» pour correspondre avec l'extérieur (L, p. 361). L. utilisa le nom de «l'abbé Berthier» pour publier en 1755 les Lettres de Messire Paul Godet des Marais, évêque de Chartres, à Mme de Maintenon (L, p. 455, n. 332). Il signait parfois «Rémondi» dans la correspondance secrète qu'il échangea en 1762-1763 avec le pasteur des «Eglises du Désert» Paul Rabaut (L, p. 542). Tout ouvrage portant le nom de «M. de La B***» ou «M. de L. B.» pouvait passer à l'époque pour être de La Beaumelle.

Formation

Les renseignements dont on dispose permettent de suivre la formation de L. jusque dans les détails. De novembre 1734 à août 1742 il fit ses études au collège de l'Enfant Jésus à Alais (Alès), établissement créé pour détourner du protestantisme les enfants des «nouveaux convertis» des Cévennes. Il s'y révéla un brillant élève dont les maîtres, qui auraient voulu faire de lui un prêtre, gardèrent le souvenir, passionné de littérature et d'histoire, doué pour la poésie et excellent latiniste. Il en sortit catholique fervent, mais après avoir tâté du commerce à Lyon, il traversa une crise religieuse qui lui fit rejeter le catholicisme et le conduisit «au désert», d'où son père le ramena à grand peine (1744). «Protestant décidé», L. finit par obtenir l'autorisation paternelle de partir pour Genève faire ses études de théologie (sept. 1745 ; L, chap. I, p. 18-58). Il fut immatriculé à l'Académie de Genève le 1er octobre et eut le statut de «proposant» (étudiant en théologie autorisé par la Compagnie des Pasteurs à lire la Bible dans les temples de la ville et à prêcher dans ceux de la campagne). Il fut l'étudiant des professeurs Lullin, Maurice et Tronchin entre autres, qui remarquèrent la vivacité de son esprit, l'éclat de son style, la solidité de ses connaissances en latin, en histoire et en théologie, et une étonnante puissance de travail. L. ne devint jamais «ministre» : il quitta Genève en mars 1747, muni d'un certificat de la Compagnie des Pasteurs, pour se placer comme précepteur au Danemark. On peut considérer que sa formation prend fin alors : il venait d'avoir 21 ans (L, chapitre II, p. 59-105).

Carrière

Après sa vingtième année, L. ne devait plus guère séjourner à Valleraugue. Du 20 septembre 1745 au 17 mars 1747, il suit à l'Académie de Genève les études régulières d'un «proposant». Du 15 avril 1747 au début mai 1750, il est à Copenhague précepteur du fils du chambellan du roi de Danemark, le comte de Gram, et il compose ses premiers livres. Du 13 juin au 14 novembre 1750, il séjourne à Paris où il est venu chercher l'autorisation d'occuper une chaire de «professeur extraordinaire de langue et de belles-lettres françaises à l'Université de Copenhague». De retour au Danemark par la Hollande (nov-déc. 1750), il remplit ses fonctions du 21 janvier à la fin septembre 1751. Le 20 octobre il quitte Copenhague pour Berlin, où il se heurte à Voltaire. En mai 1752, il se rend à Gotha, le 20 juillet il part pour Francfort et le 23 octobre il arrive à Paris. Sur dénonciation de Mme Denis, il est mis à la Bastille le 24 avril 1753 ; il en sort le 23 octobre grâce à l'intervention de Montesquieu. Le 12 mars 1755, il part pour Amsterdam imprimer ses Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Maintenon et à celle du siècle passé. Le 28 février 1756 il est de retour à Paris. Sur une nouvelle dénonciation de Voltaire, il est incarcéré à la Bastille le 6 octobre 1756. Libéré le 1er septembre 1757, il et exilé en Languedoc par un ordre du Roi daté du 26 août 1757. Cette interdiction de revenir à Paris marque une cassure dans la carrière de L. Après un bref passage à Valleraugue, il s'installe à Montpellier, puis à partir du 1er juillet 1758 à Nîmes. Il se fixe finalement au début août 1759 à Toulouse, où il veut se faire avocat. Son mariage lui permet de s'établir à Mazères, dans le pays de Foix, d'où il fait de fréquents passages à Toulouse. De septembre 1767 au début de mai 1768, il séjourne à Valleraugue. Le 17 mars 1769 il obtient la permission définitive de se rendre à Paris, mais il ne quitte Toulouse que le 18 mai 1770. A la fin décembre, il est chargé de constituer la bibliothèque de Mme du Barry. Le 5 mai 1771 il est «attaché à la bibliothèque du Roi», avant d'obtenir la place laissée libre par la mort de Duclos. Il interrompt son séjour à Paris par un voyage à Mazères (1er août 1772 - 21 mai 1773). De santé fragile, L. est diminué par la maladie, malgré des périodes de rémission, depuis 1765 environ, et lorsqu'il s'installe à Paris, il n'est plus lui-même. Il y meurt brutalement, âgé de 47 ans, dans la maison de La Condamine, cul-de-sac Saint-Thomas du Louvre.

Situation de fortune

La carrière de L. présente l'originalité d'une fortune construite sur la rédaction de périodiques, le commerce de livres français à l'étranger, la vente de ses manuscrits et l'édition de ses propres ouvrages. Issu d'une famille économe (son père était négociant en soie, il exploitait ses propriétés, levait les censives pour le compte du seigneur de Valleraugue et tenait à ferme le prieuré de Meyrueis), L. connut souvent la gêne malgré l'aide paternelle, particulièrement à Genève, à Paris en 1750 et à Berlin. Dès le collège, il eut le souci constant de faire carrière pour se mettre à l'abri du besoin et ne manqua jamais de projets aussi divers que lucratifs, comme en 1750 l'établissement d'une poste à lettres dans la ville et les faubourgs de Paris (L, p. 201-202), ou à Copenhague en 1751 et à Gotha en 1752 une édition des classiques français (L, p. 247-248 et 295). A Genève il se faisait quelque argent en donnant des leçons au fils de Budé de Boisy (L, p. 88). A Copenhague il vivait dans le luxe au milieu des grands, ce qui lui rendait supportable la dépendance liée à sa condition de précepteur. Il percevait un salaire et recevait diverses gratifications en nature ou en espèces : ainsi il reçut 420 £ pour une ode intitulée «L'Académie de Sorö. Au Roi» (L, p. 114). Sa Spectatrice danoise était pour lui d'un bon rapport (D.P.1 1229, 4). Les feuilles à la main qu'il distribua à Copenhague au printemps 1751 sous le titre de Gazette de la Cour, de la Ville et du Parnasse devaient lui rapporter annuellement 2300 £ pour 35 souscripteurs (voir le détail dans L, p. 231-232 et n. 107-112). Il s'avisa de monter avec le libraire Pissot un commerce de livres français, qui se vendaient presque deux fois plus chers à Copenhague qu'à Paris (L, p. 202 et n. 214, et p. 215). En 1751 il fournissait à ses élèves les classiques français et s'appuyant sur son prestige de professeur il étendit son commerce, songeant à créer une librairie française : les sommes engagées s'élevaient à plusieurs milliers de livres (L, p. 233-235). Son poste de professeur lui valait 400 rixdales soit environ 1700 £ (L, p. 221). Les cours particuliers qu'il donnait aux enfants des plus grandes familles du Danemark lui rapportaient 500 £ environ (L, p. 227). Sa réussite à Copenhague lui permit de nourrir des projets de mariage de 60 000 £ et plus (L, p. 250-251).

L. tirait aussi des revenus de ses ouvrages. En 1749 il vendit 400 £ au libraire Le Mercier ses Pensées de Sénèque traduites en français (L, p. 171 et n. 24). En 1750 M.M. Rey lui donna «150 exemplaires quitte et 600 de compte à demi» de sa Suite de la Défense de l'Esprit des lois (L, p. 189). Les 2000 exemplaires de sa Réponse au Supplément au Siècle de Louis XIV, qu'il avait fait imprimer clandestinement à Paris en 1754, lui rapportèrent, sans compter les ventes en province, 800 £ (L, p. 398). Ce sont les ouvrages que L. consacra à Mme de Maintenon qui lui procurèrent, avec bien des désagréments, les plus gros gains. Les deux volumes de Lettres publiés à Francfort en 1752 et tirés à 1550 exemplaires provoquaient un grand engouement à Paris (elles se vendaient jusqu'à 12 £). L. en escomptait 7000 £., mais les difficultés diverses qu'il rencontra et les contrefaçons menaçantes l'amenèrent le décembre 1752 à en vendre 1174 exemplaires au libraire Lambert pour 4000 £ avec des lettres pour réaliser un troisième volume (L, p. 319, 324 et n. 61, 325). Le 29 janvier 1753, il se décida à vendre le premier volume de la Vie, tirée également à 1550 exemplaires, 3 £ aux particuliers et 50 sous à Lambert. Ils furent très rapidement écoulés : dès le lendemain L. avait encaissé 600 écus (L, p. 329 et n. 94). Lorsqu'à partir de 1754 le projet se fut amplifié en Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Maintenon et à celle du siècle passé suivis de la publication de la correspondance, les sommes en jeu devinrent de plus en plus considérables. A l'automne, n'ayant pu s'entendre avec Lambert, L. passa contrat avec le libraire Duchêne sur la base de 700 £ pour 11 volumes, ce qui lui aurait rapporté 8000 ou 9000 £ en six mois (L, p. 425). Contraint d'imprimer en Hollande, et décidé à le faire à son compte sans l'aide des libraires, L. réunit notamment grâce à des souscriptions les 12 000 £ nécessaires pour tirer à 2000 exemplaires 12 volumes, qui devaient lui rapporter 25 000 ou 30 000 £ (L, p. 434-435). Diverses circonstances qu'on ne peut relater ici (voir le détail dans L, chapitre VIII, p. 405-519) finirent par l'amener à imprimer et distribuer à Paris et en France près de 30 000 volumes. Son incarcération à la Bastille laissa le champ libre aux contrefaçons et lui fit perdre environ 20 000 £, sans compter le profit qu'il aurait pu tirer de diverses publications annexes. Cependant l'opération ne lui rapporta pas moins de 60 000 £ (L, p. 519). A la mort de son père le 18 septembre 1757, la fortune de L. s'établissait à 50 114 £ y compris les 10 000 £ de sa légitime (L, p. 519, n. 693). Exilé en Languedoc, L. chercha à s'y établir par l'achat d'office ou l'acquisition de terres d'une valeur de 50 000 £, qui l'anoblirait. Il eut aussi des projets de mariages à cette hauteur (L, p. 536-537). Il vivait «noblement». Par un arrangement avec sa femme, dont la fortune était analogue à la sienne mais en terres, il put acheter le 25 janvier 1766 la seigneurie du Carla (la patrie de Bayle), porter le titre de «seigneur du Carla», et exercer les prérogatives de «haut, moyen et bas justicier de la ville et châtelainie du Carla» (L, p. 543). Son poste à la bibliothèque du Roi n'était pas rétribué.

Opinions

Les convictions de L. et son caractère font de sa vie une suite de prises de position éclatantes, de procès et de polémiques dont celle avec Voltaire n'est que la plus célèbre. Calviniste déclaré, il défendit en 1745 à Genève les huguenots contre les calomnies répandues contre leurs assemblées, il engagea au Danemark une polémique contre les luthériens et Holberg, et réclama la tolérance pour les protestants de France dans L'Asiatique tolérant (1748). Devenu franc-maçon à Genève en 1747, orateur de loge à Copenhague, il justifia la franc-maçonnerie des accusations d'irréligion et de subversion. Admirateur de Montesquieu, il composa la Suite de la Défense de l'Esprit des lois (1750). «Républicain», il critiqua sans ménagement les institutions sociales et politiques, dénonça l'absolutisme et se fit le champion de la liberté. Telle est l'originalité de Mes pensées ou Le Qu'en dira-t-on ? (1751) dont le succès valut à son auteur une encombrante notoriété, et dont l'intérêt ne se limite pas à la célèbre pensée des «bouffons et des nains» qui blessa cruellement Voltaire. De 1752 à 1754, c'est la guerre avec Voltaire, marquée par la publication de l'édition annotée du Siècle de Louis XIV, l'incarcération de L. à la Bastille, le Supplément au Siècle de Louis XIV de Voltaire (1753) et la fulgurante réplique de L., la Réponse au Supplément du Siècle de Louis XIV (1754). Le succès des Mémoires pour servir à l'histoire de Mme de Maintenon et à celle du siècle passé, préparé par la publication d'une Vie et de deux volumes de lettres (1752-1753), rehaussé par la personnalité contestée de l'héroïne et le ton anticonformiste de l'ouvrage, permit à Voltaire d'obtenir la seconde incarcération à la Bastille de L., qui venait de participer à la première édition de La Pucelle, et relança leur célèbre querelle. Ce livre fut en outre le sujet de procès avec Lambert, Gosse et Desprès (1754-1757). De retour en Languedoc, L. fut incarcéré une journée au fort de Montpellier pour avoir tenu des propos trop hardis (7 août 1758), et il eut un procès à Nîmes avec la famille Pieyre pour rupture abusive de pactes de mariage (juillet 1759). Au début janvier 1760, L. fut surpris à Toulouse dans le salon de Mme de Fontenille où l'on jouait. Décrété de prise de corps, il fut condamné en octobre, fit appel et fut relaxé en février 1761. Désarmé publiquement le 3 octobre à Toulouse, il obtint à nouveau gain de cause contre son ennemi personnel, le capitoul David de Beaudrigue. Tout naturellement, il fut conduit à prendre une part active à l'affaire Calas, mais avec la discrétion qu'exigeait sa situation à Toulouse en 1762-1763. Il composa des mémoires en faveur des accusés et mit sa plume au service des protestants et de leur chef Paul Rabaut : Rabaut fit publier sa Calomnie confondue (1762) et son Préservatif contre le déisme (1763) et eut souvent recours à ses talents d'écrivain. La querelle avec Voltaire, toujours latente, se rallumait parfois, notamment en 1767 quand L. se vit dénoncé au ministère par son adversaire comme «prédicant» auteur de 95 lettres anonymes. Excellent avocat, L. rédigea plusieurs factums pour des affaires le concernant, ou pour la défense de protestants. Il avait l'impulsivité et la hardiesse qui, avec la vivacité de la plume, font les redoutables polémistes.

Les relations de L. dans les différents lieux où il vécut étant fort étendues, on se bornera à quelques indications. De ses origines cévenoles et de son séjour à Alais, il conservera des liens avec ses parents d'Arnal et Delacour, avec la diaspora huguenote établie à Genève, Copenhague, Paris, Berlin ou Amsterdam, avec ses anciens maîtres du collège comme l'abbé Vammale ou ses condisciples tel Méhégan. A Genève, il est lié avec le pasteur Roques de Bâle et son fils, avec Manoel de Végobre, le professeur Lullin, les familles Baulacre, Budé, Lesage, Claude Philibert le libraire, avec Gireaudeau, le franc-maçon Grenier, Tollot, et Mlles des Marches et de Villiers. A Copenhague, il a pour protecteurs le comte de Gram et le comte de Moltke, pour amis les jeunes comtes de Schmettau et de Rantzau, l'envoyé de France l'abbé Lemaire et trois autres français, le pasteur Eyraud, Lafont et Lucas, pour adversaires Holberg, le pasteur Mourier et les professeurs de l'Université. Il rencontre Desroches de Parthenay. Il a ses entrées à la cour. Il est assidu à la loge Zorobabel. En 1750 à Paris où il retrouve Méhégan, il fait la connaissance de Boissy, de Buffon, de Diderot, de Morand, de l'abbé d'Olivet, de L. Racine, de Secondat, de Toussaint, et de trois hommes qui vont occuper une grande place dans sa vie, La Condamine, Montesquieu et Voltaire. Il réside dans la maison du café Procope. A Berlin, il a comme amis Mme de Bentinck, Broesicke, Chelli-Pagani, Lalande, Le Guay de Prémontval, la marquise de Malaspina, Rosambert, mais pas encore Maupertuis. Il correspond avec Baculard d'Arnaud, avec de nombreux libraires tels Petit et Dumoutier de Hambourg ou M.M. Rey, dont il a fait la connaissance à son passage en Hollande, et avec des journalistes comme Boissy, Fréron, Raynal. Ses ennemis sont Voltaire et Darget, Tyrconnel et Le Baillif, et l'envoyé de Danemark en Prusse Thienen. Il est connu de la duchesse et de Mme de Buchwald à Gotha où il se lie avec la baronne de Norbeck, et de Varrentrap à Francfort.

De retour à Paris, il est protégé par la duchesse d'Aiguillon, il fait des séjours studieux et fructueux, amplifiés par l'aide occulte de Mme de Louvigny, dans la maison des dames de Saint-Cyr et chez le maréchal de Noailles, il est reçu chez la duchesse de Brancas et chez le comte de Lauragais, chez le maréchal de Lowendahl, chez la comtesse de La Marck, chez D'Aine, chez Helvétius, chez Mme Geoffrin, chez le président Hénault ; il se lie avec Crébillon fils, avec les abbés de La Chau et Trublet. Malesherbes, Berryer, d'Hémery le connaissent personnellement. L. se méfie de Mme Denis et des d'Aumale. La Condamine, devenu son fidèle mentor, et Montesquieu le font sortir de la Bastille. A Amsterdam, il connaît Maubert de Gouvest et correspond avec Pierre Rousseau ; il a de graves différends avec les libraires Gosse et Joly, il s'appuie sur le banquier Fraissinet. La Condamine et Maupertuis s'emploient avec Salles et Delacour à obtenir à nouveau son élargissement de la Bastille. Lorsqu'il réside à Nîmes ou à Montpellier, l'exilé est reçu par le commandant de Thomond et l'intendant de Saint-Priest, le chevalier de Beauteville et son frère l'évêque d'Alais, le duc d'Uzès. Il reçoit la visite de la duchesse d'Aiguillon et de Mme d'Egmont, de M. et Mme du Bocage et de Maupertuis. Il fréquente le «Tripot de Milhaud» et son secrétaire perpétuel le prieur de Bernis Valette de Traversac. A Toulouse ou dans le pays de Foix, il se lie avec le marquis de Belestat et Le Franc de Pompignan, il est reçu chez les du Barry et chez la comtesse de Fontenille, il connaît les protagonistes de l'affaire Calas et les avocats Duroux, Lavaysse et Sudre. Il correspond avec P. Rabaut et avec Gal-Pomaret dont il avait fait la connaissance à Genève. Il est reçu chez le marquis de Gudanes avant de se brouiller avec lui. A Paris, où la protection de Mme du Barry lui permet de revenir, le délabrement de sa santé l'isole : logé chez La Condamine, il tombe sous la coupe de Melle de Faverolles, une vieille dame qui habite dans le même immeuble. Il est en relation d'affaires avec Le Jay. (L, index).

Activités journalistiques

L. fut introduit au Mercure suisse par J.B. Tollot, et il y publia plusieurs articles, la plupart anonymes. Les attributions suivantes sont certaines : «Lettre sur l'état présent de la religion protestante en France» (nov. 1745), «L'excellence de la raison. Ode» (déc. 1745). A partir de janvier 1746, il donna une série de dix essais sur différents sujets, sur l'amour de la gloire, sur la coquetterie (janv.), sur l'amour de la vérité, sur la conversation (fév.), sur l'éducation, sur la folie des hommes (mars), sur l'infini (avril), sur le vrai bonheur des chrétiens (mai), sur l'envie, sur le plaisir (juil.). Il publia encore «La paix de Dresde. Ode à Sa Majesté prussienne» (fév. 1746) qui donna lieu à une polémique dont les pièces principales pourraient bien être de L. lui-même (mars 1746, p. 261-266 ; avril, p. 349-373 ; mai, p. 474-485 ; juin, p. 528-543).

L'essentiel de l'activité journalistique de L. s'exerça au Danemark. En septembre 1748, il lança une feuille bihebdomadaire intitulée La Spectatrice danoise ou I'Aspasie moderne, qui abordait tous les sujets, des plus graves aux plus frivoles. Appuyé au début par Holberg, L. en devint vite le seul rédacteur (ou peu s'en faut). Pour tirer parti du succès de son entreprise, il réunit les feuilles en volumes. Le premier sortit en décembre 1748 sous le titre : La Spectatrice danoise ou I'Aspasie moderne, ouvrage hebdomadaire, tome I, à Copenhague, aux dépens de l'auteur, M.DCC.XLIX, 248 p., in-8° ; le second en avril 1749 sous le titre : La Spectatrice danoise, seconde partie (p. 249 à 504). Suspendu pendant les vacances de la cour en été, le périodique reparut à partir de janvier 1750 sous une forme un peu différente. L. l'interrompit quand il fut nommé professeur extraordinaire à l'Université de Copenhague, et le publia à la fin d'avril 1750 comme tome II de La Spectatrice danoise, à Copenhague, MDCCL, avec le sous-titre d'Essais sur divers sujets, MDCCL, 202 p. On relève des différences sensibles d'un exemplaire à l'autre de ces trois volumes. Ils se vendirent également à Hambourg, à Amsterdam, à Berlin, à Francfort, à Dresde, à Leipzig, à Genève et à Stockholm. On y parlait de religion, de franc-maçonnerie, de politique, de la noblesse et des courtisans, du théâtre et des belles-lettres. On y publiait des pièces diverses. Certains exemplaires du 3e volume contiennent cinq lettres sur L'Esprit des lois (D.P.1 1229, et L., p. 148-166).

Durant son séjour à Paris en 1750, L. élabora un projet de gazette littéraire que son frère Jean Angliviel et Méhégan rédigeraient depuis Paris et lui-même depuis Copenhague. Le 2 décembre 1750, il signa à Amsterdam un contrat avec M.M. Rey pour l'édition et le début d'une feuille portant le titre de Nouvelles littéraires, par une société de gens de lettres, ouvrage hebdomadaire proposé par souscription, veritati et virtuti. Mais cette feuille, qui devait commencer le 1er janvier 1751, ne parut jamais par suite d'un désaccord entre les associés sur la conception de l'entreprise (v. D.P.1 1042).

L. se mit à répandre à Copenhague des nouvelles à la main dont son frère lui envoyait depuis Paris la matière (voir art. «Angliviel»). Ces feuilles bi-hebdomadaires de quatre pages qu'il intitula Gazette de la Cour, de la Ville et du Parnasse parurent de février à octobre 1751. L'abonnement coûtait 25 rixdales. Le nombre des souscripteurs fut volontairement limité à trente-cinq. Parmi les souscripteurs on comptait le roi et la reine, trois ministres, les comtes de Bernstorff, de Dehn et de Rantzau, les comtes de Gram, de Schmettau et de Raben, le contrôleur général des finances, et les envoyés d'Angleterre, de France, de Prusse et de Russie. On donnait des informations sur les pièces de théâtre et les livres récents, ainsi que sur la cour de Versailles. Le ton en était volontairement critique (L, p. 231-233).

Publications diverses

7. L’Asiatique tolérant, Traité à l'usage de Zéokinizul, roi des Kofirans, surnommé le chéri ; ouvrage traduit de l'arabe du voyageur Bekrinoll par M. de *** [Amsterdam 1748]. Cet ouvrage, trop souvent attribué à Crébillon, n'est pas un roman licencieux, mais un traité sur la tolérance civile des protestants. (L, p. 129, n. 143). – Lettre à Monsieur le baron Holberg, Cologne, 1749 (L, p. 160, n. 330). – La Spectatrice danoise ou l'Aspasie moderne, ouvrage hebdomadaire [...], Copenhague, 1749-1750, avec deux traductions allemandes (L, p. 159, n. 327 et p. 166, n. 373). – Discours prononcé à l'ouverture des leçons publiques de langue et de belles-lettres françaises, Copenhague, 1751 (L, p. 228, n. 85). – Mes Pensées ou Le Qu'en dira-t-on ? Des nombreuses éditions que connut ce livre très hardi, dont une en allemand, deux seulement ont été faites par L. : l'originale à Copenhague, 1751, IV-400 p. (L, p. 253, n. 238) et la «sixième édition augmentée de plus de la moitié, à Londres chez Nourse» [Francfort], 1752, 292 p. (L, p. 302, n. 239). – Suite de la Défense de L'Esprit des lois, ou Examen de la réplique du gazetier ecclésiastique à la Défense de L'Esprit des lois, Berlin [Amsterdam], 1751 (L, p. 190, n. 134). – Vie de Madame de Maintenon, tome premier, Nancy [Francfort], 1752 (L, p. 303, n. 245). – Lettres de Madame de Maintenon, Nancy [Francfort], 1752 (L, p. 303, n. 245). – Pensées de Sénèque [...] recueillies [...] et traduites en français, Paris, 1752 (L, p. 321, n. 43). – Le Siècle de Louis XIV par Mr de Voltaire [...], nouvelle édition augmentée d'un très grand nombre de remarques, par Mr de La B*** , Francfort, 1753 (L, p. 305, n. 260). – Mémoire de M. de Voltaire, apostillé par M. de La Beaumelle (précédé d'une lettre à Madame D. [Denis]), Paris, 1753 (L, p. 385, n. 473). – Réponse au Supplément du Siècle de Louis XIV, Colmar, 1754 (L, p. 396, n. 536). – Mélanges de morale et de littérature, publ. par M. Bar..., Strasbourg [Paris], 1754 (L, p. 379, n. 427). – Lettre de M. de La Beaumelle à M. C. [Clément], [Amsterdam], 1755 (L, p. 452, n. 305). – Lettres de Messire Paul Godet des Marais, évêque de Chartres, à Mme de Maintenon, recueillies par l'abbé Berthier, Bruxelles, 1755 (L, p. 455, n. 332). – Lettre à M. G. [Geanrot] sur le recueil des Lettres et Mémoires de Mme de Maintenon, Amsterdam, 1755 (L, p. 472, n. 426). – Mémoires pour servir à l'histoire de Madame de Maintenon et à celle du siècle passé, Amsterdam, aux dépens de l'auteur, 1755-1756, suivis des Lettres de Mme de Maintenon (L, p. 482, n. 497). Des nombreuses rééditions de cet ouvrage de 15 volumes, dont une en anglais et une en allemand, L. ne réalisa que les deux marquées Amsterdam, 1756. Pour cette publication, L. bénéficia de l'appui des dames de Saint-Cyr qui lui fournirent de très nombreux documents et l'aidèrent moralement et matériellement. – Lettre du Czar Pierre à M. de Voltaire sur son histoire de Russie, 1761 (collaboration). – La Calomnie confondue, ou mémoire dans lequel on réfute une nouvelle accusation intentée aux protestants de la province du Languedoc, à l'occasion de l'affaire du Sieur Calas détenu dans les prisons de Toulouse, au Désert, 1762 (en collaboration avec P. Rabaut). Préservatif contre le déisme, ou instruction pastorale de M. Dumont, ministre du St Evangile, à son troupeau [...] sur le livre de M. J. Jacques Rousseau, intitulé Emile ou de l'Education, Paris [Avignon ?], 1763. Lettres de M. de La Beaumelle à M. de Voltaire, Nourse, Londres [Gaude, Nîmes], 1763. – Les Gasconnismes corrigés, ouvrage utile à toutes les personnes qui veulent parler et écrire correctement,et principalement aux jeunes gens dont la diction n'est point encore formée, Toulouse, 1766 (en collaboration avec Desgrouais). – Examen de la nouvelle histoire de Henri IV de M. Bury par M. le marq[uis] de B*** [Bélestat], lu dans une séance d'académie, [Genève], 1768 (collaboration). – La Henriade, avec des remarques, Toulouse, 1769. Cette édition fut saisie. La publication du Commentaire sur la Henriade, revu et corrigé (et précédé d'une vie de l'auteur) par M. F*** [Fréron], Berlin et Paris, 1775, postérieure à la mort de L. est due à la seule initiative de Fréron. – Lettre de M. de La Beaumelle à M.M. Philibert et Chirol, libraires à Genève, 1770. – Abrégé historique de la vie de Marie-Thérèse, reine de Hongrie, et de Charles-Emmanuel III, roi de Sardaigne, dans Galerie universelle des hommes célèbres, 1773. L. publia encore des factums pour lui-même (1759, 1761), pour la marquise de Montmoirac (1761), Mme Teissier (1766) et le duc d'Aiguillon (1770) (L, p. 555). Deux livres de L. parurent posthumes : De l'Esprit, Paris, 1802, et une Vie de Maupertuis, Paris, 1856. Restèrent en manuscrits des ouvrages considérables : Histoire des Germains et des Francs depuis leur origine jusqu'à Charlemagne, pour supplément de l'histoire universelle de M. Rollin (1752), Requête des protestants au Roi (1763), Catéchisme universel (1763), Bossuet et Claude, ou conférence sur les caractères de l'autorité de l'Eglise (1767), une traduction des Odes d'Horace et des oeuvres de Tacite (L, passim). Des poèmes de L. ont été publiés dans le Journal helvétique, La Spectatrice danoise et le Mercure de France (L, passim). L'abondante correspondance de L. n'a pas fait l'objet d'une publication d'ensemble, à l'exception des lettres échangées avec la comtesse de Bentinck, Maupertuis, Montesquieu et l'abbé Trublet, dont certaines sont reprises dans les grandes éditions critiques modernes des oeuvres complètes de Montesquieu et de Voltaire. On en trouve de nombreux extraits dans A. Taphanel et surtout dans L.

Bibliographie

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