THEVENEAU DE MORANDE

Numéro

766

Prénom

Charles

Naissance

1741

Décès

1805

Charles Theveneau, Théveneau ou Thevenot de Morande est né à Arnay-le-Duc (Arnay-sur-Arroux), département de la Côte-d'Or, le 9 novembre 1741, fils de Louis Theveneau, notaire à Arnay et de Philiberte Belin. Il est mort à Arnay le 6 juillet 1805 (Albrier). Nous savons qu'il avait deux frères et une sœur. L'un de ses frères nous est bien connu grâce à sa correspondance avec Beaumarchais, dont il était le représentant en Amérique. C'est Lazare Jean Theveneau de Francy, marié à Philiberte Guichot, dame de Vergoncy, qu'il a épousée le 24 janvier 1784.

2. Formation

On ne sait pas grand-chose sur la formation de T. A l'occasion, l'on trouve dans ses lettres à Beaumarchais une référence à ses études scolaires. C'est ainsi qu'il se compare à son fils Georges, âgé de quinze ans. Il constate que l'on n'en fera pas «un Salluste» malgré les quatre années qu'il a passées dans un des premiers collèges de la France, le collège de Navarre. T. poursuit : «Je ne puis pas me citer souvent pour exemple mais voici une occasion. A son âge j'étais en logique et j'avais deux années de troisième» (P, t. II, p. 959). Et dans sa Réplique [...] à Jacques-Pierre Brissot, p. 7, il se vante ainsi : «j'apprendrai à M. Brissot que je fus aussi dans mes classes une espèce de prodige, et que je les avais finies à 17 ans».

3. Carrière

Le moins que l'on puisse dire de la carrière du jeune T., c'est qu'elle fut aussi variée que déréglée. La meilleure source pour cette première partie de sa vie est Robiquet, Theveneau de Morande et, surtout, la Réplique [...] à Jacques-Pierre Brissot. D'abord dragon dans le régiment de Beaufremont, T. se rend à Paris en mai 1764, où il tourne au mauvais garçon. Son père obtient une lettre de cachet et T. est mis à Saint-Lazare, puis à Armentières, où il passera, selon ses propres dires, en tout dix mois et dix-huit jours. Après de nouvelles fredaines, il quitte Paris pour se rendre en Angleterre, où il fait de très mauvaises connaissances. Il écrit quelques anecdotes scandaleuses concernant la Cour de France. «Ce ramas d'anecdotes», écrit-il, «fut conçu, écrit, copié, imprimé et publié en dix-sept jours » (p. 19). Telle est l'origine du Gazetier cuirassé (Londres, 1771). Ce n'est donc rien d'autre qu'un pamphlet ou, dixit T. (p. 20), «un enfant de la colère». Il ne s'attribue nullement le titre glorieux d'être « le précurseur de la Révolution». Un libelle en fit naître d'autres. Telle l'ode que T. écrivit contre le duc de La Vrillière et surtout les Mémoires secrets d'une femme publique, où Mme Du Barry était sa victime. Mais, proteste-t-il encore en 1791, s'il s'est adonné à ce genre de littérature, c'est uniquement par dépit de se voir expatrié. A la demande de Louis XV, Beaumarchais se rendit à Londres en mars 1774 pour supprimer ces Mémoires. Sa commission fut bien remplie. Dans une lettre à Sartine en date du 11 juin 1775, Beaumarchais écrit (P, t. I, p. 225-226) : «J'ai fait sentir ensuite à M. de Vergennes l'utilité d'accorder à T. aujourd'hui le remboursement des 2 mille £ de rente viagère sur 4 dont il jouit pour le sortir de la presse où ses créanciers l'ont mis. C'est, comme je vous l'ai dit, un braconnier dont j'ai fait un bon garde-chasse, et qui, dans bien des cas, est et sera fort utile aux intérêts du Roi. Priez S.M. d'y consentir : c'est une grâce fort légère que le rembour-sement d'un viager à un homme de 33 ans. Je me chargerai du remboursement, comme si c'étoit un service personnel que je lui rendisse, et que cela ne vint pas du ministère, afin de tenir toujours cet homme sous ma main, et que le ministère ne soit pas compromis en traitant directement avec lui». Le gouvernement français adopta ce projet et T. devint l'espion et l'agent personnel de Beaumarchais. A Londres, T. fréquente le milieu des hommes politiques et des journalistes. Ce sont là pour lui d'importantes années d'apprentissage avant de devenir en 1784 rédacteur en chef du Courier de l'Europe. D'après sa correspondance, T. a demeuré à Londres à 40 New Duke Street, Portman Square, Londres. Entre 1778 et 1783 il a habité à la campagne à Stanmore. En 1784, son adresse est : 8 Coventry Street, Londres. En août 1785 : 74 Great Queen Street, Lincoln's Inn Fields, Londres. En 1783, il aide la police française à supprimer des libelles en passe de paraître à Londres (voir Pelleport, Le Diable dans un bénitier). En récompense, Vergennes l'autorise à rentrer en France. Cependant, il n'y retournera qu'en mai 1791. Brissot fait valoir que T. a fait à Paris un séjour en prison en août 1792 (Mémoires, éd. C. Perroud, t. II, p. 243). Nos documents montrent que T. se trouve en Bourgogne en mars et en août 1792 (P, t. II, p. 1119 et p. 1124).

4. Situation de fortune

T. est toujours impécunieux, criblé de dettes et poursuivi par ses créanciers. Quoiqu'il en dise, ses libelles ont pour but de remédier à cette pénible situation. L'argent le tient dans la contrainte. Ses lettres empestent de demandes effrontées d'argent. Ce qui lie T. à Beaumarchais, c'est beaucoup moins le Courier de l'Europe que ce besoin d'argent. La vente du « pamphlet allégorique, satirique et licencieux » qu'est le Gazetier cuirassé lui rapporte 1000 guinées (M.S.). L'argent ainsi gagné l'incite à former le projet de vivre de libelles. Et, de Londres, il en vient à menacer un certain nombre de personnalités parisiennes et versaillaises «d'imprimer des anecdotes secrètes et scandaleuses sur leur compte», si elles n'acceptent pas la «rançon» imposée (ibid.). C'est ainsi qu'en 1774, il répand le prospectus des Mémoires secrets d'une femme publique (il s'agit de Mme Du Barry), dont il espère faire acheter l'édition par les parties intéressées : « 500 louis comptant et 4000 livres de pension sur sa tête réversible sur celle de sa femme et de son fils» (ibid.). La négociation est menée à bien par Beaumarchais que Louis XV envoie secrètement en mission (mars 1774) : T. reçoit, contre la destruction des 3000 exemp. des Mémoires, 20 000 francs comptant et une rente viagère de 4000 francs. A partir de 1781, T. est rémunéré par le gouvernement français pour services rendus. Il reçoit 24 000 £ par an jusqu'en 1787 où la somme est réduite de moitié (lettre de T. au comte de Montmorin, 18 juin 1788, A.A.E., C.P. Angleterre, t. 565, f° 289). Les affaires de T. continuent d'être fort embrouillées. Après sa fuite en Bourgogne, Beaumarchais intervient pour sauver sa famille de la détresse (P, t. II, p. 1163). T., toujours égal à lui-même, fait la sourde oreille, quand, après son exil, Beaumarchais réclame, en 1798, le remboursement des sommes qu'il lui avait avancées par le passé, heureux de l'obliger (P, t. II, p. 1196).

5. Opinions

Au cours des années finissantes du Courier de l'Europe, T. cherche à guider ses compatriotes de ses conseils, à leur dire ce qu'il appelle lui-même «de bonnes choses». Mais, écrit-il à Beaumarchais (6 févr. 1787, P, t. II, p. 960) : «helas! Cassandre prédit le mal et ne fit pas de bien j'ai bien peur que ce ne soit mon lot». En haut lieu, on finit par prendre T. au sérieux. C'est, si l'on veut, encore un exemple de la puissance de la presse. Le comte d'Adhémar, ambassadeur de France à la Cour de Londres, écrit à son chef hiérarchique, le comte de Montmorin, au printemps 1787 (P, t. II, p. 971) : «Je joins ici Monsieur le Comte une lettre du S. Morande dont je vous prie d'ordonner qu'il vous rende un compte exact dans l'espoir que vous voudrez bien prendre en considération les réclamations de ce Français, qui après avoir été écrivain libelliste sur le pavé de Londres, m'a marqué tant de remords et s'est si bien conduit envers son pays depuis que je suis en Angleterre, que j'ai crû devoir intercéder pour lui auprès de M. de Vergennes. Ce ministre lui avait rendu ses bontés. Il savait combien sans leur marquer de crainte, il est essentiel de ne pas aigrir ces sortes de gens qui par la facilité d'écrire peuvent faire du mal. Celui-ci qui s'est permis des horreurs sur des particuliers, n'a jamais employé sa plume contre la France, ni contre les objets de notre respect [...]. Cet homme qui est aujourd'hui le rédacteur du Courier de l'Europe peut un jour être utile à la France par son extrême activité et les relations multipliées qu'il a dans le pays».

6. Activités journalistiques

T. s'est acquis une fort mauvaise réputation par son trafic de libelles. Deux de ces libelles sont rédigés en forme de journaux, sans être véritablement périodiques :

Le Gazetier cuirassé, ou Anecdotes scandaleuses de la Cour de France, contenant des nouvelles politiques, apocryphes, secrètes, extraordinaires, imprimé à cent lieues de la Bastille, à l'Enseigne de la Liberté, [Londres], 1771,in-8°, VIII+175 p., numéros I-XII (D.P.1 484 ; exemp. dans les bibliothèques de Halle et de Leipzig) ; rééd., Londres, 1772,VIII+174 p. Le Gazetier cuirassé coûte à Londres une guinée (M.S.). La même année, T. publie deux «suites» sous l'adresse de Londres qui seront, dès 1771, présentées à la suite du Gazetier : Mélanges confus sur des matières fort claires, par l'auteur du « Gazetier cuirassé», «Imprimé sous le soleil», et Le Philosophe cynique, pour servir de suite aux «Anecdotes scandaleuses de la Cour de France», «Imprimé dans une Isle qui fait trembler la terre ferme».

La Gazette noire par un homme qui n'est pas blanc, ou Œuvres posthumes du Gazetier cuirassé, imprimé à cent lieues de la Bastille, [Londres], 1784, 292 p., in-8° (D.P.1 576 ; exemp. à la B.U. de Halle). Voir les M.S., t. XXVI, 11-17 oct. 1784 ; t. XXV, 3-23 avril 1785 ; t. XXIX, 30 mai 1785. [Renseignements transmis par R. Granderoute.]

On aurait cependant tort de ne voir en T. qu'un représentant de la racaille française qui fréquentait Londres au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il s'est familiarisé avec la presse anglaise et il a même envoyé des articles aux journaux anglais. La création en 1776 d'un journal londonien rédigé en français -le Courier de l'Europe- a éveillé son intérêt et ses aspirations. Et c'est dans le Courier qu'il a donné sa mesure comme journaliste. Il a été le rédacteur en chef de ce journal entre 1784 et 1791. Avant 1784, sa contribution officielle au journal se limite à une lettre signée, publiée le 17 février 1778 (t. III, p. 112 ; P, t. I, p. 459-460). Grâce aux premiers numéros du Courier de l'Europe, on peut suivre sa querelle avec «Mademoiselle d'Eon». Le journal insère même, dans son numéro du 27 août 1776, un article de sa façon. Dans une lettre datée du 28 avril 1788 et adressée au comte de Montmorin, ministre des Affaires étrangères, T. précise ainsi sa coopération d'avant 1784 au Courier : «Pendant la guerre je m'étais assuré et j'avais à ma solde un des coopérateurs du Courier de l'Europe, qui insérait dans cette feuille au moins une fois par semaine les articles que je lui dictais. Ces articles que j'envoyais d'abord aux gazettes anglaises, traduits ensuite par moi, et rapportés dans la forme dont j'étais convenu avec M. Baudouin [des Affaires étrangères] dans le Courier de l'Europe le tenaient toujours au courant des événemens journaliers qui pouvaient être mandés de cette manière» (P, t. II, p. 1010). A Londres, T. était pendant la guerre franco-anglaise espion et agent secret, rémunéré entre autres par le gouvernement français.

Il n'arrive certainement pas souvent qu'on puisse lire un journal du XVIIIe siècle avec les marginalia du rédacteur. Or il convient de considérer une partie de la correspondance de T. avec Beaumarchais et avec des représentants du gouvernement français comme autant de notes marginales. Elles nous donnent la clé d'un certain nombre des articles que publie sa gazette. Elles nous révèlent aussi comment travaillait un homme habile et sans scrupules, en quête d'informations à glisser dans son journal, au profit de ses commettants. Le 16 avril 1784, T. écrit ainsi à Beaumarchais (P, t. II, p. 812) : «Vous pouvez actuellement me dire votre opinion sur le Courier avec connaissance de cause. Comment le trouvez vous en général ? Qu'y trouvez vous de répréhensible ? Je ne fais pas tout mais cependant je repasse tout ce qui entre dans sa confusion, et choisis les articles qui le composent». Beaumarchais, l'éminence grise du journal, trouve que T. a sa part à la baisse du journal. T. lui répond le 4 août 1785 (P, t. II, p. 910-912) : «Vous me dites que le Courier a été trouvé négligé : - mettez vous à ma place : rédacteur, traducteur, correcteur, prête ! à peine ai je le tems de prendre mes repas quatre jours de la semaine».

T. n'a pas oublié ses vieux artifices de libelliste. Aussi met-il son journal au service de ses propres rancunes et animosités. Il tombe ainsi sur le dos de ses collègues Linguet et Brissot. Il est venimeux dans ses attaques contre l'ex-ministre Calonne et Cagliostro, réfugiés en Angleterre. Il épouse, sans y être encouragé, les querelles de Beaumarchais dans les affaires Mirabeau et Kornman-Bergasse. Selon Brissot, il se vante même de pouvoir détruire en une heure une réputation de 50 ans (Réplique de Brissot, p. 28).

Dans une lettre au comte de Montmorin en date du 2 juin 1787 (P, t. II, p. 977), T. écrit : «Je regarde donc, Monseigneur, le Courier, et vous passerez aisément cette expression à l'auteur, comme un feu sacré que mon patriotisme a voulu empêcher de s'éteindre, et que je me plais à entretenir». Même s'il rend service au gouvernement français, T. est soumis à la censure de l'abbé Aubert, qui l'exaspère : « L'abbé Aubert !... bon dieu l'abbé Aubert ! S'il continue à être censeur le Courier est flambé » (lettre à Beaumarchais, 23 mars 1786, ms. de la famille de Beaumarchais ; P, 1.1, p. 154). A partir de février 1788, le Courier de l'Europe s'imprime uniquement à Londres (D.P.1 268, p. 291), mais l'édition destinée à l'Angleterre porte désormais le nom de Courier de Londres (D.P.1 278) ; l'avis initial souligne toutefois que «la rédaction de cette Feuille n'a pas changé de main» (P, 1.1, p. 156).

Passons maintenant à une activité journalistique bien autrement importante. Ce n'est pas pour rien que T. a passé 18 ans en Angleterre. Il a acquis une connaissance impressionnante des affaires du temps et il met son expérience politique au service de ses lecteurs. Il se rend au Parlement, où, dit-il, «j'ai souvent des facilités de me glisser quoique les séances soient commencées. S'il s'y passe quelque chose d'important, je le saurai quand je n'entrerais pas, en allant à la buvette des membres» (lettre au comte de Montmorin, 16 déc. 1788, A.A.E., CP. Angleterre, t. 567, f° 292). Décrire en détail les institutions politiques anglaises, c'est, aux yeux de T., une de ses tâches les plus importantes, mais surtout dans la mesure où elles peuvent servir de modèles à la France en quête de réformes. Ses leçons en matière politique et constitutionnelle, il les donne dans deux séries d'articles intitulés Lettres d'un voyageur et Observations d'un citoyen. Il se prononce ainsi sur le commerce, la douane, les patentes, les manufactures, les machines, les lois anglaises, la traite des nègres, l'état politique de l'Europe, la cour plénière, les Etats généraux, la constitution française, le gouvernement monarchique, les prérogatives du roi, les assemblées provinciales, la responsabilité des ministres, les lois constitutionnelles, les droits de l'homme, etc. Sujets, en somme, de grande actualité. Mais il y a ici une différence notable par rapport à ce qu'il avait jusque là confié à son journal : T. se prononce maintenant sur les importants problèmes à l'origine de la fermentation générale des esprits qui règne en France depuis 1787. Avant de publier ses articles politiques, il prend soin de les montrer à l'ambassadeur de France à Londres pour avoir son approbation.

En Angleterre, T. a joué, comme pédagogue en matière politique, le grand rôle de sa vie. En 1791, à Paris, il pourra étudier sur place cette Révolution qui l'avait exalté malgré son royalisme et confier ses réflexions à un nouveau journal de sa façon, L'Argus patriote (9 juin 1791 - 31 mai 1792).

7. Publications diverses

Les différentes sources bibliographiques (Q. ; Cior 18 ; N.B.G. ; P. Larousse et d'autres encore) attribuent à T. seul ou en collaboration avec d'autres la paternité de plusieurs ouvrages scandaleux, sans nous en apporter pour autant les preuves décisives. Parmi ces productions, on notera : Le Philosophe cynique, Londres, 1771, in-8°. – Mélanges confus sur des matières fort claires, Londres, s.d. (1771 ou 1772). Remarques historiques sur le château de la Bastille, Londres, 1772. Ces trois écrits, avec l'Inquisition de France (s.d) auraient été réédités à la suite de l'éd. de 1777 du Gazetier cuirassé, selon Franklin (N.B.G.). Mémoires secrets d'une femme publique, Londres, 1774 : d'Eon et Beaumarchais obtinrent la fin du chantage et la destruction des exemplaires. – Histoire d'un pou français, Londres, 1781. – Vie privée de Très Sérénissime Prince Mgr le Duc de Chartres, Londres, 1784. – P. Larousse attribue à T. Le Diable dans un bénitier, qui est d'Anne-Gédéon La Fite de Pelleport (Le Diable dans un bénitier et la métamorphose du Gazetier cuirassé en mouche, ou Tentative du sieur Receveur, Londres, 1784 selon l'exemp. de la B.U. de Halle). [Renseignements transmis par R. Granderoute.]

8. Bibliographie

Q. ; Cior 18 ; N.B.G. ; M.S. – T., Réplique de Charles Theveneau de Morande à Jacques-Pierre Brissot, sur les erreurs, les oublies, les infidélités, et les calomnies de sa Réponse, Paris, 1791, 109 p. – Brissot, Réplique de J.P. Brissot, à Charles Theveneau de Morande, Paris, 1791. – Id., Mémoires, éd. C Perroud, Paris, s.d. [1912], 2 vol. – Albrier A., «Variétés bibliographiques, Charles Theveneau de Morande», Bulletin du Bouquiniste, 15 déc. 1875, p. 579-581. – Robiquet P., Theveneau de Morande, Paris, 1882. – (P) Proschwitz G. et M. von, Beaumarchais et le Courier de l'Europe : documents inédits ou peu connus, S.V.E.C. 273-274,1990 avec bibliographie de T. Voir également la notice de R. Granderoute et P. Manceron dans le Supplément IV au Dictionnaire des journalistes.

9. Additif

Bibliographie: Simon Burrows, A King's ransom: the life of Charles Théveneau de Morande, blackmailer, scandalmonger and master-spy, Londres, Continuum, 2010.

LAUNAY

Numéro

465

Prénom

Louis

Naissance

?

Décès

1782

D'après un «Extrait des Registres Mortuaires de l'Eglise Royale Et Paroissiale de Saint Paul, à Paris, pour l'année mil sept cent quatre-vingt-deux» : «Le Vendredi vingt Septembre est décédé au château de la Bastille, Loüis Claude César Delaunay âgé d'Environ quarante cinq ans et le mesme jour a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse». Louis de Launay est mort dans son lit à la suite d'une hémorragie. (Ars. ms. Bastille 12453, année 1782, f° 68, 66)

2. Formation

Dans une lettre conservée (ibid. f° 63) L. se présente lui-même ainsi : «Le Chevalier De Launay, Docteur en Médecine, Censeur Royal en la Chancelerie de France, Et Membre de plusieurs academies de Sciences et Belles-lettres.» Cette lettre est adressée «A Monsieur le Bourgemaitre de Middelbourg pour l'année 1781». Il est docteur en médecine de la faculté d'Avignon.

3. Carrière

En février 1780, L. avait rencontré l'Ecossais Samuel Swinton, propriétaire du Courier de l'Europe et du Courier du Nord. L. avait accepté de travailler pour lui comme rédacteur du Courier du Nord à Maastricht pendant six mois, le temps nécessaire pour savoir si ce journal réussirait à avoir 800 abonnés, nombre indispensable pour couvrir les dépenses courantes. L. devait passer près de neuf mois dans cette ville, où, sur l'invitation de Swinton, il avait dû changer de nom ; il s'appelait de Bernizay. Le titre de son journal est changé en Gazette anglo-françoise ou en Gazette anglo-françoise américaine (D.P.1 536). Dans une lettre datée du 29 septembre 1780 (ms. de la Bastille 12453), Swinton informe son rédacteur que son journal sera interrompu à partir du 3 octobre. Après cette date les abonnés de la gazette devaient recevoir, en échange, le Courier de l'Europe par la poste de Londres. On ne voulut cependant pas de lui, un catholique.

Avant de regagner Paris, L. passa par Amsterdam, où il se lia avec des libellistes, ce qui lui valut de finir ses jours à la Bastille. On trouve dans la Bastille dévoilée les renseignements suivants : «Ce papier [la Gazette anglo-américaine] s'imprimoit à Maestricht pour le compte d'un Anglois. Une querelle élevée entre eux causa sa perte : il passa à Amsterdam où il se lia avec les auteurs des libelles tant recherchés par le Receveur, qui en 1781, y fut envoyé secrètement par le lieutenant de police. Le duc de La Vauguyon requit le magistrat d'Amsterdam, qui prêta sur le champ main-forte à l'inspecteur de police ; il se rendit chez les imprimeurs, tira d'eux les noms des gens qui envoyoient les ouvrages, vint les enlever à Bruxelles, partit dans l'instant pour Paris et y arrêta [...] De Launay» (t. I, p. 55-57, repris par Funck-Brentano dans Les Lettres de cachet...).

4. Situation de fortune

Si L. a accepté de quitter Paris pour se charger à Maastricht du journal de Swinton, c'est parce qu'il se trouvait dans une situation critique : il était sans ressources. L'avarice et la rusticité de Swinton lui firent connaître de rudes épreuves. A Maastricht, il gagnait seulement 1800 francs par an.

5. Opinions

La collaboration entre le propriétaire de la feuille et son rédacteur se révéla vite très problématique. Aux yeux de L., Swinton est «un marin ignare et rustre [...] qui veut, ligne par ligne, diriger la marche de votre plume» (Proschwitz, t. I, p. 101).

6. Activités journalistiques

L. avait une rude besogne à abattre. Le journal comportait quatre feuilles grand-in 4° par semaine. L. était lui seul chargé de la rédaction, de la refonte des mauvaises traductions, de la correction et révision des épreuves. Il devait souvent travailler toute la nuit, car les postes n'arrivaient à Maastricht que le soir. Il fallait en plus donner la gazette au public le lendemain matin. Il s'agissait pour la gazette de ne pas être en retard sur ses concurrents, les gazettes de Cologne, de Leyde, d'Utrecht et d'Amsterdam. Toutes ces feuilles avaient en commun les mêmes nouvelles à la main livrées par le même correspondant à Paris. Le travail rédactionnel nocturne coûtait cher au rédacteur. Il se plaint d'avoir été obligé de brûler de la chandelle et d'avoir du feu toutes les nuits.

Quand Swinton décide de fermer boutique à Maastricht, L. veut continuer d'éditer le journal pour son propre compte sous le nom de Courier de la Meuse (cf. A.J. Havé, L'Homme-sans-façon ou Lettres d'un voyageur allant de Paris à Spa, s.l., 1786, p. 53). Sans ressources, L. ne peut donner suite à son projet. Il tenta en vain d'être agrégé au collège de médecine de Middelbourg.

7. Publications diverses

A l'Arsenal, on trouve réunie la principale documentation relative à L. Il y est conservé «Esther / Tragedie lyrique / Par / Mr Le Ch. Delaunay / Ecuyer censeur royal» et «Français chez les Hurons, 1780 ou La Vertu de La Baguette / Comédie en Deux actes / melée d'ariettes / Par Le Chevalier De Launay / Censeur Royal» (ms. 6798).

8. Bibliographie

Voir Proschwitz G. & M. von, Beaumarchais et le Courier de l'Europe. Documents inédits ou peu connus, S.V.E.C. 273-274, 1990.

BEAUMARCHAIS

Numéro

051

Prénom

Pierre Caron de

Naissance

1732

Décès

1799

6. Activités journalistiques

Beaumarchais, homme d'action s'il en fut, s'est tôt rendu compte de tous les services qu'un journal pouvait rendre tant à l'homme privé qu'à l'Etat. Impliqué dans de nombreux procès, il voulait qu'on sache urbi et orbi qu'il en était sorti vainqueur. Il tenait à cette publicité, même si les journaux –cette arme à double tranchant– s'étaient donné des libertés sur son compte. Il écrit : «il est bien juste que la mesme voie me serve en bien, comme elle m'a nui en grand mal par le passé» (lettre au comte de Vergennes, 11 septembre 1776, P, t. I, p. 327). Ce n'est pas qu'on puisse trouver grand nombre d'articles de journaux signés Beaumarchais, mais il n'en a pas moins joué, au cours d'un certain nombre d'années, un rôle de tout premier ordre pour un journal publié en français à Londres, le Courier de l'Europe (1776-1792). B. a en effet été l'éminence grise de cette feuille, qui, on le sait, a eu une importance politique exceptionnelle. B. a su rendre ce journal bien utile à la France, comme il l'avait promis dès 1776 au ministre des Affaires étrangères, le comte de Vergennes (lettre du 8 septembre 1776, P, t. I, p. 323). Le journal devient une arme politique. Aussi jette-t-il une nouvelle lumière sur les relations politiques anglo-françaises au cours de la guerre d'Indépendance de l'Amérique. Pour cette époque, le Courier de l'Europe est une source historique capitale, comme l'est d'ailleurs aussi le rôle politique tenu par B. tant à travers ce journal qu'à titre d'agent politique. Avec une fierté légitime, B. peut écrire, le 14 juillet 1783, à Messieurs les Président et honorables Membres du Congrès général des Treize Etats-Unis (P, t. II, p. 754) : «Un seul papier public était propre à donner librement à nos Français de justes notions de vos droits, et des torts envers vous de la vieille Angleterre, c'était le Courier de l'Europe ; ce fut moi, Messieurs, qui sollicitai, qui obtins son admission en France, à laquelle on voyait de grandes difficultés. Ce fut moi, qui composai les premiers articles qu'on y lut en faveur de votre cause, et qui en établis la justice sur des principes adoptés depuis, par tous les gens sensez de l'Europe.»

Ses contemporains, déjà, voyaient dans le Courier de l'Europe l'organe de B. C'était surtout vrai pour les années 1784-1791, période où Theveneau de Morande était le rédacteur en chef du Courier. Grâce à la correspondance de B. et surtout aux nombreuses lettres que lui adressa Morande, nous sommes dans l'unique position de pouvoir suivre de près la vie de ce journal, de déterminer l'influence de B. sur Morande, dans quelle mesure le rédacteur suit ses conseils, est sensible à sa critique et à ses réprimandes. On en mesure facilement l'importance, car nul autre journal du XVIIIesiècle, autant que l'on sache, ne nous livre ainsi ses secrets. B. n'avait pas toujours lieu de se louer de ses rapports avec Morande. Certains articles dus à la plume de cet ancien libelliste étaient de nature à l'exaspérer. Il le blâme ainsi dans une lettre datée du 11 mars 1789 (P, t. II, p. 1040) : «vous faites un tres funeste usage pour vos ressentimens particuliers du papier public qui vous est confié. Si vous saviez combien la malignité meme la plus acharnée vous blame, en riant de vos coups de poignard, vous regreteriez bien de faire un pareil rôle!» B. n'a pas dû être trop content de voir des journaux français lui attribuer des articles sortis directement de la boutique de Morande (cf. M.S., 14 avril 1785, t. XXVIII, p. 305). L'expérience vécue avec Morande et avec le Courier de l'Europe a fortement marqué B. et son oeuvre. Grâce au Courier et aux journaux anglais, il voit l'importance d'une presse libre. Il parle en faveur de la liberté de la presse, inconnue en France avant la Révolution française. Dans une lettre à Pierre Charles Louis Baudin des Ardennes, l'un des rédacteurs de la constitution française de l'an IV, il caractérise ainsi cette liberté : «la liberté de la presse, ce grand Palladium de toute bonne institution humaine» (17 septembre 1796, P, t. II, p. 1169). Le terme Palladium nous a retenu. Directement ou indirectement, B. s'est inspiré d'une phrase de Junius, l'énigmatique écrivain politique anglais. Junius a en effet écrit, en 1772 : «The liberty of the press is the Palladium of all the civil, political and religious rights of an Englishman». Et B. pouvait le répéter à son tour en pleine connaissance de cause. Que n'avait-il pas eu à endurer avec Le Mariage de Figaro, cette comédie ballottée entre ses censeurs et serrée comme dans un étau dans les mains de Louis XVI ? Morande avait aussi fait venir de l'eau au moulin de B., qui n'avait certainement pas oublié ses jérémiades sur la censure du Courier perpétrée par l'abbé Aubert. N'avait-on pas aussi, en haut lieu, retenu la plume de B. quand, en 1779, il voulut riposter à Gibbon et confier au Courier de l'Europe son vigoureux plaidoyer Observations sur le Mémoire justificatif de la Cour de Londres ? (voir P, t. I, p. 93-99.)

Déterminer l'apport exact de B. au Courier n'est pas chose aisée. Il y a bien entendu d'abord les lettres dûment signées par lui, dont une partie a été déjà signalée par B.N. Morton. Nous en ajouterons quelques-unes, mais il y a aussi des articles anonymes. Là, les doutes sur la paternité subsistent toujours. A propos de quelques-uns de ces derniers, on est enclin à les mettre sur le compte de B.. Pour d'autres encore, les preuves manifestes font cependant défaut, mais certains indices sont là pour éveiller nos soupçons. On aura vu plus haut que B. parle des articles par lui composés en faveur de la cause américaine et insérés dans le Courier. Ce sont là malheureusement des articles non signés. Les repérer et déterminer par une démonstration irréfutable qu'ils sont bien de lui, c'est une tout autre affaire. Inutile de s'engager ici sur cette voie. Disons simplement que nous rangeons les articles mentionnés ci-après parmi les articles anonymes susceptibles d'être de sa façon : Courier de l'Europe, 17 septembre 1776, n° 24 (P, t. I, p. 328-329) ; 15 octobre 1776, n° 32 (P, t. I, p. 21) ; 14 janvier 1777, t. I, p. 174 (P, t. I, p. 37-38) ; 29 juillet 1777, t. II, p. 130 (P, t. I, p. 407) ; 7 avril 1778, t. III, p. 219 (P, t. I, p. 62).

En pleine guerre franco-anglaise, B. s'attelle à une entreprise énorme : il décide d'éditer tout Voltaire avec sa correspondance. Cette édition dite de Kehl devait comporter 70 volumes. Il fallait s'adresser aux journaux pour tenir le grand public informé de cette édition. Là, les premières difficultés s'annoncent : à une certaine époque, aucun journal imprimé en France n'avait la permission de parler de l'entreprise de Kehl (lettre à Le Tellier, 15 janvier 1784 ; P, t. II, p. 772-773). Le Courier, seul, peut en parler. Dans cette feuille on trouvera ainsi sur l'édition de Kehl une riche documentation écrite, remaniée ou approuvée par B.. En voici la liste : Courier de l'Europe, 28 janvier 1780, VII, p. 63-64 (P, t. I, p. 568-569) ; 7 juillet 1780, VIII, p. 15-16 (P, t. I, p. 601-602) ; 27 février 1781, IX, p. 129 (P, t. II, p. 647) ; 29 juin 1781, IX, p. 411 (P, t. II, p. 663) ; 29 octobre 1782, XII, p. 280 (P, t. II, p. 721) ; 11 septembre 1783, XIV, p. 31-32 (P, t. II, p. 748-750) ; 17 décembre 1784, XVI, p. 390-391 (P, t. II, p. 861-864) ; 1er juin 1787, XXI, p. 370 (P, t. II, p. 974-975) ; 17 décembre 1790, XXVII, p. 392 (P, t. II, p. 1101-1102).

Voici encore un texte anonyme qu'il faut nécessairement attribuer à Beaumarchais. Un document important relatif au Mariage de Figaro est imprimé dans le Courier en date du 9 juillet 1784, XVI, p. 18-19 (P, t. II, p. 837-839). Il fait partie des nouvelles de Paris. C'est le véritable plan du Mariage de Figaro. Parmi les manuscrits de la famille de B. figure un document fatigué et plein de ratures, intitulé «Programme du Mariage de Figaro» (P, t. II, p. 798-800). D'un bout à l'autre, ce document est écrit de la main de Beaumarchais. C'est de toute évidence l'ébauche originale du canevas de la pièce publié par le Courier de l'Europe. B. aura remanié ce texte. Morande publia, en effet, un texte plus concentré, stylistiquement aussi plus heureux que la première ébauche (voir P, t. I, p. 141-142).

On est tenté d'attribuer à B. la paternité de trois autres textes anonymes. Il s'agit d'abord d'un important article consacré à son ami, le comte d'Estaing et qui le défend galamment contre ses détracteurs dans le Courier du 12 et du 16 juin 1778, III, p. 374-375 et 381-382 (P, t. I, p. 491-493 et 495-498 ; voir aussi P, p. 87). Le second article nous présente les lettres de Voltaire à l'abbé Moussinot et figure dans le journal sous la date du 22 juin 1781, IX, p. 403 (P, t. II, p. 661-663 ; voir aussi ibid., t. I, p. 1). Le troisième texte porte sur Salieri. Sa musique a fait l'objet d'une critique hostile dans le Courier contre laquelle se dresse le pseudonyme «Un Amateur» (B. ?) dans l'article inséré dans le même journal sous la date du 9 février 1787, XXI, p. 98-99 (P, t. II, p. 962-963).

Pour finir cette partie consacrée au Courier de l'Europe, nous donnerons ci-après la liste des documents insérés dans cette feuille et signés par B. : 25 février 1777, I, p. 273 (P, t. I, p. 368) ; 3 février 1778, III, p. 74-75 (ibid., p. 450-453) ; 16 mars 1779, V, p. 174-175 (ibid., p. 519-523) ; 24 septembre 1779, VI, p. 193 (ibid., p. 545-547) ; 27 février 1781, IX, p. 130-131 (ibid., t. II, p. 647-649) ; 5 avril 1785, XVII, p. 214 (ibid., t. II, p. 882-884) ; 6 mai 1791, XXIX, p. 287-288 (ibid., t. II, p. 1104) ; 11 décembre 1792, XXXII, p. 375 (ibid., t. II, p. 1133-1134).

Après 1792, le Courier de l'Europe change de titre et devient Courier de Londres. Le premier numéro de ce journal est daté du 1er janvier 1793. Il contient une lettre en date du 29 décembre 1792 que B. adresse aux Anglais, XXXIII, p. 6 (P, t. II, p. 1138-1140). Le même journal publie encore deux textes de B. : une lettre publiée le 4 janvier 1793, XXXIII, p. 19-20 (P, t. II, p. 1140) et un extrait de la première version de sa Pétition à la Convention Nationale, 15 janvier 1793, XXXIII, p. 45-46 (P, t. II, p. 1141-1144).

Dans le Journal de Paris, on trouve un certain nombre de lettres que B. a adressées à cette feuille. La plus importante en est sans doute celle où, dans un élan rhétorique, il dit qu'il a «du vaincre lions et tigres» pour faire jouer Le Mariage de Figaro. La lettre est datée du 2 mars 1785 et reproduite dans le journal le 7 mars, p. 272-273. Elle lui valut de passer quatre nuits à Saint Lazare sur l'ordre de Louis XVI.

Voici la liste des autres lettres de B. publiées par le Journal de Paris : 3 juin 1780 (P, t. I, p. 590-591) ; 14 mai 1784 ; 4 et 12 août 1784 ; 13 février 1785 ; 12 août 1785 ; 12 et 19 avril 1799.

Lors d'un de ses séjours en Angleterre, B. adressa à «M. l'Editeur du Chronique Matin» une lettre écrite en français et datée du 1er mai 1776. Il l'intitule «Gaité de moi Beaumarchais, faite à Londres, le 1er Mai 1776, pendant que j'étais proscrit de France, après mon procès Goezmann». Il nous a été impossible de retrouver le numéro du journal londonien The Morning Chronicle du 6 mai 1776, cité par Brian N. Morton dans la première édition du présent ouvrage. D'autre part le texte intégral de la lettre de B. se trouve dans P, t. I, p. 268-273.

Le 4 novembre 1797 (14 Brumaire an 6), B. adressa une lettre au propriétaire du Bien Informé (P, t. II, p. 1182-1183).

Le Moniteur universel renferme deux lettres écrites par Beaumarchais. La première, datée du 5 juillet 1791, est publiée le 12 juillet (P, t. II, p. 1086-1087). La seconde lettre, datée du 30 août 1792, paraît le 1er septembre dans une version censurée (P, t. II, p. 1126-1127).

Mercure de France, décembre 1753 ; février 1754 ; mai 1754 ; juillet 1755.

8. Bibliographie

D.J. (notice de Brian M. Morton). – Morton B.N. et Spinelli D.C., Beaumarchais : a Bibliography, Ann Arbor, 1988. – Voir la bibliographie générale de B. dans : (P) Proschwitz, G. et M. von, Beaumarchais et le Courier de l'Europe. Documents inédits ou peu connus, S.V.E.C. 273-274, 1990.