DAUDÉ

Numéro

212

Prénom

Pierre

Naissance

1681

Décès

1754

Pierre Daudé Tardieu de La Barthe (noblesse du Languedoc) est né en 1681 à Marvejols. Fils unique de Jean Daudé (?-1729), avocat à Nîmes, et de Marie Daudé sa cousine (D. F.). Marie Daudé était le cinquième enfant de Jacques Daudé, mort en 1678 et de Suzanne Tardieu. Un des frères aînés de Marie, Pierre (1654-1735), était pasteur en Angleterre en 1680 et devint commis de l'Echiquier (voir son éloge dans la Bibliothèque britannique, t. 1, p. 167), après avoir été naturalisé anglais le 5 janvier 1688 (Agnew III). Jean Daudé vint en Angleterre à une date inconnue.

2. Formation

Il a fait des études classiques, probablement dans le midi de la France.

3. Carrière

Il n'est pas pasteur (confusion avec son oncle). Il semble avoir vécu comme homme de lettres. En 1731, il voyage en Allemagne, où il a rencontré Hagedorn à Hambourg (Add. ms. 4284, f° 61). Voyage à Oxford, Bath (qu'il compare à Clermont en Auvergne) pour soulager ses rhumatismes en mai 1733. Il est à Rouen en octobre 1733, à Paris fin décembre 1733 jusqu'en mars 1734. Il a dû aller dans le midi. Revenu à Londres probablement «à la belle saison» en 1734. On le retrouve a Paris en 1744 (Add. ms. 4283).

4. Situation de fortune

Hébergé par son oncle après la mort de son père en 1729, il en hérita «une modeste fortune» (Haag). Sa correspondance ne fait pas état de difficultés financières, mais il ne semble pas avoir été riche (il abandonne son logement quand il voyage, il se plaint de la «chèreté» de la vie). Il semble avoir habité Marylebone, près de Desmaizeaux.

5. Opinions

Lié au milieu des réfugiés de Londres et plus particulièrement à Desmaizeaux, il ne semble pas avoir eu de querelles notables. Il a certainement servi de lien entre Desmaizeaux et des milieux oratoriens à Paris, peut-être même a-t-il servi d'intermédiaire entre l'abbé Bignon et l'Angleterre. Sa correspondance avec Desmaizeaux est conservée à la British Library. A la B.N.(f.fr. 19671), il existe quelques lettres signées Daudé (signature assez semblable, mais écriture plus tourmentée) dans la correspondance de l'abbé Folard. Les lettres datées sont de 1723. Comme P. Daudé fait état du chevalier Folard dans ses lettres datées de Paris en 1735, il n'est pas impossible que ces lettres soient de lui. Il serait alors un homme très distingué et très savant. L'attribution reste incertaine étant donné l'absence de prénom et l'existence de deux branches de Daudé, l'une protestante, l'autre convertie au catholicisme.

6. Activités journalistiques

Collaborateur de la Bibliothèque britannique. Il est cité dans la note manuscrite du t. I, par Jordan, mais pas par Desmaizeaux (voir les citations aux articles «Beaufort D.C.» et «Bernard J.-P.»). D'après les repères manuscrits des tomes I et suivants, outre l'éloge de son oncle, les extraits suivants seraient de lui : t. I, p. 58, 61, 183, 186, 251, 444, 449 ; t. IV, p. 298, 430. Il n'y a plus aucun repère après le t. IV (1er trimestre 1735), ce qui indique peut-être qu'il a cessé de collaborer en 1735 ou 1736, Desmaizeaux ne le citant pas en septembre 1736. Il présente des extraits sur les ouvrages latins (Tacite), grecs (Anacréon, Longin), de droit et d'histoire.

7. Publications diverses

Pour une liste complète voir Haag. Il a publié en particulier des traductions des ouvrages de Gordon sur Salluste et Tacite et une traduction de l'espagnol d'une Vie de M. Cervantès ; Sybilla capitolina, parue anonymement, est une critique de la bulle Unigenitus (Oxon [ Amsterdam], 1726).

8. Bibliographie

Voir tous les ouvrages cités à l'article «Beaufort D.C.». – (D. F.) Chais d'Est- Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, Evreux, Herissey, 1914, t. XIII.

CONDORCET

Numéro

190

Prénom

Jean Antoine de

Naissance

1743

Décès

1794

Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat de Condorcet est né à Ribemont (Aisne) le 17 septembre 1743 d'un père militaire, Nicolas de Caritat de Condorcet, et de Marie Madeleine Gaudry de famille picarde. Son père fut tué à Neuf Brisach le 22 octobre 1743. Un oncle côté paternel fut évêque de Gap, puis d'Auxerre, puis de Lisieux et un oncle maternel, subdélégué de l'intendance de Soissons. Il épousa le 28 décembre 1786 Sophie de Grouchy, nièce de Dupaty. Il eut une fille, née en 1790, Louise Sophie, dite Eliza, future comtesse O'Connor.

6. Activités journalistiques

L'activité journalistique de C. est très différente avant et après 1789.

a) Pour la période d'Ancien Régime, nous avons une situation analogue à celle des autres écrivains. Les articles, la plupart du temps, ne sont pas signés; les pseudonymes sont parfois clairs, parfois dévoilés par nos connaissances biographiques. C'est le dépouillement des manuscrits qui nous a donné la plupart des renseignements certains. Les comptes rendus peuvent dégénérer en polémiques, attaques, prises de position scientifique (sur le magnétisme par exemple): il peut écrire à la fois une lettre et sa réponse pour provoquer la discussion (voir Journal de Paris).

Journal de politique et de littérature (D.P.1 684) : extrait sur L'Histoire naturelle de la parole de Court de Gebelin, 5 nov., p. 191-196, signé «M. le marquis de C***. – «Précis concernant l'établissement fait par le Roi d'une Commission d'une Société et correspondance de Médecine», même date (p. 196-200), anonyme, mais on retrouve les idées de C. exprimées ailleurs sur les liens entre les sciences physiques, morales et médicales. – En juin 1778 ce périodique fusionne avec le Mercure racheté par Panckoucke, lequel annonce la participation de C. (Avertissement du Ier numéro de la nouvelle formule, 25 juin 1778).

Mercure de France (D.P.1 924): «Lettre à La Harpe», juil. 1774, p. 168-170. – «Essai sur les lieux & les dangers des sépultures, traduit de l'italien de M. Piatoli, par M. Vicq d'Azyr», c.r. signé M.L.M.D.C. (15 nov. 1778, p. 158-166). – Polémique avec Moheau sur l'arithmétique politique (voir l'article de B. Bru, Revue de synthèse, 1988, n° 1, p. 69-95), qui démarre à propos d'un compte rendu par C. : « Recherches & considérations sur la Population de la France, Par M. Moheau» (5 juil. 1778, p. 35-41); après la réponse de Moheau, «Lettre à M. de La Harpe» (25 sept.), nouvel article (5 nov., p. 64-67), «Eclaircissements»; nouvelle réponse de Moheau le 15 avril 1779, p. 183-187 – Article sur les éloges lus dans les assemblées publiques de la Société de médecine (25 févr. 1779, p. 261-266). – Article sur les Eloges faits par Frisi (10 juil. 1779).

Journal encyclopédique (D.P.1730): «Réflexions de M. le Marquis de Condorcet de l'Académie royale des sciences, au sujet du programme de l'académie de Toulouse, inséré dans le Mercure» (15 nov. 1771, p. 115-118).

Journal de Paris (D.P.1 682): «Aux auteurs du Journal de Paris», 9 juin 1777, n° 160, p. 3-4, signé «Un Hermite de la forêt de Sénart». – 13 juin, n° 164, p. 2: «Réponse à la lettre de l'Hermite de Sénart ». – « Seconde lettre de l'Hermite de Sénart», n° 173, 22 juin, p. 1-2. – «Réponse de l'Anonyme n° 164 au critique n° 169», 25 juin, n° 176, p. 3-4 (ces articles figurent en manuscrit dans B.N., n.a.fr. 23639).– «Lettre de M. Le marquis de Villev.» (= Villevielle, prête-nom de C), 10 juil. 1778, p. 761-764. – « Notice historique et critique sur la vie et les écrits de Condillac », 2 5 sept. 1780, p. 1089-1091. – «Dernière lettre sur la découverte du magnétisme: RIEN», 29 nov. 1784, p. 1413-1414.

– «Lettre», signée L.M.D.C. sur les aérostats (expériences faites à Philadelphie), 25 mai 1784, p. 636-637. – «Lettre aux auteurs du Journal de Paris», à propos du prix proposé par le comte de Windischgraets sur les conventions relatives à la propriété.

Le Moniteur (D.P.1 962): 1788. Un volume est souvent attribué à C. Aucune preuve n'a été trouvée jusqu'ici.

Il faut signaler aussi que C. a laissé dans ses manuscrits de longs fragments sur la liberté de la presse écrits probablement vers 1776-1777, qui n'ont paru que dans l'édition de ses Œuvres par les soins d'E. O'Connor en 1847 (t. XVI). Voir ma communication, «Condorcet et la presse», dans Actes, p. 396-406.

Pour cette période, les dépouillements sont en cours, en collaboration avec P. Crépel. De nombreux articles anonymes, par le sujet qu'ils traitent et par les idées qui y sont développées, pourraient être de C, mais seules des méthodes diversifiées d'analyse de textes nous permettront d'établir une liste un peu fiable.

b) Après 1789, il a usé de cette liberté de la presse tant désirée pour écrire dans de nombreux journaux, en créer de nouveaux, et son activité politique s'y déploie ; sauf indication contraire, les articles sont désormais signés.

Journal de Paris (D.P.1 682): il y tient une chronique journalière pour laquelle il est appointé (comptes rendus des séances de l'Assemblée nationale) du 3 octobre au 10 novembre 1791, mais il est remercié de ce journal modéré et reprend la chronique dans la Chronique de Paris.

Bibliothèque de l'homme public, mensuel créé par C. Peysonnel et Le Chapelier qui parut de 1790 à 1792. C. y publie ses «Réflexions sur cette question: s'il est utile aux hommes d'être trompés» (1790, vol. III, p. 3-62) et surtout les «cinq mémoires sur l'instruction publique» (1791, vol. VII, t. I, p. 3-80 et t. II, p. 3-128; t. VIII, p. 3-74; t. XI, 3-40 et 49-83).

La Bouche de fer : «Lettre de J. Condorcet sur les spectacles» (oct. et nov. 1790). – «Discours sur les Conventions nationales» (28 avril, 2, 7 10 mai 1791).

Bulletin des Amis de la Vérité: nombreux articles non signés sur la Convention, la traite des nègres dans ce quotidien paru de décembre 1792 à fin avril 1793. Pour plus de détails voir Delsaux.

Chronique de Paris: «Est-il utile de diviser l'Assemblée nationale en plusieurs chambres?» (n° 10, 2 sept. 1789); du 17 novembre 1791 au 9 mars 1793. comptes rendus quotidiens de l'Assemblée nationale (signés avec Delaunay d'Angers à partir du 31 déc. 1792).

Chronique du mois ou les Cahiers patriotiques, mensuel, fondé par Clavière, C, Brissot et autres «de l'imprimerie du Cercle social»: «Révision de la première législature» (janv., févr., avril, juin 1792). – «Sur la distribution des assignats» (janv. 1792). – «Ce que c'est qu'un cultivateur ou un artisan français» (févr.). – «Sur la liberté de la circulation des subsistances» (mars). – «D'un avantage particulier à la constitution française» (mars). – «Aux étrangers sur la révolution française par un des quatorze de la Chronique du mois» (mai). – «Réponse de Thomas Paine à quatre questions sur les pouvoirs législatif et exécutif, traduit sur le manuscrit» (mai, juin, juil.). – «De la nature des pouvoirs politiques dans une nation libre» (nov.). – «Sur la nécessité de l'instruction publique» (janv. 1793). – «Sur la nécessité d'établir en France une constitution nouvelle» (mars). Voir le chapitre «Condorcet rédacteur de la Chronique du mois», dans Gallois.

La Feuille villageoise : « Lettre de Condorcet au citoyen Gauchon» (27 déc. 1792, n° 13).

Journal d'instruction sociale, hebdomadaire fondé par C, Sieyès et Duhamel, existence éphémère (Ier juin - 6 juil. 1793, 6 numéros), articles importants de C.: «Sur le mot révolutionnaire». – «Sur l'impôt progressif». – «Sur les élections» (n° 1). – «Que toutes les classes de la société ont un intérêt commun » (n° 2). – « Tableau général de la science qui a pour objet l'application du calcul aux sciences politiques et morales» (n° 4 et suite dans le n° 6).

Journal de la Société de 1789, hebdomadaire fondé par C. Dupont de Nemours, Pastoret, A. Chénier, etc., 15 numéros du 5 juin au 15 sept. 1790: «Adresse à l'Assemblée nationale» (sur les conditions d'éligibilité et sur le marc d'argent). – «Sur le décret du 13 avril 1790». – «Des lois constitutionnelles sur l'administration des finances». – «Sur l'admission des femmes aux droits de cité». – «Sur le préjugé qui suppose une contrariété d'intérêts entre la capitale et les provinces». – «Sur les tribunaux d'appel». – «Aux amis de la liberté aux moyens d'en assurer la durée». – «Adresse à la Société de 1789» (5, 12, 19 juin, 3, 10, 17, 29 juil., 7 août, 15 sept. 1790). Les 4 derniers numéros sont intitulés Mémoires de la Société de 1789. L'hebdomadaire cesse de paraître après le 15 septembre 1790.

Le Patriote français, quotidien dirigé par Brissot : publie 13 articles reproduisant des «adresses», des «opinions» de C. et l'« exposition des motifs d'après lesquels l'assemblée a proclamé la convocation d'une convention nationale» (20 nov. 1790, 8, 14, 21, 25 août, 6 déc. 1791, Ier mai, 2 juin, 14 juil., 18, 19, 20 août 1792). La plupart de ces articles sont «imprimés par ordre de l'Assemblée nationale».

Le Républicain : journal qui n'eut que 4 numéros, fondé en juillet 1791 par C. Paine et Du Châtelet et qui dut être supprimé après les massacres du Champ de Mars: «De la République ou un roi est-il nécessaire à la conservation de la liberté?». – «Lettre d'un jeune méchanicien» (avertissement). – «Sur l'institution d'un conseil électif». – «Avis aux Français». – «Aux étrangers sur la révolution française» (n° 1, signé «La Vérité»). – «Observations sur le mémoire laissé par le roi en fuyant, et adressé à l'Assemblée nationale» (n° 2 et suite dans le n° 3).

Le Moniteur universel contient de très nombreux articles de ou ayant trait à C. Consulter la Table (par A. Ray) ou Delsaux.

Certains des articles figurent dans les Œuvres, principalement dans le t. XII. Pour les articles sur des œuvres de C, consulter l'index des auteurs cités dans D.P.1.

7. Publications diverses

La liste la plus complète des écrits de C. se trouve dans le numéro spécial de Lekton («Bibliographie», par J.P. de Lagrave et M. Bréguet). Un Inventaire des manuscrits et écrits de Condorcet, ouvrage collectif sous la direction d'A.M. Chouil-let et P. Crépel, est en cours (à paraître dans S.V.E.C.).

8. Bibliographie

Maz., ms. 848-885, en particulier 848-849, 861, 863 pour les renseignements biographiques et les manuscrits d'articles. – B.N., n.a.fr. 23639 (art. de C. dans les papiers Suard). – Lacroix S.F., «Notice historique sur la vie et les ouvrages de Condorcet», Magasin encyclopédique, t. VI, 1813, p. 54-77. – C, Œuvres, éd. A. Condorcet O'Connor et F. Arago, Paris, Didot, 1847-1849, 12 vol. – (Actes) Condorcet mathématicien, économiste, philosophe et politique. Colloque international, dir. P. Crépel et C. Gilain, Paris, Minerve, 1988. – Robinet J.F., Condorcet, sa vie, son œuvre, Paris, Librairies-imprimeries réunies, 1893, Genève, Slatkine, 1968. – Cahen L., Condorcet et la Révolution française, Paris, F. Alcan, 1904, Genève, Slatkine, 1970. – Badinter E. et R., Condorcet, un intellectuel en politique, Paris, Fayard, 1988. – Delsaux H., Condorcet journaliste (1790-1794), Paris, Champion, 1931. – Gallois L., Histoire des journaux, des journalistes de la Révolution française (1789-1796), Paris, au bureau de la Société de l'industrie fraternelle, 1846. – Lekton, numéro spécial «Condorcet, Le Condor des Lumières», printemps 1993 (Département de philosophie de l'U. du Québec).

CLAIRAUT

Numéro

177

Prénom

Alexis

Naissance

1713

Décès

1765

Claude Alexis Clairaut naquit à Paris le 7 mai 1713 (suivant la notice de Grimm, mais le 13 selon l'Eloge de Grandjean de Fouchy). Son père, Jean Baptiste Clairaut, était maître de mathématiques et membre correspondant de l'Académie de Berlin. Il survécut à son fils et mourut le 31 août 1767, rue de Tournon (Affiches de Paris ; inventaire après décès au Minutier central). Sa mère, Catherine Petit, mit au monde quelque vingt enfants dont peu survécurent.

2. Formation

Eduqué à la maison, Clairaut fut un enfant précoce. Dès l'âge de 10 ans il lisait des traités de calcul infinitésimal et à 13 ans il lut son premier mémoire devant l'Académie des Sciences : «Quatre problèmes sur de nouvelles courbes». En 1726, Clairaut, 13 ans, son cadet, 11 ans, Gua de Malves, 14 ans, J.P. de Fouchy, 19 ans, La Condamine, 25 ans, Nollet, 26 ans et d'autres fondèrent la Société des Arts, société savante qui dura quelques années (voir R. Hahn, : «New thoughts on the origin of the Encyclopédie», S.V.E.C. 190-193, 1981).

Elu à l'Académie des Sciences le 4 septembre 1729, le roi l'accepta le 11 juillet 1731. Il avait 18 ans et non les 21 ans requis ; il fallut faire établir une dérogation qui n'a jamais servi depuis.

Il fit partie de la Royal Society de Londres, de celle d'Edimbourg et des Académies de Berlin, Saint-Pétersbourg, Bologne et Upsal.

3. Carrière

Clairaut publia son premier ouvrage en 1731, fut nommé associé mécanicien le 30 mars 1733, pensionnaire mécanicien le 12 mai 1738. Il fit un voyage a Bâle avec Maupertuis en 1734 et, au retour, se retira au Mont Valérien avec lui. Mme Du Châtelet venait les voir et Clairaut fit plusieurs séjours à Cirey. Il aida «la belle Emilie» à traduire les Principia de Newton. En 1735, préparatifs pour le Voyage au Nord. Il s'agissait de mettre au point les méthodes les plus propres à étudier la figure de la terre et de mesurer un degré d'arc de méridien : il fallait mettre fin à la controverse entre cartésiens et newtoniens. Le 20 avril 1736, le groupe de savants dirigé par Maupertuis quitta Paris, s'embarqua de Dunkerque le 2 mai, passa à Stockholm le 21 mai. Ils firent leurs mesures en Laponie. Le 20 août 1737, ils étaient de retour à Paris (voir Brunet).

Il habita toute sa vie Paris, les vingt dernières années dans le Marais (Connaissance des temps). Il fit au moins deux voyages à Londres en 1753 et 1754 (voir correspondance) et pouvait traduire l'anglais et le suédois. En 1758, Clairaut succéda à Bouguer comme conseiller technique de la marine (Brunet).

4. Situation de fortune

«Clairaut avait accompagné Maupertuis au Nord. Maupertuis lui montra l'espérance d'une pension considérable et celui-ci qui faisait grand cas de l'aisance lui abandonna tout l'honneur de l'entreprise pour de l'argent que la cour paya. Clairaut fut riche, et l'on vit Maupertuis peint et gravé» (Diderot). Maurepas avait en effet obtenu 1000 £ de rente pour Clairaut (Brunet). «Il jouissait de 10 000 £ de rente en pensions et bienfaits du roi» (Grimm, C.L.), renseignement peu sûr et sans doute exagéré. Sa pension de l'Académie était de 2400 £ à sa mort, et fut donnée à d'Alembert «suivant l'ordre du tableau», non sans difficultés (lettre de Diderot du 8 sept. 1765). Il jouissait en outre de diverses petites rentes (inventaire après décès de J.B. Clairaut) et de la moitié de la rente de Bouguer (1500 £).

5. Opinions

Mathématicien newtonien, il eut plusieurs controverses avec des savants contemporains, par exemple avec Fontaine sur le calcul intégral. Il dut subir plusieurs polémiques sur les résultats des mesures faites en Laponie (voir Brunet). La controverse avec Buffon sur le problème des trois corps éclata en 1745 (voir Mémoires de l'Académie). Enfin querelles avec d'Alembert (tables de la lune et retour de la comète) et il s'ensuivit une joute entre articles du Journal des savants (C.) et du Journal encyclopédique (d'Alembert) qui dura jusqu'en 1762.

Il eut de nombreuses relations épistolaires en particulier avec les Cramer, les Bernoulli, Euler etc. L'inventaire de sa correspondance (environ 220 lettres) se trouve dans l'article de R. Taton. Une partie seulement est publiée. Aucune lettre reçue par Clairaut ne nous est parvenue.

6. Activités journalistiques

Collaborateur du Journal des savants de 1734 jusqu'à la date de sa mort. Il est rédacteur depuis le 19 novembre 1755 et fait partie de ceux qui le sont encore en 1764 (Table du Journal des savants et Note d'Expilly, f.fr. 22085). Il s'occupe de la partie mathématique.

7. Publications diverses

Nombreux mémoires et ouvrages répertoriés par Brunet et Taton. On trouve des vers de M. C. à M. de V. et la réponse de Voltaire dans l'«Eloge de M. Clairaut», Nécrologe des hommes célèbres, 1767, p. 235-251.

8. Bibliographie

D.S.B. (art. de J. Itard qui contient une bibliographie). – Grimm et Diderot, «Sur Clairaut», C.L., 1er juin 1765 (éd. Tourneux, t. VI, p. 473). – Notice de Diderot dans les Oeuvres complètes, éd. Hermann, t. IX, p. 399-404. – (Eloge) «Eloge de Clairaut» par Grandjean de Fouchy, Histoire de l'Académie des Sciences pour 1765, p. 144-159. – Turgeon F.K., «Unpublished letters of Mme du Boccage», Modern Philology, fév. 1930, p. 326-327. – Brunet P., La Vie et l'oeuvre de Clairaut, 1952. – Taton R., «Inventaire chronologique de l'oeuvre d'Alexis-Claude Clairaut», Revue d'Histoire des sciences, avril 1976, p. 97-122. – «Correspondance de L. Euler avec A.C. Clairaut», dans Euler, Opera omnia, Bâle, 1980.

CASTEL

Numéro

144

Prénom

Louis

Naissance

1688

Décès

1757

Louis-Bertrand Castel est né à Montpellier le 5 novembre 1688 (reg. par. Notre-Dame de Montpellier), et non le 11 comme on le dit dans son éloge. Ses parents étaient Guillaume Castel, médecin, et Louise Dubuisson. Son frère aîné, Charles Thomas, était né en 1687. Il est mort à Paris au collège Louis-le-Grand le 11 janvier 1757 (N.B.G.).

2. Formation

Il entra au noviciat des Jésuites le 16 octobre 1703. Il fut novice chez les Jésuites de Toulouse et dès 1707, son nom se trouve parmi les physici dans les registres (Ecole Saint-Stanislas).

Il fut membre des académies de Bordeaux et de Rouen, et de la société royale de Londres (M.T.).

3. Carrière

En 1711, il accéda à la chaire des humanités à Clermont (où Rameau était organiste). En 1712, il devint professeur de rhétorique (magister). Il enseigna la rhétorique a Aubenas en 1714-1715. En 1716 il est consultor, admonitor, confessor exterioris à Pamiers. Il exerça les mêmes fonctions à Cahors en 1719. Il écrivit «quelques essais relatifs à son goût et à son génie» qui le firent remarquer de Fontenelle et du P. Tournemine (M.T., avril 1757, p. 1102). Fin 1722, il devint professeur au collège de Clermont (Louis-le-Grand), où il enseigna jusqu'à sa mort des matières aussi variées que la physique, les mathématiques, la pyrotechnie, la tactique, l'architecture etc. Il fut préfet de la chambre des physiciens (voir F. de Dainville, «L'enseignement des mathématiques dans les collèges jésuites de France du 16e au 18e siècles», Revue d'Histoire des Sciences, 1954, p. 6-21 et 109-113).

4. Situation de fortune

C. eut des élèves fortunés et put obtenir des dons pour la construction de son clavecin oculaire et la publication de ses ouvrages (voir Chouillet). Il était en particulier souvent aidé par le comte de Maillebois. En 1737, il corrige, «moyennant pécune», les épreuves du Pétrone annoté par le président Bouhier (Correspondance littéraire du président Bouhier, éd. H. Duranton, lettre de l'abbé d'Olivet, 17 oct. 1737, t. IV, p. 258).

5. Opinions

Les Jésuites furent souvent en désaccord avec les opinions trop conservatrices ou trop dogmatiques de C. Eux et d'autres le critiquèrent, principalement dans les Mémoires de Trévoux et dans le Mercure. Son Traité de physique (1724) suscita une discussion vive, ainsi que fit le clavecin oculaire, proposé dans l'Optique des Couleurs (1740). Sommervogel mentionne une quinzaine d'ouvrages à ce sujet, qui fut discuté pendant longtemps par bien des écrivains, parmi lesquels Diderot. Mathon, Saurin, et d'autres examinèrent les idées mathématiques de C.. Il provoqua des débats moins importants, telles les discussions sur le Kamtchatka et sur quelques aspects de la marine. Il réfuta les oeuvres de Newton et le déisme de Rousseau (Sommervogel, Essai). Il existe une correspondance entre Fontenelle et le P.C. (c'est par ces initiales qu'il se désigne lui-même dans ses manuscrits). Voir le t. XI des Oeuvres de Fontenelle, où les lettres ne figurent pas en entier, malheureusement. Deux lettres de C. à Montesquieu ont été publiées par R. Pomeau dans «Une correspondance inédite de Montesquieu», R.H.L.F., mars-avril 1982, p. 220-223.

C. resta toujours lié avec Fontenelle et Montesquieu et fut connu d'autres philosophes. Il révisa les Causes de la grandeur et de la décadence des Romains et assista à la mort de Montesquieu. Voltaire appela C. «le Don Quichotte des mathématiques» pour ses théories mal fondées (Sommervogel) ; il rendit à C. un manuscrit d'opéra en 1741. Diderot, lors de sa querelle avec Berthier, fit appel à C.. Ils entretinrent une correspondance vers 1751 (Pappas ;. Roth-Varloot, t. I, p. 114-116).

6. Activités journalistiques

«Le plus fécond des collaborateurs» des Mémoires de Trévoux, C. y travailla entre 1720 et 1745 (Sommervogel). Il fait partie de l'équipe dès 1720, avec les PP. Brumoy et Rouillé, devient l'adjoint du P. Rouillé en 1733 et participe à la réorganisation de 1734, mais s'oppose vivement au P. Charlevoix et rédige en 1743 un mémoire sur la réforme de l'administration du journal ; son plan n'ayant pas eu de succès, il se retire en 1745 ; sur les démêlés à l'intérieur du comité de rédaction du journal, voir J. Sgard et F. Weil : «Les anecdotes inédites» ; ce manuscrit de C. est à la B.N. (n.a.fr. 11364).

En dehors de plus de 300 analyses et extraits, il inséra dans les M.T. une trentaine de pièces particulières. Il donna une trentaine d'articles au Mercure depuis 1724 jusqu'en 1755. La liste se trouve dans Sommervogel.

7. Publications diverses

En suivant son principe que les règles de toutes les sciences et de tous les arts se ressemblent, C. s'intéressa à tout. On peut citer à titre d'exemple ces ouvrages : Mathématique universelle abrégée, Paris, 1728, 672 p. ; Dissertation philosophique et littéraire, où par les vrais principes de la physique et de la géométrie, on recherche si les règles des arts, soit mécaniques, soit libéraux, sont fixes ou arbitraires ; et si le bon goût est unique et immuable, ou susceptible de variété et changement, 1738 ; La Méthode ordinaire perfectionnée, ou une Méthode nouvelle qu'on croit parfaite, d'apprendre et de montrer la Musique, ms. 115744, B.R. Bruxelles. C. a revu la seconde édition de la Dissertation sur la cause et la nature du tonnerre et des éclairs par le Père Lozeran du Fesc. Il fit aussi des discours préliminaires à deux ouvrages : Nouveau système de la manière de défendre les places par le moyen des contremines, Paris, 1731, par Dazin ; «Analyse des infiniment petits, comprenant le Calcul intégral dans toute son étendue» (Paris, 1735), d'Edmond Stone.

Voir la liste des articles et des ouvrages de C. dans Schier (ajouter le ms. cité en 6).

8. Bibliographie

N.B.G.– Sommervogel, t. II, p. 827-841. – Mémoires de Trévoux, avril 1757, p. 1100-1114. – Sommervogel C., Essai historique sur les Mémoires de Trévoux, Paris, 1864. – La Porte, J. de (attribué à), Esprits. saillies et singularités du Père Castel, Amsterdam et Paris, 1763. – Bertrand M., «Le Père Castel», Le Correspondant, t. XXXIX, Paris, 1868, p. 1067-1084. – Schier D.S., Louis-Bertrand Castel, anti-newtonian scientist, Cedar Rapids, Iowa, The Torch Press, 1941. – Pappas J.N., Berthier's Journal de Trévoux and the Philosophes, S.V.E.C., 3, 1957. – Chouillet A.M., «Le clavecin oculaire du Père Castel», D.H.S., t. VIII, 1976, p. 140-166. – Sgard J. et Weil F., «Les anecdotes inédites des Mémoires de Trévoux (1720-1744)», D.H.S., t. VIII, 1976, p. 193-204.

CANTIER

Numéro

138

Prénom

Georges

Naissance

?

Décès

?

Georges Cantier ou Cautier est très peu connu. Il ne figure dans aucun dictionnaire biographique. Réfugié protestant, il se maria en 1730 à l'église française du Carré à Londres avec Magdellaine de La Caux (Mr J.P. Bernard officie : Pub. XXV). Pas trace d'enfants dans les registres de baptême des églises françaises de Londres.

3. Carrière

Pasteur dans plusieurs églises du Refuge. Son nom figure dans les registres suivants : 1727-1728, Le Carré (Pub. XXV) ; 1728, Castle Street (Pr. iii) ; 1729, La Patente (Pub. IX, XXII) ; 1731, Brown's Lane (Pub. XLV) ; 1734, La Patente de Soho (Pub. XLV) et l'Artillerie (Pub. XLVII) ; 1735, La Savoie (Pub. XXVI).

4. Situation de fortune

Figure pour 100 £ dans le testament de Paul Dufour (Agnew, III).

5. Opinions

Aucune correspondance connue. On le trouve souvent aux côtes de J.P. Bernard dont il baptise trois enfants. Nommé (avec Bernard) dans le sermon jubilé de Bourdillon (Burn, p. 163).

6. Activités journalistiques

Cité par Desmaizeaux en 1736 comme collaborant à la Bibliothèque britannique (25 vol., La Haye, P. de Hondt) : voir une citation à l'article «Beaufort». Nous n'avons aucun renseignement sur les extraits qui sont de lui ou sur ses compétences particulières.

8. Bibliographie

Voir art. «Beaufort».

BOUGUER

Numéro

099

Prénom

Pierre

Naissance

1698

Décès

1758

Pierre Bouguer est né au Croisic, le 10 février 1698 de Jean Bouguer, professeur d'hydrographie au Croisic et de Françoise Josseau. Il ne semble pas s'être marié. Il est mort à Paris, après une «maladie de langueur qui dura quelques mois», le 15 août 1758 (L.).

2. Formation

Etudes au collège des Jésuites de Vannes. Enfant très doué. A quinze ans, il perd son père avant d'avoir terminé ses études et est capable de le remplacer après avoir passé les examens nécessaires en juin 1714. Après avoir remporté le prix de l'Académie des Sciences en 1727, sur la mâture des vaisseaux, B. fut nommé associé géomètre le 5 septembre 1731, puis pensionnaire astronome le 26 février 1735 (Lamontagne). De 1751 à 1756, et peut-être plus longtemps, il habitait rue des Postes à Paris.

3. Carrière

B. est nommé professeur d'hydrographie au Hâvre de Grâce le 1er décembre 1730 ; associé géomètre à l'Académie des Sciences le 3 septembre 1731, pensionnaire astronome le 24 janvier 1735. Membre de l'Académie de Marine. Il est désigné par le roi pour mener à bien, conjointement avec Godin et La Condamine, l'expédition au Pérou (mesure d'un arc de méridien afin de déterminer la figure de la terre). Ils quittèrent La Rochelle le 16 mai 1735 et revinrent séparément. Bouguer fut de retour à Paris en juillet 1744. Il semble qu'il ait résidé à Paris et que ses travaux académiques, la rédaction de ses livres et de ses articles aient été sa seule occupation à partir de cette date.

4. Situation de fortune

A la mort de son père, la situation de la famille était fort médiocre (L). Après 1735, il a joui de la pension de l'Académie. Il était inspecteur des postes (1000 écus) et le resta jusqu'à sa mort en 1758. Ce poste fut ensuite partagé entre Clairaut et Lemonnier (lettre de Mme du Boccage du 28 août 1758).

5. Opinions

Le R.P. Laberthonie a écrit une Relation de la conversion et de la mort de M. Bouguer, membre de l'Académie royale des Sciences (Paris, 1784). Il faut entendre «conversion» dans le sens d'un regain de la pratique de la religion catholique, car B. n'a jamais perdu la foi (Lamontagne).

Dès son retour en France, B. présenta ses résultats à l'Académie sans attendre le retour de La Condamine. Mieux, il exposa ses résultats en séance publique le 14 novembre 1744. La Condamine l'apprit en débarquant en Hollande, où il fut contraint de rester plusieurs semaines dans l'attente d'un passeport. Dès son retour à Paris, début 1745, La Condamine prépara sa riposte. Ses mesures différaient légèrement de celle de B. En avril il lut sa propre relation du voyage, préface à sa Relation abrégée qui parut la même année. Alors se déclencha une querelle qui alimenta de nombreux articles de journaux et dura dix ans (voir A.M. Chouillet). Cette querelle abrégea les jours de B. d'après certains de ses biographes. De Fouchy («Eloge de M. Bouguer» lu le 15 novembre 1758, Histoire de l'Académie des Sciences, 1758, p. 127-136) écrit que «le fond de son caractère était la douceur & la modération, & si on l'en a vu sortir quelques moments, ce n'a jamais été que des moments & il reprenait bientôt l'assiette qui lui était propre», mais Condorcet précise dans son éloge de la Condamine (ibid., 1774, p. 85-121), à propos de la querelle à laquelle il consacre deux pages : «la relation de son voyage [celle de B.] fut pleine d'humeur contre M. de La Condamine qui n'y répondit qu'avec gaieté & le public qui ne pouvait juger du fond de cette discussion, fut pour celui qui savait l'amuser». Grimm l'enterre en quelques lignes : «cet académicien qui passait pour un homme de premier mérite, était jadis du nombre de ceux qui allèrent, par ordre du roi, aux deux extrémités du globe pour en mesurer quelques degrés : entreprise qui [...] n'était au reste de nulle utilité» (C.L., t. IV, p. 32).

Peu de correspondance : ses lettres sont plutôt des rapports (voir Lamontagne).

6. Activités journalistiques

A la fin de la Table du Journal des Savants se trouve la liste des collaborateurs où l'«on a marqué suivant l'indication des registres, le temps où chaque journaliste a assisté aux assemblées, ou y a envoyé des extraits : & non le temps auquel ces extraits ont été publiés». B. y figure avec la mention «depuis le 27 septembre 1752 jusqu'au 25 juin 1755». On notera qu'il collabora pendant la fameuse «dispute» et les articles du Journal des Savants laissent percevoir l'embarras des rédacteurs pour répondre aux plaintes de La Condamine. Il fut à cette époque l'un des principaux rédacteurs du Journal si l'on en croit ses biographes (mais sur quelles preuves?).

7. Publications diverses

Outre ses relations de voyage, B. a écrit des traités de navigation et un Traité d'Optique sur la gradation de la lumière (1749) pour lesquels il est resté célèbre dans les milieux scientifiques. Il est considéré comme meilleur mathématicien que La Condamine. Voir la liste de ses ouvrages et de ses mémoires dans D.S.B., Lamontagne et Maheu (qui donne aussi les sources manuscrites). Correspondance avec Euler (publiée par Lamontagne), avec Grandjean de Fouchy (dossier «Bouguer», Archives de l'Académie des Sciences).

8. Bibliographie

F.L. 1769, B.Un., N.B.G., C.L. ; D.S.B. (art. de W.E. Knowles Middleton). – (L) Levot P., Biographie bretonne, Paris, 1852, t. I, p. 153-156. – Lamontagne R., La Vie et l'oeuvre de Pierre Bouguer, P.U. Montréal et P.U.F., 1964 : opuscule où l'on trouve peu de renseignements biographiques mais où l'auteur a publié des lettres et des mémoires inédits ; liste des sources, p. 95-97. – Histoire de l'Académie des Sciences, éloges cités ci-dessus. – Turgon F.K., «Unpublished letters of Mme du Boccage», Modern philology, févr. 1930, p. 326-327. – Maheu G., «Bibliographie de Pierre Bouguer (1698-1758) », Revue d'histoire des sciences, 1966, t. XIX, p. 193-224. – Chouillet A.M., «Rôle de la presse périodique de langue française dans la diffusion des informations concernant les missions en Laponie et sous l'Equateur», dans La Figure de la terre du 18e siècle à l'ère spatiale, dir. H. Lacombe et P. Costabel, Paris, Gauthier-Villars, 1988, p. 171-190.

BOISBELEAU DE LA CHAPELLE

Numéro

084

Prénom

Armand de

Naissance

1676

Décès

1746

Né à Auzillac en Saintonge en 1676, fils de Jean Boisbeleau (ou Boybellaud ou Boisbeland), seigneur de La Chapelle, et de Andrée Le Vallet, veuve de Jean Vachon, sieur de la Bérauderie. Il est mort à La Haye le 6 août 1746 (Haag 2).

Il utilise parfois les initiales A.D.L.C. transparentes, ou A.B.D.M.T. (Armand de Boisbeleau de Montrésor).

2. Formation

Il fit ses premières études au collège de Bordeaux. Après la Révocation sa mère l'en retira, le conduisit en Angleterre et le confia à son aïeul, Isaac de Bourdieu, pasteur d'une église de Londres. Il fit des études brillantes de théologie (Haag 2).

3. Carrière

Pasteur dès l'âge de dix-huit ans. D'abord prédicateur en Irlande puis pasteur à Wandsworth (environs de Londres), puis à l'Artillerie, église française de Londres. En 1725, il fut nommé pasteur de l'église wallonne à La Haye où il resta jusqu'à sa mort.

5. Opinions

Théologien instruit, critique habile, traducteur, il fut un des plus célèbres réfugiés protestants français en Hollande à cette époque. Il fut obligé par le synode à «rétracter ses odieuses calomnies et à retrancher» une pièce de sa composition insérée dans le Babillard et qui visait Florence Martin et Mlle de Perray (Haag). Il eut surtout une longue polémique avec le ministre Jacques Saurin sur le mensonge officieux, polémique qui opposa violemment la Bibliothèque raisonnée aux Lettres sérieuses et badines (Lagarrigue, p. 65-66 et chap. IX). Il eut une autre querelle théologique en 1740 avec le pasteur bâlois Pierre Roques (D.P.1 169, p. 197, n. 9). Plusieurs lettres de B. sont conservées à la B.L., add. mss. 4282 et à la B.H.P., ms. n° 295.

6. Activités journalistiques

Bibliothèque anglaise ou Histoire littéraire de la Grande-Bretagne, Amsterdam, 1717-1728, 15 vol. (D.P.1 146) : L.C. supplée Michel de La Roche à partir du t. 6 (1719) jusqu'au dernier volume (1728).

Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe, Amsterdam, 1728-1753, 52 vol. : L.C. passe pour en avoir été le fondateur, mais les preuves font défaut (Lagarrigue, p. 59) ; il fut en tout cas l'un des principaux auteurs du journal jusqu'au tome XXV (D.P.1 169) ; sa collaboration prit fin en avril 1742, après la dissolution de l'équipe Wetstein-Smith ; dans une lettre du 23 novembre 1741 à Charles de La Motte, il fait état des raisons de son renoncement (Lagarrigue, p. 62-64). Il rédigea surtout les articles de théologie, mais aussi quelques articles de médecine, d'histoire et de droit ; B. Lagarrigue en a tenté un premier recensement (ouvr. cité, p. 62).

Nouvelle bibliothèque, ou Histoire littéraire des principaux écrits qui se publient, La Haye, 1738-1744, 19 vol. (D.P.1 1006) : B. collabore avec Chais et La Motte à diverses reprises à partir de 1739, puis régulièrement à partir de décembre 1741 (t. X) et garde «l'inspection de ce journal» en 1742 (lettre à La Motte du 11 février 1743, B.H.P., ms. 295).

Traduction du Tatler de Steele et Addison, sous le titre : Le Babillard, ou le Nouvelliste philosophe (Amsterdam, 1724), puis, Le Philosophe nouvelliste (Zurich, 1737-1738) : B. adapte le texte au goût français et l'accompagne de notes sur les moeurs britanniques (D.P.1 137).

Collaboration à la Bibliothèque britannique (P. de Hondt, La Haye, 1733-1747 ; D.P.1 149) quand «le libraire est obligé à employer des auteurs de Hollande» (lettre de La Motte à Desmaizeaux du 24 déc. 1743, add. ms. 4287 f° 170). Aucun signe distinctif ne permet de reconnaître les articles de B.

7. Publications diverses

Il publia surtout des traductions (voir Haag). Voir la liste de ses oeuvres dans Cior 18, n° 35125-35136.

8. Bibliographie

Haag ; Haag 2 ; B.Un. – Correspondance de Desmaizeaux et de La Motte, B.L., add. mss 4287 et B.H.P., ms. 295. – Lagarrigue B., Un temple de la culture européenne (1728-1753), l'histoire externe de la «Bibliothèque raisonnée des ouvrages des savants de l'Europe», Nimègue, 1993.

BERNARD

Numéro

064

Prénom

Jean Pierre

Naissance

1700

Décès

1750

Jean Pierre (ou John Peter) Bernard fut baptisé à La Haye le 25 décembre 1700. Fils de Jacques Bernard et de Lucrèce Chaulié mariés en 1687. Il avait trois frères et soeur : Salomon, baptisé à Gouda le 5 septembre 1688 ; Alexander, baptisé à La Haye le 2 novembre 1690 ; Madelaine, baptisée à La Haye le 8 juin 1692 (Centraal bureau voor genealogie, La Haye). D'après l'éloge de Le Clerc, Jacques Bernard aurait laissé un fils et deux filles... Le 23 janvier 1729 il se maria avec Henriette Moreau dans l'église du Carré (église française de Londres). Georges Cantier officie.

2. Formation

Il fit ses études à Leyde (immatriculation du 5 mars 1718 en faculté des lettres) et obtint un diplôme en philosophie et arts. Il devint Fellow de la Royal Society en janvier 1737-1738 (D.N.B.).

3. Carrière

En 1733 il était installé à Londres et gagnait sa vie en prêchant, en donnant des leçons de littérature et de mathématiques et en faisant de la compilation pour les libraires (D.N.B.). En fait, il devait être à Londres avant 1727, date de son mariage et il est inscrit comme ministre dans les registres de plusieurs paroisses de Londres : 1723-1724, Castle Street et Le Quarré (Pr., t. XI, Manchie) ; 1724, Castle Street (Pub.,t. XXXI, XXXVI) ; 1726, Le Carré (Pub., t. XXXV) ; 1743-1744, Hammersmith (Pr., t. XI, Manchie). Il prêcha à l'anniversaire du French Hospital en 1741 (Pr., t. VII). En 1741, on le signale à Marylebone ; il y acquiert une maison en 1748-1749 (Pr., t. XI), après avoir habité Hampstead «at Mrs Ganor Church Lane», en mai 1734 et en 1737 «Wardon Street, near St Ann's Court Soho» (d'après sa correspondance).

Il fut chapelain de Mylord comte de Lorraine, d'après Haag.

B. fit un voyage à Paris en mai 1735 (lettre de Desmaizeaux à La Motte, ms. 295, f° 38) et un à Amsterdam en avril 1738 et en juillet de la même année (La Motte à Desmaizeaux, Sloane ms. 4287, f° 133). Il est probablement allé en Hollande à d'autres reprises, aussi bien pour voir sa famille que pour s'occuper des journaux.

4. Situation de fortune

Aucun renseignement sur les rémunérations de ses activités ecclésiastiques. La traduction de Bayle lui rapportait des sommes non négligeables : «one pound fifteen shelling for my share in Number XIV of the General Dictionary» (11 sept. 1734) ; «3 pound 8 S 9» pour le n° XVI (4 déc. 1734) etc. (Sloane, ms. 4301, f° 39, 47). Il reçut 100 L. en héritage de Dufour, «treasurer» du French Hospital en 1739 (Gentleman's Magazine, t. II, p. 180).

5. Opinions

B. était en relation avec les Français du Refuge et a collaboré avec Birch. Ses liens avec Desmaizeaux semblent s'être distendus. Il connaissait aussi de nombreux réfugiés de Hollande (La Motte entre autres) ainsi que des libraires. Sa correspondance avec Birch est conservée à la B.L. (Sloane, ms. 4301). Elle concerne principalement la traduction de Bayle. Il y est fait mention d'une action en justice contre de Hondt, Gosse et Néaulme qui avaient résolu de publier en Hollande un Dictionnaire anglois (f° 88).

6. Activités journalistiques

Collaborateur de la Bibliothèque britannique (La Haye, de Hondt, 25 vol.) dès la fondation. Nommé dans la note du t. I, dans la lettre de Desmaizeaux (v. art. «Beaufort»), il est aussi cité par Jordan : «Il parut, pendant mon séjour à Londres, un nouveau Journal sous le titre de Bibliothèque britannique. Il y a toute apparence que ce Journal aura un heureux Succès : les Auteurs sont Gens de Mérite, et qui entendent tous parfaitement l'Anglois : Mrs S.B. le M.D. & le savant Mr D.» (Voyage, p. 159). Traduction : MM. Stéhelin, Bernard, le Moine, Daudé & le savant M. Desmaizeaux (voir note de Barbier en partie erronée). Il semble avoir été un des derniers fidèles collaborateurs du journal (voir lettres de de Hondt, Sloane, ms. 4284). En 1744, il n'envoie plus rien. La Bibliothèque britannique. «se fait toute en Hollande» (lettre de La Motte du 8 mai 1744) (Sloane, ms. 4287, f° 141 r°). D'après les notes manuscrites, les extraits suivants seraient de lui : t. I, p. 1, 107, 234, 320 ; t. II, p. 35, 419, 451 ; t. III, p. 185, 414 ; t. IV, p. 176, 400. Il semble s'occuper principalement de controverses religieuses et de sciences (éloge de Clarke, comptes rendus des Transactions philosophiques, article concernant le Dictionnaire de Bayle).

En outre, il semble avoir collaboré à la Bibliothèque raisonnée : en 1733 il avait promis des extraits à Smith qui ont été publiés dans la Bibliothèque britannique mais en 1742 il a promis à Wettstein des extraits d'histoire (La Motte à Desmaizeaux, Sloane, ms. 4287, f° 168 v°).

7. Publications diverses

Voir Haag. Son oeuvre principale est sa participation à la traduction du Dictionnaire de Bayle «enrichi». Il a traduit dans les deux sens, français et anglais.

8. Bibliographie

Ouvrages cités dans l'article «Beaufort». – B.L., Sloane, ms. 4301.

BEAUFORT

Numéro

048

Prénom

Daniel de

Naissance

1700

Décès

1788

Daniel Cornélius (dit encore Daniel Augustus the Elder) de Beaufort est né à Wesel (duché de Clèves) en 1700, fils de François de Beaufort, huguenot réfugié et de Louisa sa femme (Pr. VIII, 129). Il eut deux frères, Alexandre de Beaufort général dans l'armée prussienne et Louis de Beaufort historien, qui mourut à Maastricht en 1795. Il épousa le 11 juin 1735 Esther Gougeon à St-Martin Orgars, église française de Londres (Pub. XXXVII). Il eut un fils pasteur, Daniel Augustus LL.D. et un petit-fils amiral, Sir Francis Beaufort (Agnew III, p. 223).

2. Formation

Il fit ses études de théologie à l'université d'Utrecht (Pr. VIII, p. 129).

3. Carrière

Venu en Angleterre sous le règne de George II, il devint ministre à Barnet près de Londres, puis il fut attaché à plusieurs églises françaises de Londres : La Patente (1728-1730), La Savoie en 1729, l'Artillerie en 1729. En 1735-1736 il est directeur du French Hospital. En 1738, on le retrouve dans les registres de La Savoie et St-Martin réunies (Pub. XI, XXII, XXX, LXII). En 1742 il est naturalisé anglais en renonçant à sa particule (Smiles). Vers 1743 il partit à Dublin comme chapelain du duc de Devonshire, devint archidiacre de Tuam, charge qu'il échangea pour le rectorat de Navan dans le comté de Meath. Il démissionna de son poste en faveur de son fils en 1775 et devint recteur de Clonegagh (Agnew III).

4. Situation de fortune

En 1743, il touchait 60 £, puis sa rémunération monta jusqu'à 85 £ (Pr. T. VIII, p. 129).

5. Opinions

Aucune trace dans les documents de querelles ou de changement d'opinion. On le dit très adapté à son nouveau pays et de «coeur huguenot» (Agnew III).

6. Activités journalistiques

Il fut un collaborateur de la Bibliothèque britannique (1733-1747), 25 vol., P. de Hondt, La Haye : «La société des auteurs de ce journal qui se forma sur la fin de l'année 1732, fut d'abord composée des Mrs Desmaizeaux, + Bernard, + Le Moine, + Stehelin, + Daudé, + Beaufort, Duval, Medecin, & Barbot. Ces quatre derniers y entrèrent dans la suite, de même que Mr Demissy auteur de plusieurs vers français qu'on trouve dans ce Journal. + ministres» (note ms. du t. I, à la suite de l'avertissement, exemplaire de la B.N.). Desmaizeaux le cite dans une lettre à La Motte du 24 septembre 1736 : «Je ne vois pas qu'il y ait aucun inconvénient à dire à Mr Mauclerc le nom des Auteurs de la Bibliothèque britannique : voici ceux qui y travaillent à présent. Messieurs Stéhelin, Le Moine, Cantier, Bernard, Beaufort, de Missy, tous ministres, et Mr du Val, médecin» (B.H.P., ms. n° 295). Jordan ne le cite pas en 1733 (Voyage).

On ne sait pas quels extraits sont de lui. Il ne fait pas partie des auteurs signalés par des initiales manuscrites dans le t. I, ce qui situerait le début de sa collaboration vers 1734. En 1735, il semble assez actif puisque le libraire de Hondt fait état de contacts avec lui. Le 4 août 1739 La Motte pose cette question à Desmaizeaux : «M. Beaufort travaille toujours à la Bibliothèque britannique ? Son nouveau bénéfice n'est-il pas un obstacle ?» (add. ms. 4287, f° 150 r.). Il semble donc que B. ait quitté Londres à cette date. Sa collaboration n'a pas pu durer au-delà de 1743, année ou il gagna l'Irlande et dès 1742, il n'est plus cité par de Hondt qui se plaint de ne rien recevoir pour son journal (add. ms. 4284, f° 101-102).

Etant donné sa formation, on peut présumer qu'il s'est occupé des ouvrages de controverse dont il y a de nombreux extraits dans la Bibliothèque britannique.

7. Publications diverses

A short Account of the Doctrines and Practices of the Church of Rome divested of all controversy, and humbly recommended to the perusal of all good Catholics as well as Protestants, Dublin, 1788, brochure qui fut traduite en français en 1790 d'après Haag.

8. Bibliographie

Q., B. Un. ; D.O.A. ; Haag ; Haag 2 ; D.N.B. – Correspondance de P. Desmaizeaux, B.L., add. ms. 4281 à 4289.– Correspondance de La Motte, B.H.P., n° 295.– (Pr.) Proceedings of the Huguenot Society of London.– (Pub.) Publications of the Huguenot Society of London.– (Agnew III) Agnew D., Protestant Exiles from France in the reign of Louis XIV, 3e ed., Edinburgh, 1886.– Burn J., The History of the French, Waloon, Dutch and other Foreign protestant Refugees settled in England, London, 1886.– Jordan E., Histoire d'un voyage littéraire fait en 1733 en France, en Angleterre, et en Hollande, La Haye, 1735.– Smiles S., The Huguenots, their settlements, churches and industries in England and Ireland, London.– Beckwith F., «The Bibliothèque britannique», The Library, 1931.– Broome J.H., «Pierre Desmaizeaux journaliste», R.L.C., 1955.– Daniels W.M., «Desmaizeaux en Angleterre», Revue germanique, 1908.

ALEMBERT

Numéro

005

Prénom

Jean Le Rond d'

Naissance

1717

Décès

1783

«De l'ordonnance de nous Nicolas Delamarre, conseiller du Roy, commissaire au Chastelet, a esté levé un garçon nouvellement né, trouvé exposé et abandonné dans une boette de bois de sapin, exposé dans le parvis Notre-Dame sur les marches de l'église de Saint-Jean-le-Rond, lequel nous avons à l'instant fait porter à la couche des Enfants-Trouvez pour y estre nourri et allaité en la manière accoutumée. Fait et délivré le seize novembre 1717, six heures du soir. Signé Delamarre» (M, t. III, p. 3).

6. Activités journalistiques

A. a écrit dans de nombreux périodiques. Ses articles ne sont pas tous signés (ainsi Palissot dans son Nécrologe affirme qu'il a écrit la «Notice» concernant La Porte dans le Mercurede 1780, et cet exemple n'est sûrement pas isolé). Au début il signait parfois J.D. La plupart de ses articles sont polémiques. L'identité du correspondant se révèle souvent dans le cours de la polémique. A., quand il juge la question d'importance, publie le même article dans plusieurs journaux. Parmi ses principales contributions, citons:

1) dans le Mercure de France : «Mémoire historique sur la vie et les ouvrages de M. Jean Bernoulli», mars 1748. – «Sur la personne et les ouvrages de M. Terrasson», janv. 1751. – «Réflexions sur la théorie de la résistance des fluides», janv. 1752 (repris dans l'article «Fluide» de l'Encyclopédie). – «Lettre de M. d'Alembert à l'auteur du Mercure», sept. 1757 (réponse à un compte rendu de Clairaut dans le Journal des Savants); sept. 1760, 15 janv. 1761 (démenti d'une affirmation de Palissot); 1er mai 1765 (réponse à Fontaine). – «Lettre de M. d'Alembert à M. Rameau» (polémique avec Rameau),15 avr. 1761, etc. «Avertissement aux géomètres», juin 1765. – Réponse de M. d'Alembert (à la lettre de Laissac sur la mort de Duclos), mai 1772. – «Avis de M. d'Alembert sur l'histoire de l'Académie francaise», févr. 1774 (publié aussi dans le Journal encyclopédique et le Journal des Beaux-Arts, même date). – «Compte rendu des Mémoires de l'Académie des Sciences pour 1774», sept. 1778. – Plusieurs éloges : de Fénelon, 5 juil. 1778 ; de La Motte, 15, 25 août, 5 sept. 1778; de Quesnay, 15 nov. 1778. «Note sur les éloges», 5 et 15 fév. 1779. «Discours lu par M. d'Alembert», 15 mars 1779. – «Lettre» puis «Déclaration de M. d'Alembert», 5 avr., 25 sept. 1779. – Encore une «Lettre» (sur l'accusation de plagiat du Dictionnaire de musique de J.J. Rousseau), 14 oct. 1780.

2) dans le Journal oeconomique : «Lettre de l'auteur des Eléments de Musique etc, à l'auteur du Journal oeconomique», nov., déc. 1752, janv. 1753 (polémique avec Béthizy).

3) A. a aussi envoyé une «Lettre aux auteurs du Journal de Trévoux», sur Riccatti et ses erreurs (déc. 1766, p. 405-407). Les Jésuites ont publié (avec son accord?) : «Réflexions sur les lunettes achromatiques», extrait d'un de ses mémoires (janv. 1767, p. 5-29).

4) dans le Journal des Beaux-Arts : «Lettre de M. d'Alembert à M. l'abbé Aubert» (sur l'attraction des montagnes, en réponse à un article de Jean Courtault de juin), juil. 1769.

5) Le périodique le plus ouvert au chef de file du "parti encyclopédique" était le Journal encyclopédique de Pierre Rousseau. Nombreux articles : «Extrait de plusieurs lettres sur la nouvelle comète» (en partie d’A.), juil. 1759. – «Lettre de M. d'Alembert aux auteurs etc., servant de réponse à la lettre de M. Clairaut» et «Dernière réponse», 15 fév., 15 août 1762 (polémique avec Clairaut). – «Réflexions sur une découverte dans la Musique», 15 juil. 1762 (réponse à des critiques sur son traité de musique). – «Avis important à ceux qui envoient des Extraits aux Feuilles Périodiques, par un mathématicien», 15 mai 62. – «Apologie de l'étude», 15 mars, 1er juin 1762. – «Lettre [...] concernant quelques difficultés que présente le sujet du prix proposé au nom de l'Académie des sciences », 15 août 1764. – «Lettre de ...», 1er oct. 1765 (sur sa pension). – «Lettre ...», 1er nov. et 1er déc. 1766 (sur la querelle Rousseau-Hume). – «Six vers de d'Alembert sur Frédéric», juin 1772.

Evidemment on trouve des écrits de d'A. dans les Mémoires de l'Académie des Sciences et l'Histoire de l'Académie.

8. Bibliographie

Académie des Sciences, dossier D'Alembert. – (M) Cette notice se fonde principalement sur les renseignements collectés par Gilles Maheu, dans La Vie et l'oeuvre de Jean d'Alembert, thèse dact., 1967, 3 vol., disponible au centre Alexandre Koyré, Paris.– Bertrand J., D'Alembert, Paris, 1889. – Grimsley R, Jean d'Alembert, 1717-1783, Oxford, 1763.– Voir aussi le numéro spécial, D.H.S., t. XVI, 1983, en particulier mon article «Travaux récents sur d'Alembert», p. 197-203.– Inventaire de la correspondance de d'Alembert, par John Pappas, S.V.E.C. 245, 1986, p. 136-276.