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Etienne ALGAY DE MARTIGNAC (1620-1698)

État civil

Etienne Algay de Martignac est né à Brive en 1720 (N.B.G. ; Champeval, p. 2) ou en 1728 (Moreri, Dezobry et Bachelet). Il appartenait à une ancienne famille de magistrats (Champeval, p. 2) du Limousin (N.B.G.). Il mourut à Paris en 1698.

Carrière

D'après N.B.G., «il vint de bonne heure à la cour», vécut dans l'entourage de Gaston d'Orléans et «vers l'âge de quarante ans», «se consacra entièrement à l'étude des lettres». Il fut académicien (Champeval, p. 2) et traduisit de nombreux auteurs latins.

Opinions

En tant que traducteur, A. fut en butte aux attaques de l'abbé de Marolles : celui-ci, jaloux de son succès, critiqua l'éloge de sa nouvelle traduction d'Horace (1678), paru dans le Mercure, puis composa deux discours dans lesquels il tenta de discréditer la traduction de son concurrent, tout en faisant avec complaisance l'apologie de la sienne. Il fit croire à «une cabale formée contre lui» en faveur de A. et le défia «de traduire autant de poètes que lui» (Goujet, t. VI, p. 346 à 355).

Activités journalistiques

A. publia un recueil périodique, Le Journal chrestien, «sur divers sujets de piété, tirés des SS. Pères et d'autres auteurs ecclésiastiques, par M. de M...», Paris, Lambert Roulland. Le privilège est accordé pour six ans au Sieur de M., le 29 mars 1685, et concédé par l'auteur à Lambert Roulland. La page de titre de chacune des dix feuilles qui composent ce journal indique leur date de publication : samedi 7, 14, 21 et 28 avril ; 5, 12 et 19 mai ; 2 et 16 juin ; 28 juillet 1685 (au total, 124 p. in-4°). A partir de la seconde feuille, le Journal chrestien est également vendu chez Guillaume Deluyne, au Palais. Dans un Avertissement, M. annonçait qu'il laisserait «aux théologiens scolastiques toutes les questions de doctrine qui partagent leurs opinions». Il se proposait de faire «distribuer [son] ouvrage par cahiers toutes les semaines», suivant «l'usage établi pour les journaux de littérature». Il le destinait «aux personnes [...] engagées dans les affaires du siècle, mais encore aux religieux et aux ecclésiastiques». Conformément aux termes de cet Avertissement, le journal est composé de courts passages des «Pères de l'église». Ce recueil périodique n'eut aucun succès (N.B.G.).

Publications diverses

A. écrivit des Mémoires contenant ce qui s'est passé en France de plus considérable depuis 1608 jusqu'à 1636, Amsterdam, Moetjens, 1683, in-12, Paris, 1685, insérés dans les Mémoires particuliers pour servir à l'histoire de France, 1756, 4 vol. in-12 et dans la Collection des Mémoires de Michaud et Poujoulat. Cet ouvrage est aussi connu sous le nom de Mémoires de Gaston, duc d'Orléans ; d'après la B.Un. de Michaud, «les matériaux en avaient été fournis à Martignac, non par ce prince, comme on l'a répété souvent et sans preuve, mais par l'un des officiers de sa suite, qui y parle quelquefois à la première personne et comme témoin oculaire des faits qu'il rapporte». A. est aussi l'auteur des Entretiens sur les anciens auteurs, contenant en abrégé leur vie et le jugement de leurs ouvrages, avec plusieurs extraits de leurs écrits, Paris, G. de Luines, 1696, in-12, et d'Eloges historiques des évêques et archevêques de Paris qui ont gouverné cette église depuis environ un siècle, Paris, F. Muguet, 1698, in-4°, qui contient des éloges de Pierre, Henri et Jean-François de Gondi, du Cardinal de Retz, de Hardouin de Péréfixe et de François de Harlay. Auparavant, A. s'était surtout fait connaître par des traductions, généralement estimées, d'un grand nombre d'auteurs latins : il traduisit successivement trois comédies de Térence (L'Eunuque, L'Heautontimoroumenos et L'Hécyre, 1670, 1678 et 1700), les Oeuvres d'Horace, 1678, 2 vol. in-12 (et 1684, 1687), celles de Virgile, 1681, 3 vol. in-8° (et 1686), les Satires de Perse et de Juvénal, 1682, (et 1683). Il donna aussi une traduction de l'ouvrage De l'imitation de Jésus-Christ, 1685, in-8°, qui fit l'objet de 12 ou 15 éditions en quelques années (B.Un.), et des Oeuvres d'Ovide, Lyon, 1697, 9 vol. in-8°. D'après Moreri et la B.Un, il commença une traduction de la Bible.

Bibliographie

Moreri, Feller-Weiss, Desessarts t. IV, p. 306 ; B.Un., N.B.G, Cat.B.N. – Ars., ms. 4° H 8897. – B.M. Grenoble, F 4503. – Dezobry et Bachelet, Dictionnaire général de biographie et d'histoire, Paris, F. Tandou, 1863, t. II. – Champeval J.B., Dictionnaire des familles nobles de la Corrèze, Marseille, Laffitte, 1976, t. II. – Conlon P., Prélude au siècle des Lumières, Genève, Droz, 1975, t. VI (index). – Baillet A., Jugements des savants, 1722, t. III, p. 178. – Goujet, Bibliothèque française, t. IV, p. 429 ; t. V, p. 176, p. 192, p. 344-355 ; t. VI, p. 151. – Michault, Mélanges historiques et philologiques, Paris, N. Tilliard, 1754, t. II, p. 58.– Journal des savants du 28 novembre 1678

Auteur(s) de la notice


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