LA BELLONIE

Numéro

431

Prénom

François

Naissance

1720

Décès

1750

François Etienne Labellonie, ou La Belonie, est né à Vichy le 20 septembre 1720 ; il était le septième enfant de François Labelonie, garde-visiteur puis marchand regrattier et greffier à la Ferme Royale des Traites de Vichy (mort en 1746) et de Magdeleine Faulconnet, fille du notaire royal de Vichy (née en 1688). François Etienne Labellonie est mort à l'hôpital d'Avignon le 4 janvier 1750 (Sibertin-Blanc). Pseudonyme : Falconnet de La Bellonie.

2. Formation

Il fit probablement ses premières études probablement à Clermont ou à Moulins, fut Jésuite huit ou neuf ans (B.N., f.fr. 22158), et camarade du P. Berthier.

3. Carrière

Il séjourna certainement à Bourges et à La Flèche (Sibertin-Blanc) mais surtout à Paris au collège Louis-le-Grand. Il arriva dans le Comtat Venaissin au début de 1748 et séjourna environ quinze mois à Carpentras où il fut protégé par Mgr. d'Inguimbert. Celui-ci l'aurait fait renoncer, moyennant une pension, à la profession de maître de danse qu'il aurait exercée quelque temps (Barjavel). On ne connaît pas la date de son départ, mais il fut admis à l'hôpital d'Avignon le 2 janvier 1750 (Archives de l'hôpital d'Avignon, F 9).

6. Activités journalistiques

Essai sur l'histoire de la littérature et de l'esprit humain, Carpentras, impr. G. Quenin, en vente à Avignon chez Alexandre Giroud : publication régulière toutes les semaines du 14 juin au 12 décembre 1748 (au moins), soit au total 26 livraisons. L. avait pris pour modèle les Mémoires de Trévoux, et dédié son ouvrage à Lady Montagu, qui séjourna à Avignon de 1742 à 1746.

Il «travailla au Courrier d'Avignon après que l'abbé de La Baume eût quitté cet ouvrage» (f.fr. 22158). Selon la même source, L. aurait habité successivement Avignon puis Carpentras, donc travaillé au Courrier peut-être avant 1748.

7. Publications diverses

La Psycantropie ou Nouvelle Théorie de l'homme, Avignon, Louis Chambeau, 1748, 3 vol. dédiés à Mgr. d'Inguimbert et signés F.F.L.B. ; rééd. sous le titre : Nouvelle Théorie de l'homme, à Paris chez David Jeune, 1753.

8. Bibliographie

B.N., f.fr. 22158, f° 157. – Barjavel R., Dictionnaire historique […] de Vaucluse, Carpentras, 1841. – Sibertin-Blanc C., «Un curieux protégé de Mgr. d'Inguimbert : l'ex-jésuite F.E. Labelonie», dans Provence historique, t. IV, fasc. 17, juil.-sept. 1954 et t. V, fasc. 19, janv.-mars 1955 ; rééimpr. à Vaison-La-Romaine en 1955. – Id., «Un lointain précurseur de Rencontres : le premier périodique littéraire imprimé à Carpentras», Rencontres, n° 28-29, avril et mai 1961.

9. Additif

État-civil: Deux textes permettent de compléter les principaux éléments de la biographie de F., l’un de Fréron, l’autre d’un jésuite d’Avignon.

Lettre de Fréron à d’Hémery, du 21 juillet 1753 (dans Le Dossier Fréron, par Jean Balcou, p. 81) : « Le livre intitulé Nouvelle Théorie de l’homme, ou Spectacle des esprits, des caractères et des vertus en trois volumes imprimés en Avignon, est d’un nommé Falconnet de la Bellonie, qui est mort avant trente ans il y a trois ans. Il avoit été Jésuite huit ou neuf ans ; il se retira à Avignon, où il travailla au Courier d’Avignon, après que l’abbé de la Baume eut quitté cet ouvrage pour travailler à son poème épique en prose que Lambert imprime actuellement. La Bellonie quitta aussi le Courier d’Avignon, et alla s’établir à Carpentras, où il fit des feuilles périodiques sous le titre de Essai sur l’histoire de la littérature et de l’esprit humain ; il y en a deux volumes in 12. Cela ne vaut pas grand chose. La Bellonie est mort à l’hôpital ».

Note manuscrite en tête de l’Essai sur l’histoire de la littérature (ex. de Lyon) : « Le Sieur Falconnet de la Bellonie, ex-jésuite de la province de Paris, cherchant du pain, s’avisa de s’ériger en auteur. Il débuta par un ouvrage physico-mathématique et de plus moral. C’est une misère. Il alla se giter à Carpentras. Le produit de ses feuilles le fit vivre pendant une 15[zaine] de mois. La maladie suspendit ses travaux et son gain. Il se rendit à Avignon, où il se vit bientôt au bout de ses finances ; et sa maladie ayant empiré, on le posta à l’hôpital. Il y mourut dans de grands sentiments de piété, et avec des regrets infinis de s’être jeté dans une misère extrême, en manquant à la grâce de sa vocation. Nos jésuites d’Avignon le servirent dans sa dernière maladie avec beaucoup de charité ». (J.S.)

LA BARRE

Numéro

428

Prénom

Louis de

Naissance

1688

Décès

1738

Louis François Joseph de La Barre est né à Tournai le 9 mars 1688 (acte de baptême). Sa famille était originaire d'Artois, établie à Tournai depuis trois générations. Son père, Paul Joseph de La Barre, conseiller référendaire en la chancellerie de Flandre fut, pendant une douzaine d'années, avocat au conseil provincial de Hainaut. De son mariage avec Jeanne Marguerite Hayet, fille d'un marchand de Valenciennes, Paul Joseph eut trois fils dont Louis François Joseph est l'aîné. Il eut pour demi-frère utérin Antoine La Barre de Beaumarchais (voir ce nom).

2. Formation

Il fit ses études au collège Sainte-Barbe, en qualité de boursier, puis dans une communauté fondée par Gilot et dirigée par Durieux. En 1727, il devient membre associé de l'Académie des Inscriptions.

3. Carrière

Il vint à Paris vers 1701 et y résida jusqu'à sa mort, à l'exception d'un séjour de six mois à Valenciennes (B.N., f.fr. 24412, f° 179).

4. Situation de fortune

Son père s'étant ruiné, L. dut solliciter une bourse pour faire ses études ; il reçut quelque temps une pension du Grand Duc de Florence. Il mourut pauvre (B.V. Avignon, ms. 2375, f° 214 et ms. 2372, f° 242 ; B.V. Nîmes, ms. 153, f° 167).

5. Opinions

«Les bénédictins de Saint-Germain des Prés avaient eu longtemps beaucoup de soin de lui» (f.fr. 24411, f° 313).

6. Activités journalistiques

La Barre fut un des principaux rédacteurs du Journal de Verdun de 1727 à 1738 (Eloge ; Goujet, f.fr. 24411, f° 313). C'était un «travailleur infatigable» (B.V. Nîmes, ms. 153, f° 167), «pauvre, sourd, et par surcroit marié» (B.V. Avignon, fonds Mazaugues, ms. 2372, f° 242) et «le premier correcteur d'imprimerie d'Europe» (B.V. Avignon, ms. 2375, f° 214).

7. Publications diverses

En qualité de correcteur et d'éditeur, L. a participé à l'élaboration de plusieurs grands ouvrages (B.V. Avignon, ms. 2375. f° 214), en particulier : Imperium orientale (Paris, 1711, 2 vol. in-folio). – Numismata imperiorum romanorum de Banduri (Paris, 1718, 2 vol. in-folio) ; ce travail lui valut la reconnaissance du Grand Duc de Toscane. – Ed. de 1725 du Grand Dictionnaire historique de Moreri, en collaboration avec Le Clerc, supérieur du séminaire Saint-Irénée de Lyon. – Spicilegium d'Achery (1655-1677). – Vetera analecta de Mabillon (1675-1685). – L. avait lui-même entrepris un dictionnaire des antiquités grecques et latines et une traduction d'Hérodote. – Selon des renseignements fournis par Goujet à Lelong, L. aurait rédigé les quatre premiers volumes de l'Histoire de la ville de Paris (Paris, 1735, 5 vol.) et Desfontaines le dernier ; selon la même source, L. aurait mis à jour le tome V du Dictionnaire de Moreri (Lelong, n° 34532). – On doit enfin à L. des Mémoires sur les divisions des Gaules, Rotterdam [Rouen], 1733-1738, 9 vol.

Le bruit courut, en juillet-août 1738, qu'il était l'auteur de l'Almanach du diable de 1738, et qu'il était à la Bastille, où il serait mort en août (lettre de Bonardi à Bouhier, 4 août 1738, Correspondance littéraire du président Bouhier, éd. H. Duranton, U. de Saint-Etienne, 1977, t V, p. 39). Le 13 mai 1738, L. assistait encore à une séance de l'Académie des Inscriptions, peu avant de tomber malade (f.fr. 9427).

8. Bibliographie

Moreri ; Lelong. – Eloge lu à l'Académie des Inscriptions le 14 novembre 1738, dans Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. XIV, p. 308 et suiv.

JOANNET

Numéro

415

Prénom

Jean Baptiste

Naissance

1716

Décès

1789

1. Jean Baptiste Claude Joannet est né à Dôle le 11 juillet 1716 et mort à Paris en 1789 (Sommervogel).

2. Formation

2. Il entra au noviciat des Jésuites le 15 octobre 1732, professa à Strasbourg et sortit de la Compagnie en 1749 (Somm.), pour raison de santé selon Feller et E. Fourquet (Les Hommes célèbres de la Franche-Comté). Membre des Académies de Nancy et de Besançon.

3. Carrière

3. D'après une note de la police du 14 avril 1750, il est précepteur, demeure avec l'abbé de La Porte et collabore avec lui à diverses feuilles (B.N., n.a.fr. 10 782, f° 90, 175).

6. Activités journalistiques

6. Lettres sur les ouvrages et les oeuvres de piété, «dédiées à la Reine», Paris, 1754-1755, 6 vol., avec privilège : «C'est un ouvrage périodique qui se donnera 2 fois par semaine. Est du sr. abbé Joannet. Cela n'aura sûrement pas grand succès» (Journal de la librairie, B.N., f.fr. 22159, f° 63-64, 14 sept. 1754). Continué par : Lettres sur les ouvrages et les oeuvres de piété «par M. l'Abbé J., journaliste de la Reine», année 1756 (1757). Continué par : Journal chrétien «par M. l'Abbé J.», Paris, Lambert, 1757-1764, 20 vol., en collaboration avec l'abbé Trublet (voir ce nom). La collection complète, sous ces divers titres, compte, selon Hatin, 40 vol (B.H.C., p. 54 ; D.P.1 627).

7. Publications diverses

7. Elémens de poésie française, Paris, 1752, 3 parties. – Les Bêtes mieux connues... «ou pour et contre l'âme des bêtes», Paris, Costard, 1770, 2 vol.- De la connoissance de l'homme dans son être et dans ses rapports, Paris, 1775, 2 vol. – Selon le Journal de la librairie, il aurait fait l'Esprit de Rousseau et l'aurait vendu à Duchesne (8 févr. 1763, f.fr. 22158, f° 105) : s'agit-il des Pensées de J.J.R. publiées par La Porte en 1763?

8. Bibliographie

8. F.L. ; B.Un., Sommervogel – B.N., n.a.fr. 10782.

HUGARY DE LA MARCHE

Numéro

401

Prénom

Ignace

Naissance

1728

Décès

1768

«Ignace Hugary de La Marche-Courmont, ancien Chambellan du Prince Margrave de Bareith et Capitaine au service de la France, naquit à Paris le 25 mars 1728...» (Nécrologe, p. 319). C'est en 1754 seulement qu'il a ajouté à son nom celui de Courmont (B.N., f.fr. 22133, f° 263 et 299). Il a enlevé et épousé à Avignon, en 1753, la fille d'Etienne Regnauld ou Renaud, entrepreneur de bâtiment, marié, disait-on, à une marchande de poisson (f.fr. 22158, f° 123, 165).

3. Carrière

Il fut gentilhomme de la Chambre du duc de Chartres en 1748 (Ars., ms. 10300), valet de Chambre du Roi en 1752 (n.a.fr. 10782), huissier du cabinet du duc d'Orléans en 1752-1753 (f.fr. 22158, f° 165 ; n.a.fr. 10782) ; le duc le chassa dit-on, en 1753 (f.fr. 22158, f° 149). En juillet 1753, il quitta Paris pour Avignon avec Mlle Renaud pour se soustraire à ses créanciers (ibid., f° 159) ; il y demeure encore en 1754 (n.a.fr. 1214, f° 117). En 1758, il est gentilhomme de la Chambre du Margrave de Brandebourg-Bareith (f.fr. 22133, f° 263, 299).

4. Situation de fortune

De son mariage, en mars 1753, il retire 2000 écus (f.fr. 22158, f° 123). La convention du 20 juillet 1754 assurait à La Marche 200 £ par mois, mais il affirme, dans son Mémoire (p. 7) qu'elles ne lui furent jamais payées.

5. Opinions

L.M. prit vigoureusement parti en faveur de Palissot lors du scandale de la représentation des Philosophes (1760) et publia un pamphlet contre les philosophes. Palissot lui en est très reconnaissant dans l'éloge qu'il lui consacre en 1770. On notera que la date de l'éloge aussi bien que la mention de l'éloge de Stanislas (mort en 1766) par L.M. excluent la date proposée par Palissot pour la mort de L.M. ; peut-être s'agit-il d'une faute d'impression (reproduite dans la réédition du Nécrologe en 1775), pour 1768.

6. Activités journalistiques

L'histoire de la fondation du Journal étranger a été retracée par M.R. de Labriolle en ce qui concerne le privilège et la convention de 1753. Dès 1752, La Marche avait obtenu une permission tacite de «faire un journal étranger» (n.a.fr. 10782) ; il avait demandé, le 12 octobre 1752, un premier privilège général (f.fr. 21998), qu'il avait obtenu le 9 novembre (n° 817). La Marche se heurte alors à l'hostilité de Malesherbes : «Comme ce particulier était peu connu, je craignis qu'il n'abusât de cette grâce pour emprunter de l'argent, faire des affaires, tromper des auteurs et ne rien donner au public» (lettre de Malesherbes à Belle-Isle, le 10 août 1759, f.fr. 22133, f° 286). Le 24 août 1752, le chroniqueur d'Hémery écrit que Malesherbes «entêté de son Journal des Savants» ne veut plus de feuilles (f.fr. 22157, f° 159 ; cf. f° 109 et f.fr. 22136, f° 360). Le second privilège obtenu par L.M. le 19 mars 1753, pour quinze années consécutives, est assorti de clauses restrictives : le privilège sera annulé si le premier volume n'est pas donné avant un an ou si les auteurs restent plus de trois mois sans publier un volume. L.M. avait d'ailleurs des rivaux, dont La Beaumelle (f.fr. 22133, f° 177). Il signe, le 16 février 1753, une convention très précise portant sur 32 200 £ de frais par an (Labriolle, p. 77-78). Ses futurs beaux-parents hypothèquent leurs biens pour se porter répondants auprès du commanditaire Courcelles ou Cursay (ibid., p. 79 ; voir la notice «Cursay»). Lorsque La Marche s'enfuit avec Mlle Renaud à Avignon, Courcelles en profite pour lui imposer une nouvelle convention, le 20 juillet 1754 (ibid., p. 79-80) : L.M., dépossédé de ses droits, est indemnisé pour 1200 £, avec un traitement de 200 £ par mois jusqu'au versement des bénéfices d'exploitation, sur lesquels il garde 6 sols. L.M. fait alors une cession simulée de ses droits à Chevrier (voir ce nom), le 21 juillet 1754. Chevrier étant insolvable est assigné par Courcelles le 27 novembre, et doit renoncer à tout droit sur le Journal étranger (ibid., p. 81-82). A son retour d'Avignon, L.M. intente un procès à Courcelles (ibid., p. 82 : Mémoire par le Sr Hugary de La Marche Courmont contre le Sr Courcelles, défendeur et intimé, 1758). Dans son Mémoire, L.M. déclare qu'il «n'a eu aucune part aux journaux qui ont paru jusqu'ici à l'exception du prospectus imprimé en tête du Discours préliminaire rédigé par les sieurs Jean-Jacques Rousseau et Toussaint» (p. 2).

Quérard attribue à La Marche (en collaboration avec J. Fleury) I'Essai d'un nouveau journal intitulé Le Littérateur impartial, La-Haye-Paris, Vallat La Chapelle 1760, in-12 (D.P.1 847) ; il s'agit d'un essai critique sur les périodiques entrepris, selon le Nécrologe, par L.M.

7. Publications diverses

Lettres d'Aza ou d'un Péruvien, Amsterdam, 1749 et 1760 ; cette conclusion des Lettres péruviennes a souvent été imprimée à la suite du roman de Mme de Graffigny. Voir B.N., f.fr. 22157, f° 87 ; n.a.fr. 10782 et Ars., ms. 10300. – Essai politique sur les avantages que la France peut retirer de la conquête de l'île de Minorque, Citadelle (Lyon), 1757. Voir le Nécrologe. – Mémoires de Madame de G. : cette vie de Mme de Tencin a été composée par L.M. en 1752 ; L.M. la dicte à Du Thuillié avant son départ pour Avignon, en confie le manuscrit à Chevrier en avril 1754 ; Chevrier transmet le manuscrit au chevalier de Bonnelle qui le remet à Duchesne pour l'imprimer sans permission (f.fr. 22157, f° 87, 15 juin 1752 ; n.a.fr. 124, p. 117 et 118, 12 mai 1754). – Réponse aux différents écrits publiés contre la comédie des Philosophes..., par M.D.L.M.C., 1760. – «Eloge de Stanislas Lecksinski», publié dans le Nécrologe de 1769.

8. Bibliographie

B.Un. ; Cio 18, n° 31199-36203. – Nécrologe de 1770, p. 319-333. – Labriolle M.R. de, «Conditions matérielles de la publication du Journal étranger...» dans M. Couperus, L'Etude des périodiques anciens, colloque d'Utrecht, Paris, Nizet, 1972, p. 76-84.

9. Additif

Ignace, né à Paris, paroisse St-Roch, le 24 mars 1728 (archives du fonds Coutot), est fils de Pierre Hugary de La Marche, huissier de la chambre de Mgr le duc d'Orleans, et Marie Anne Gerin. Le Nécrologe donne bien décembre 1768 (et non 1758) comme date de son décès. Le registre des tutelles du Châtelet de Paris  comporte, à la date du 2 octobre 1773, la désignation d’un curateur à la succession vacante d’Ignace, à la requête de Marie Louise Henriette Regnault, sa veuve, par suite de la renonciation qu’elle a faite à cette succession. Ignace laisse quatre enfants mineurs de son union avec ladite Regnault. [Thierry PINGAULT]

GUIRAN

Numéro

378

Prénom

Michel

Naissance

1662

Décès

?

Michel Guiran (dont le nom est parfois orthographié Giran, Goiran, Gouyran, Gouirane) a été baptisé à Aix-en-Provence le 9 mars 1662 (A.M. Aix, registre de Saint-Sauveur). Il était fils d'Honoré Guiran, né en 1631, et de Anne Dedon (ou Chelon) ; sa famille a donné plusieurs conseillers au parlement d'Aix. Il est le neveu et sans doute le filleul de Michel Guiran, docteur en théologie, chanoine et trésorier du chapitre de Sainte-Cécile d'Albi, mort à Albi le 15 décembre 1709.

2. Formation

Bachelier en théologie.

3. Carrière

Il vécut d'abord à Aix où il était encore en 1691 (Recherches, t. II, p. 176), fit sans doute un séjour à Paris, car il affirme avoir connu Boileau et le Père Bouhours (mort en 1702). Il dit avoir été attaché ensuite à M. de La Berchère, archevêque d'Albi (Recherches, t. II, p. 158). En novembre 1709, il est dit «prêtre et bénéficier de l'église métropolitaine d'Albi» et se trouve mentionné comme chanoine d'Albi dans les A.D. du Tarn jusqu'en 1723. En 1730, il déclare «avoir passé la plus grande partie de sa vie auprès d'un oncle qui était chanoine» (Michel Guiran), puis être resté «pendant longtemps auprès de son évêque M. Denesmond (Henri de Nesmond) qui, ayant eu ensuite l'archevêché de Toulouse (1722), l'avait mené dans cette dernière ville où il a été avec lui jusques à sa mort (26 mai 1727)» (Genève, Chambre des Prosélytes, vol. 4, p. 117). Par l'entremise de protestants de Nîmes, il gagna Genève vers 1730 (ibid.). En avril 1734, à Genève, il dérobe des livres chez le Sr. Briquet, relieur ; ordre lui est donné, de la part du Conseil, de se retirer incessamment de la ville (Registre du Conseil, Vol. 233, p. 187 ; Archives hospitalières, Ka n° 16, p. 186 et 190). G. allègue que le viatique ne lui suffit pas pour se retirer en Hollande, «craignant fort la fatigue d'un si long voyage, outre la difficulté de pénétrer en Allemagne dans les circonstances présentes et se flattant de pouvoir vivre doucement en Suisse, avec le secours de quelques personnes charitables» (Chambre des Prosélytes, vol. 4, p. 174).

4. Situation de fortune

En avril 1710, il est déclaré héritier universel de son frère Jean, lui-même héritier universel de leur oncle Michel, à charge de rendre son hérédité à ses neveux lorsqu'ils auront atteint l'âge de 25 ans (A.D. Tarn, Registres du notaire Jean Calvel). Le 9 novembre 1730, il prétend que son oncle «lui avait résigné son bénéfice mais que comme il ne fit cette résignation que 11 jours avant sa mort, elle avait été nulle et le bénéfice donné à un autre» (Genève, Chambre des Prosélytes, vol. 4, p. 117). Il affirme, le même jour, n'être pas «sans espérance de trouver quelque manière de gagner sa vie» ; la Chambre estime qu'il doit être «de la dépendance de la Bourse française» ; la Bourse ne lui ayant rien donné (décision du 28 novembre 1730, ibid., p. 119), la Chambre des Prosélytes contribue à «une partie de ses besoins» (ibid., p. 117-118). Le 19 mai 1731, «on a parlé de l'abbé Guiran qui est en termes de trouver ici un établissement pour la composition de ses mémoires et qui même gagne déjà sa subsistance et pourrait se passer d'assistance s'il n'était dépourvu de linge et de plusieurs choses absolument nécessaires, priant la Chambre de bien vouloir continuer le paiement de sa pension qui est réduite à présent à cinq écus, jusques à la fin d'août, auquel temps il espère qu'il subsistera par lui-même ou s'en ira en Hollande» (ibid., p. 129). Le 5 juin 1731, «on a rapporté que la Bourse française a consenti d'entrée pour le tiers dans la pension de cinq écus jusques à la fin d'aoust» (ibid., p. 129). Le 9 avril 1734 il est toujours «assisté à la Bourse et y demeurant» (Registre du Conseil, vol. 233, p. 187). Le 20 avril 1734, expulsé, il obtient de la Bourse un viatique de dix écus, apparemment pour demeurer à Genève (ibid., p. 187).

5. Opinions

Il publie dans ses Recherches des pièces contre le Père Girard et passe alors en France pour janséniste (cf. note manuscrite de l'exemplaire de la B.V. de Dijon). En fait, il a été reçu le 9 novembre 1730 au Vénérable Consistoire de Genève ; il affirme alors que «dans ses études et surtout l'histoire ecclésiastique, il avait découvert successivement l'origine et le progrès des superstitions de l'Eglise romaine, de même que par les conversations qu'il a eues il y a quatre ou cinq ans, avec des personnes de la religion à Toulouse [...], Nîmes [...], en particulier Mlle de Gozon, Monsieur Pic» (Chambre des Prosélytes, vol. 4, p. 117 ; cf. Archives hospitalières de Genève, Ka n° 15, p. 317).

6. Activités journalistiques

Recherches nouvelles et curieuses d'histoire et de littérature, Genève, Assiotti, avril 1731 novembre 1731, 3 t. en 2 vol. (D.P.1 1158, notice de J.D. Candaux) : François-Georges Assiotti avait obtenu du Conseil de Genève, le 28 février 1731, l'autorisation d'imprimer «un petit ouvrage de mélanges littéraires pour donner au public de mois en mois» et le privilège de l'impression et de la vente : «il ne distribuera point de feuilles qui n'ayent été examinées et approuvées des seigneurs scholarques» (Registre du Conseil, vol. 230, n° 93).

7. Publications diverses

En 1731, il déclare préparer une «Histoire de la poésie rimée».

8. Bibliographie

A.M. Aix.– A.D. Tarn (série j.).– Archives d'Etat de Genève. B.V. Dijon (ms. 1149, f. 7, note de Joly).

GOURNE

Numéro

354

Prénom

Pierre de

Pierre Mathias de Gourné (ou Gournay) est né à Dieppe le 23 février 1702. Il est mort à Taverny en 1770 (en mai 1776 selon M.S.). Pseudonymes : Hardy, Letort, Tubeuf.

2. Formation

Il reçut la prêtrise (B.N., fiche de police, n.a.fr. 10782) et signe souvent «abbé de Gourné». A la fin de sa vie, il est prieur de Notre-Dame de Taverny (Feller-Weiss).

3. Carrière

Il est incarcéré le 18 novembre 1745 pour avoir «donné à jouer» (n.a.fr. 10782 : Ars., ms. 11570, f° 338). Il est relégué à Rome le 25 janvier 1746. En 1748, il est signalé à la Maison des Jacobins, rue Saint-Honoré.

5. Opinions

«Quoique prêtre et disant la messe tous les jours, il est mort sans avoir voulu entendre parler de confession» (M.S., 1778, t. IX, p. 224). Selon les renseignements de la police, il se plaint ouvertement du gouvernement et du Roi au Palais-Royal (n.a.fr. 10782).

Ses querelles avec Desfontaines au sujet de sa traduction de Virgile sont connues (Cior 18, n° 31743-31747 ; T. Morris, L'Abbé Desfontaines, S.V.E.C. 19, 1961, p. 68-73). Tempérament passionné et instable, il a renoncé, après 1750, aux recherches géographiques auxquelles il avait consacré ses dix premières années de travail.

6. Activités journalistiques

Il a travaillé quelque temps à la Gazette d'où il fut chassé pour son mauvais caractère (n.a.fr. 10782, 14 mars 1751).

7. Publications diverses

Œuvres de G. dans Cior 18, n° 31740-31750.

8. Bibliographie

Feller-Weiss ; D.L.F. – B.N., n.a.fr. 10782.

GOUJET

Numéro

352

Prénom

Claude

Naissance

1697

Décès

1767

Claude Pierre Goujet est né à Paris le 19 octobre 1697, fils de Claude Goujet, tailleur, originaire de Saint-Aignan (Loir-et-Cher) ; mort à Paris le Ier février 1767 (testament, A.D. Seine, DC 6248, f° 81-82). Sa vie nous est rapportée par les Mémoires historiques et littéraires de M. l'abbé Goujet et par un mémoire qu'il envoie à l'abbé Papillon le 9 février 1738 (B.N., f.fr. 24411).

2. Formation

A cinq ans, il a pour «instituteur» un «laïc», le Sr Davesne. A partir de sept ans, il fréquente le collège Mazarin, puis, de la troisième à la rhétorique, le collège Louis-le-Grand ; deux ans de rhétorique avec les PP. Porée et Sanadon ; acolyte à Saint-Germain l'Auxerrois où il soutient une thèse de philosophie ; trois ans de théologie à la Faculté ; un an d'institution à l'Oratoire (1719-1720) ; il y continue le grec et l'hébreu qu'il avait commencé d'apprendre. «Vers le commencement de 1723 », il est admis aux conférences théologiques des Trente-trois (Mémoires).

Il a reçu la tonsure le 12 septembre 1715 à Saint-Germain l'Auxerrois ; il prend les ordres mineurs le 4 juin 1719 ; est nommé « sans être prévenu » au canonicat de Saint-Jacques de l'Hôpital, fin septembre 1720 ; sous-diacre le 19 mars 1721, diacre le 21 mars 1722, prêtre en 1724.

Membre des Académies de Rouen, Angers, Marseille, Auxerre (Mémoires ; Feller-Weiss), il ne put entrer à l'Académie des belles-lettres en raison de l'hostilité de Fleury (lettre de G. à Grosley, 14 juin 1744. Archives de l'Oratoire, dossier Goujet).

3. Carrière

Voyage de la Trappe en 1721 ; à partir de 1723, il visite l'Orléanais, le pays de la Loire, le Berry, la Picardie, la Normandie ; il séjourne «huit jours chaque année» au monastère de Saint-Martin de Borenc en Beauvaisis, jusqu'en 1726.

4. Situation de fortune

«Reçu gratuitement» à l'Oratoire grâce au P. de La Brue, curé de Saint-Germain l'Auxerrois, il refuse «trois ou quatre cures» proposées notamment par «M. le Cardinal» et M. de Caumartin, évêque de Vienne ; il semble avoir joui, dès sa jeunesse, de hautes protections. En 1744, il possédait près de 6000 volumes (lettre citée, à Grosley) ; catalogue de sa bibliothèque à la B.N. ; selon l'abbé Barrai, éditeur des Mémoires, G., «né sans patrimoine, chargé de faire vivre une famille nombreuse» (p. XI), vendit en 1767 sa bibliothèque à M. de Charost et en légua le profit à sa famille.

5. Opinions

Farouchement hostile à la Constitution Unigenitus («Par la Grâce de Dieu, je n'ai point signé cet acte inique», Mémoires, p. 86), il est, en 1723, exclu des conférences des Trente-trois ; en 1739, ses pouvoirs dans les couvents du Val-de-Grâce et des Filles-Dieu sont révoqués ; se trouve guéri de la pierre, par l'intercession du diacre Paris (Mémoires, p. 136). Sa «Vie de M. François de Paris, diacre mort en odeur de sainteté» est arrêtée en cours d'impression (ibid., p. 148).

Nouvelles littéraires, Paris, Lefebvre, en collaboration avec Desmolets, du 1er décembre 1723 au 1er mars 1724 (D.P.1 1041) ; interrompu par intervention du P. de La Tour (voir art. «Desmolets»).

Continuation des Mémoires de littérature de Desmolets (D.P.1 226) : G. a donné à cette revue une dizaine de dissertations, la plupart signées de ses initiales (G.C.D.J.L. : Goujet Chanoine de Saint Jacques de l'Hôpital).

Nouvelles ecclésiastiques ; G. en fut, selon ses propres Mémoires, un collaborateur assidu. «Depuis cette année 1736 -écrit-il - jusqu'à aujourd'hui [1764], j'ai fourni au même écrit périodique un grand nombre d'articles qu'on y a insérés. Il y en a de fort considérables» (cité par Duranton, p. 121).

Bibliothèque française « ou Histoire littéraire de la France » : G. écrit dans ses Mémoires : «Je profitai de l'offre que me fit le Sr du Sauzet, alors libraire en Hollande, d'insérer les petits écrits que je voudrais mettre au jour dans le Journal intitulé Bibliothèque française ou Histoire littéraire de la France dont on a plus de quarante volumes. Le libraire ex-jésuite était lui-même auteur de ce bon ouvrage périodique. Mais il recevait aussi de plusieurs endroits des extraits de livres et des pièces fugitives» (p. 63). Du Sauzet reprend la Bibliothèque française en 1730 (t. XIV). Dans sa correspondance avec le président Bouhier, G. fait souvent allusion à ses échanges avec Du Sauzet, mais ne mentionne sa collaboration à la Bibliothèque française que dans une lettre du 15 août 1739 (Duranton, p. 36) ; il s'agit de deux articles parus dans le t. XXVIII.

G. a envoyé des contributions à de nombreux périodiques, notamment aux Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres (D.P.1 902).

7. Publications diverses

G. donne dans ses Mémoires historiques et littéraires et dans son Catalogue raisonné la liste de ses ouvrages et articles, classés en 6 parties : traductions, ouvrages de piété, ouvrages historiques, éloges, pièces diverses. Cette liste comprend 88 titres ; elle a été reprise dans l'édition de 1759 de Moreri et par J.M. Ingold dans son Essai de bibliographie oratorienne, Paris, 1880-1882. Voir Cior 18, n° 31635-31694 et, pour la période antérieure à 1746, la bibliographie donnée par Duranton, p. 101-124.

8. Bibliographie

B.Un. ; D.B.F. ; D.L.F. ; Cior 18. Mémoires historiques et littéraires de l'abbé Goujet, publiés par l'abbé Barrai, La Haye, Du Sauzet, 1767. – Nécrologe, 1768. – B.N., n.a.fr. 1009-1013, «Catalogue raisonné de la Bibliothèque de Goujet». – Peach T., Le Fonds Goujet de la Bibliothèque municipale de Versailles, Genève, Slatkine, 1992. – Duranton H., Correspondance du Président Bouhier, t. II, Lettres de l'abbé Claude-Pierre Goujet (1737-1745), U. de Saint-Etienne, 1976.

GIROUD

Numéro

345

Prénom

Charles

Naissance

?

Décès

1746

Charles Giroud est mort en 1746, date à laquelle son frère Alexandre lui succède à la tête du Courrier d'Avignon.

2. Formation

Par une convention en date du 11 décembre 1733, il accorde la moitié des bénéfices du Courrier à Morénas (Musée Calvet, ms. 2944, f° 337 et suiv.). De 1740 à 1746, le prix de l'abonnement est fixé à 16 £. En 1744, Morénas évaluera les bénéfices annuels à 20 000 £.

G. intenta, à la fin de 1742, un procès à Morénas qui avait quitté Avignon.

3. Carrière

Dès mars 1716, il avoue à l'Inquisition d'Avignon avoir publié une contrefaçon de la Gazette d'Amsterdam - il n'était d'ailleurs pas le seul à Avignon. Il peut continuer à condition d'éviter toute allusion à la Constitution (A.D. Vaucluse, G 287, f° 124 ; Musée Calvet, ms. 3188, f° 314).

A partir de 1730, il prend le titre d'imprimeur de Sa Sainteté ; par la suite, l'octroi de cette qualité ira toujours de pair avec la concession du privilège exclusif des gazettes. C'est probablement en 1730 que G. obtint de la Cour de Rome le privilège exclusif de contrefaçon des gazettes de Hollande. A la fin de 1732, Morénas propose à G. sa collaboration pour l'impression du Courrier d'Avignon ; G. refuse, mais devant le succès du Courrier, il argue de son monopole de publication des gazettes. Il obtient gain de cause et passe alors avec Morénas la convention du 11 décembre 1732 par devant Me Guillaume Roux, notaire (Musée Calvet, ms. 294 f° 337 et suiv.) : G. se chargeait de l'impression et de la diffusion, Morénas fournissait la copie. Le tirage prévu était de 1300 exemplaires au minimum ; il dépasse 2000 au début de 1734, la vente se faisant seulement par abonnement. En 1738-1739, un concurrent lyonnais, Pierre Valfray, obtient que le Courrier soit taxé à plein tarif au départ d'Avignon, et le tirage tombe provisoirement à moins de 1000 exemplaires. En 1742, Morénas quitte Avignon et G. lui intente un procès en rupture de contrat. Il obtient gain de cause et devient en 1744 le seul et unique propriétaire du Courrier, qu'il fait rédiger par des rédacteurs à sa solde.

8. Bibliographie

Moulinas R., «Les journaux publiés à Avignon et leur diffusion en France jusqu'en 1768 », Provence historique, fasc. 71, t. XXVIII, janv.-mars 1968, p. 121-138. – Id., L'Imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au XVIIIe siècle, P.U. de Grenoble, 1974.

GIROUD

Numéro

344

Prénom

Alexandre

Naissance

?

Décès

?

Frère cadet de Charles Giroud.

3. Carrière

En 1740, il travaille pour le compte de son frère, qui l'envoie à Paris négocier avec les directeurs des postes royales l'autorisation d'utiliser les services de la poste pour l'expédition des gazettes de Hollande et du Courrier d'Avignon.

4. Situation de fortune

En 1747, le tarif d'abonnement au Courrier passe de 16 à 18 £. En 1768, les bénéfices s'élèvent à 15 000 £ par an.

6. Activités journalistiques

G. succède à son frère Charles à la tête du Courrier d'Avignon en 1746. Vers 1749 ou 1750, il reprend à son service Morénas. Le tirage est de 2800 exemplaires en 1748, de 1110 en 1749, de 800 en 1750. Devant la menace, G. envoie à Paris, en 1750, son collaborateur Pierre Joseph Bléry (voir ce nom), qui obtient des fermiers des postes l'envoi franc de port dans tout le royaume. Le tirage passe à 2300 exemplaires en 1755, à 8500 exemplaires en 1758 (B.N., f.fr. 22124, Pièce 88, f° 56). En avril 1749, la feuille paraît sous le nom de Bléry, G. ayant été suspendu pour avoir publié dans le numéro du 1er avril une nouvelle concernant les religionnaires de Hollande.

Le 11 juin 1768, les troupes françaises occupèrent Avignon et le Comtat ; la Gazette de France possédant un privilège exclusif pour tout le royaume, le Courrier d'Avignon fut supprimé le 29 juin 1768. Morénas s'installa à Monaco où il fonda le Courrier de Monaco ; G. refusa de lui donner la liste de ses correspondants.

8. Bibliographie

Chobaut H., «Le Courrier d'Avignon à Monaco, 1769-1775», Mémoires de l'Institut historique de Provence, t. IV, 1927. – Moulinas R., «Les journaux publiés à Avignon et leur diffusion en France jusqu'en 1768 », Provence historique, fasc. 71, t. XVIII, janv.-mars 1968, p. 121-138. – Id., L'Imprimerie, la librairie et la presse à Avignon au XVIIIe siècle, P.U. de Grenoble, 1974.

GAILLARD

Numéro

324

Prénom

Gabriel

Naissance

1726

Décès

1806

Gabriel Henri Gaillard est né à Ostel (Aisne) le 26 mars 1726. Son père était attaché à la maison de Condé. Gaillard eut une sœur avec laquelle il passa sa vie et qui lui survécut. Il mourut à Saint-Firmin (Oise) le 13 février 1806 (Dacier).

2. Formation

Il fit ses études au collège des chanoines réguliers de Sainte-Geneviève à Senlis, où son père était établi. Après avoir fait son droit à Paris, il fut reçu comme avocat. En 1760, il fut élu à l'Académie des Inscriptions, comme successeur de l'abbé Lebery ; le 7 février 1771, il fut reçu à l'Académie française ; en 1796, il était membre de l'Institut dans la classe de Littérature et Beaux-Arts.

3. Carrière

En 1775, il succéda à Le Tourneur comme secrétaire général de la Librairie (M.S., 21 avril 1775). Il occupa cette fonction pendant deux ou trois ans (ibid., 16 mars 1779).

A la Révolution, il se réfugia à Saint-Firmin, près du château des Condé à Chantilly.

4. Situation de fortune

Comme secrétaire de la Librairie, il touchait une pension de 1000 £ qui lui fut continuée après 1779 (M.S., 16 mars 1779). En 1765, il eut une médaille d'or de 300 £ pour un discours couronné par l'Académie française (l'Eloge de Descartes).

5. Opinions

Il fut introduit dans le monde par Trudaine, évêque de Senlis. Il fut l'ami de Malesherbes et des philosophes : «de la clique des soi-disants philosophes » (Collé, Journal et mémoires, févr. 1771, Paris, 1868, t. III, p. 297) ; «appuyé de sa cabale des encyclopédistes, il l'est lui-même, tout est dit» (ibid., mars 1771, t. III, p. 306) ; «il s'est annoncé comme un digne sectateur de la cabale encyclopédique qui l'a porté à sa nouvelle dignité» (M.S., 21 mars 1771, t. V, p. 264). Porté à l'Académie par ses amis philosophes, il fut effectivement le premier académicien à ne pas prononcer l'éloge de Richelieu.

6. Activités journalistiques

Il fut rédacteur du Journal des savants de 1752 à la fin de 1792 (Q. ; Monglond). Dans sa «Notice historique», Dacier parle des «nombreux articles qu'il a insérés dans le Journal des savants, où il a été chargé pendant quarante ans de rendre compte des ouvrages d'histoire, de littérature agréable et de poésie». Selon le même auteur, G. a travaillé «pendant plusieurs années » au Mercure de France. Selon la Correspondance secrète, politique et littéraire (24 juil. 1782, t. XIII, p. 169, Londres, 1788), il succéda à l'abbé Joseph Honoré Rémy, mort le 12 juillet 1782, dans la place de «rédacteur général» du Mercure de France. Et l'auteur de la Correspondance souhaite que G. «mette autant d'impartialité, de modération et d'honnêteté» dans la rédaction du journal que son prédécesseur.

Il collabora à La Clef du cabinet des Souverains (1er janv. 1797-20/21 sept. 1805), journal de Panckoucke (Tucoo-Chala, p. 142, n. 77).

7. Publications diverses

Voir Cior 18, n° 30033-30065.

8. Bibliographie

Q. ; Cior 18. – Monglond A., La France révolutionnaire et impériale, Grenoble, 1930-1946. – Dacier B.J., «Notice historique sur la vie et les ouvrages de Gaillard, lue à la séance publique du 7 juillet 1809 », dans Histoire et Mémoires de l'Institut, 1819, t. IV.